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voiles et sur le corps du navire, et Téquilibre de ces puissances dans différents cas y sont combinés dans un très grand nombre d'hypothèses, ce qui jette souvent M. Jean Bernoulli dans des problèmes qui auraient pu effrayerd'autres géomètres, maisqui ne sont pas capables de l'arrêter, ni de Tempêcher de déterminer la manière d'orienter les voiles et de conduire le vaisseau : une matière pour lors si neuve et si intéressante, demandait une main aussi habile que la sienne.
En 1734, il eut le plaisir de partager avec un fils digne de lui (M. Daniel Bernoulli) le prix que l'Académie proposait sur Tinclinaison des orbites planétaires.
Enfin, après avoir vécu jusqu'à Tâge de quatre-vingtcinq ans, toujours occupé de Mathématiques, et sans sentir aucune des infirmités de la vieillesse, il tomba malade vers la fin de Tannée dernière. Sa maladie parut d'abord peu considérable et ne pas menacer ses jours ; cependant ses forces diminuèrent assez rapidement ; il s'endormit, et, dans ce sommeil, il s'éteignit le l" janvier de cette année, sans aucune agonie ni aucune
douleur.
De Fouchy.
Le mouvement des fluides avait occupé les géomètres les plus illustres du dix-septième siècle ; mais leurs efforts n'avaient presque servi qu'à mieux faire connaître les phénomènes qu'il s'agissait d'expliquer, et M. Daniel Bernoulli a eu la gloire d'avoir donné le premier cette théorie d'une manière générale et d'après des principes, sinon rigoureux, du moins fondés sur
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des hypothèses qui paraissaient devoir peu s'écarter de la vérité.
L'un de ces principes est celui de la conservation des forces vives, principe qui souffre des exceptions, mais seulement pour le cas où la continuité cesse d'avoir lieu dans les phénomènes. Le second consiste à diviser le fluide qui se meut en tranches parallèles, et à supposer à toutes les particules d'une môme tranche, un mouvement commun, qui ait pour toutes la même vilesse et la môme direction.
C'est à Taide de ces deux principes que M. Bemoulli résout tous les problèmes oii il s'agit de connaître l'écoulement d'un fluide qui sort d'un vase, soit par un orifice, soit par un ou plusieurs tuyaux, soit que le vase se vide, soit qu'on l'entretienne toujours plein : il applique ces principes avec le môme succès au mouvement des fluides dans des vases de figure quelconque; à la pression de ces fluides en mouvement sur les parois des canaux qui les contiennent ; aux lois des oscillations des fluides dans les siphons ou les vases qui se communiquent, par des ouvertures ; au choc des fluides contre les plans exposés à leur action ; à la théorie de l'air et des fluides élastiques ; à l'examen de cette force singulière que l'eau qui s'écoule par un trou percé dans les parois d'un vase, exerce sur les parois opposées. Cette force de répulsion tend à faire mouvoir le vase en sens contraire, et M. D. Bernoulli croyait qu'on pouvait l'employer avec avantage à remonter les bateaux ou pour suppléer à l'action du vent sur les grands vaisseaux. Depuis il a déterminé encore, par sa méthode, les différents états d'équilibre, et les oscillations infiniment petites des corps plongésdans les fluides.
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Sa vie uniforme et réglée, exempte de passions et même de chagrins, si l'on excepte ceux qui sont une suite nécessaire de la condition humaine, lui procura une santé constante : malgré la délicatesse de son tempérament, iJ conserva jusqu'à près de quatre-vingts ans sa tête tout entière. Ses derniers ouvrages sont dignes encore de lui ; et ce qu'il a fait depuis Tâge où tant d'hommes sont condamnés à Tinulilité, eût suffi pour faire la réputation d'un autre géomètre.
CONDORCET