‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 113 sur 139 · LINNÉ (CHARLES · texte numérisé non relu

LINNÉ (CHARLES

Rashult (Suède), 1707 ; Upsal, 1778. — Naturaliste suédois. Parcourut la Laponie, la Hollande, rAngleterre et la France. Médecin de la flotte et du Roi. Professeur à Stockholm et à Upsal! Président de TAcadémie des sciences de Stockholm.

Auteur d'un langage botanique clair et précis. Sa classification fondée sur les organes sexuels (étamines et pistils) conduit rapidement au nom. Il a posé les premières bases de la méthode naturelle. Ses descriptions sont brèves et ses livres laconiques.

Système de la naiure (lat. ; édit. française k Bruxelles). - Fondements de la botanique (lat.). - Les genres des plantes (lat.). - La flore lapone (lat.). — Philosophie botanique (lat. ; trad. en 1788).

Plus il étudiait la botanique, plus il sentait que cette science, devenue immense dans ses détails, avait besoin qu une main réformatrice vînt y produire une de ces grandes révolutions, qui attachent le nom de leurs auteurs à l'histoire de Tesprit humain.

Tournefort avait donné le premier une méthode vraiment systématique de classer les plantes, et M. de Linné aspirait à être dans son siècle ce que Tournefort avait été dans le sien...

Les étamines lui servirent pour former les premières grandes divisions et il tira des pistils les caractères de ses divisions secondaires : pour déterminer ensuite les genres, il employa les autres parties de la fructification, comme le nombre et la forme des semonces, la nature des corps destinés à les recevoir et à les protéger, le nombre, l'arrangement des pétales, la forme des fleurs, la structure du calice qui tantôt enveloppe le fruit après la chute des pétales, tantôt tombe avec elles. A regard des espèces, M. de Linné emploie pour

SAV. MOD. oq

les distinguer, la manière dont les fleurs sont disposées sur la plante, et naissent de ses branches ; les parties de structure différente qui enveloppent les fleurs naissantes ou qui les défendent ; les vrilles qui soutiennent la plante ; la forme de ses racines, de sa tige, de ses feuilles ; la structure des boutons destinés à former de nouvelles branches ; la manière dont les feuilles nouvelles y sont pliées.

Après avoir formé ce plan, M. de Linné n'avait fait encore qu'une très petite partie du grand ouvrage qu'il méditait : il s'en fallait de beaucoup que toutes les parties des plantes eussent été exactement décrites par les botanistes : il fallait donc faire une étude plus approfondie de toutes les plantes, en examiner toutes les parties, les suivre dans le cours entier de la durée de la plante, observer les diverses formes qu'elles ont dans les difTérentes espèces, les changements qu'elles éprouvent dans chacune, afin de pouvoir distinguer ce qui n'est qu'accidentel à Tâge de la plante, au climat ou à la culture, d'avec ce qui est essentiel à l'espèce : il fallait parmi ces caractères essentiels, choisir les plus frappants, les plus faciles à observer, les plus propres à distinguer chaque espèce de l'espèce voisine ; il fallait enfin, pour ces objets nouveaux, créer une langue nouvelle. Tel était le travail qu'imposait à M. de Linné l'exécution de sa méthode.

Elle ^sa vie) fut heureuse jusqu'à soixante ans ; sa santé ne fut altérée avant cette époque que par une violente attaque de goutte, dont il prévint le retour par l'usage des fraises. Il avait fait un mariage heureux qui lui a

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