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MARIOTTE (EDME

Dijon ou les environs, vers 1620; Paris, 1684. — Physicien. Prêtre, prieur de Saint-Martin-sous-Beaune.

Complète les travaux de Galilée et de Pascal. Une loi physique et un flacon à expériences portent son nom.

Traité de la percussion. — Végétation des plantes. — Discours sur la nature de Vair. — De la nature des couleurs. — Traité du mouvement des eaux. — Essai de logique. — Œuvres, à Leyde, i vol. 4°.

Mariotte est le premier philosophe français qui se soit livré à la physique expérimentale. D'un côté, il était assez profond dans la Géométrie pour savoir faire usage des découvertes des géomètres ; de Fautre, il avait Tesprit assez philosophique pour ne tenter que les expériences qui pouvaient servir à mieux faire connaître la nature ; en sorte qu'il sut déduire de ses expériences, avec une égale sagacité, ou des théories nouvelles, ou des preuves incontestables de théories déjà connues.

Les lois du choc des corps avaient été trouvées par une métaphysique et par une application de l'analyse, nouvelles l'une et l'autre, et si subtiles, que les démonstrations de ces lois ne pouvaient satisfaire que les grands mathématiciens.

Mariotte chercha à les rendre^ pour ainsi dire, populaires, en les appuyant sur des expériences. Pour les faire avec précision, il fallait donner à des corps une direction et une vitesse déterminées. Mariotte employa le mouvement des corps graves suspendus à un point. La théorie de ce mouvement trouvée par Galilée était encore peu connue ; et il fallait, pour l'appliquer avec

succès à des expériences, savoir vaincre ces petites difficultés de détail, que les inventeurs négligent presque toujours d'éclaircir. Les résultats, les expériences de Mariotte, furent exactement conformes aux lois que les Géomètres avaient découvertes. Ainsi il donnait de ces lois une preuve que tout le monde pouvait entendre, et il montrait en même temps aux Mathématiciens que la nature offre une foule de corps qu'ils peuvent, sans erreur sensible, regarder comme exactement durs, ou comme parfaitement élastiques.

Mariotte s'est fort occupé de la théorie des eaux, et il a cherché, comme dans tous ses autres ouvrages, à appuyer sa théorie sur des expériences auxquelles il pût appliquer tout ce que la Géométrie de son temps lui fournissait de secours.

Le recueil des ouvrages de Mariotte contient une foule d'autres expériences sur le froid et sur le chaud, sur la vision, sur la Jumière, etc. Partout on y trouve, ou des faits nouveaux, ou des vérités déjà connues, mais qui avaient besoin d'être ou éclaircies ou prouvées, et sur lesquelles il ne laisse plus rien à désirer ; ou des expériences qui détruisent les erreurs accréditées: et dans Tétat où le respect superstitieux pour l'antiquité et Tesprit de système avaient mis la philosophie, il n'y avait rien de plus important ni de plus difficile que de la débarrasser de ces préjugés.

Mariotte est peut-être le Physicien de son temps chez qui Ton trouve le moins d'opinions données pour des vérités, ou même érigées en principe.

CONDORCET

MARIOTÏE 187

Comme physicien, Mariotte est le continuateur de Pascal.

Le discours De la nature de Fair^ qui contient Texposé de la loi de Mariotte et ses conséquences, est une suite naturelle du Traité de la pesanteur de la masse de Pair de Pascal. Mariotte l'avait évidemment sous les yeux ou dans la mémoire quand il a écrit son discours. Il en reproduit en partie les raisonnements. Mais, tandis que Pascal, préoccupé des objections des partisans de l'horreur du vide, ne songe qu'à les réfuter et à expliquer par la pesanteur de Tair tous les effets attribués à l'horreur du vide, Mariotte, débarrassé de cette préoccupation, va plus loin, arrive à la célèbre loi qui porte son nom ; donne un premier essai d'explication des vents et de leur régime ; étudie d'une manière remarquable le phénomène de la dissolution de Tair dans Teau ; enseigne le premier, enfin, le moyen de mesurer la hauteur des montagnes à Faide du baromètre.

Plus tard, Mariotte entreprit de reproduire toutes les expériences du traité de Pascal sur VEquilibre des liqueurs. Il n'eut pas le temps de publier lui-même ses recherches, et sur son lit de mort, il chargea La Hire de ce soin. L'intéressante préface de celui-ci, en reproduisant ces faits, nous donne un témoignage précieux de l'admiration des savants pour les traités de

Pascal.

J. Gay. [Lectures scientifiques.)

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