DELAMBRE (JOSEPH
Amiens, 1749 ; Paris, i822. — Astronome et historien ; n'a étudié les astres qu'à partir de 36 ans ; professeur au Collège de France, membre du Bureau des Longitudes, inspecteur général des études.
11 a perfectionné les méthodes du calcul astronomique, composé des Tables et écrit l'Histoire de l'Astronomie.
Tables de Jupiter et de Saturne. — Tables du Soleil. — Base du système métrique (avec Méchain), 3 vol. — Traité d'astronomie, 3to1. ~ Rapport sur les progrès des sciences mathématiques. — Histoire de V Astronomie, 5 vol.
La France a montré Laplace et Delambre unissant leurs travaux et leur génie : Tun, pour avancer la théorie du mouvement des corps célestes ; l'autre pour en appliquer les résultats ; Tun, pour ajouter à la connaissance des rapports éternels qui sont les lois du système du monde ; l'autre pour traduire ces vérités générales en formules spéciales, aussi faciles qu'élégantes ; et ces formules elles-mêmes, en nombres défi-^ nitifs, dont la succession et les retours représentent Tétat périodique de notre système planétaire, pour chaque instant d'une marche si constante dans ses causes, et néanmoins si variée dans ses effets ! D'une telle association que la France seule pouvait offrir, et qu'aucun nuage n'a jamais troublée, on a vu sortir des tables astronomiques que toutes les nations de TEurope se sont empressées d'adopter. Ces tables, dont le caractère est celui d'une précision que jusqu'alors on n'avait pas espéré atteindre, sont devenues indispensables à la fois aux observateurs, aux navigateurs de toutes les nations. A ces vastes recherches, ajoutons,
dëlambre 135
pour dernière entreprise, V Histoire de Gastronomie ancienne , de r astronomie du moyen âge et de r astronomie des temps modernes,
Charles Dupin. {Notice nécrologique stir Delamhre^ dans la Revue encyclopédique,)
Avant Delambre, l'histoire de TAstronomie avait ses temps fabuleux, comme l'histoire des peuples. Des esprits superficiels n'avaient pas su la dégager de sa mythologie. Loin de là, ils l'avaient embarrassée de conceptions fantastiques. Delambre parait et sans efforts il dissipe ces nuages. Lisant toutes les langues, connaissant à fond toutes les sources, il prend chaque fait où il est, il le présente comme il est ; jamais il n'a besoin d'y suppléer par les conjectures et l'imagination. Nulle part dans ce livre d'une simplicité si originale, il ne se substitue aux personnages dont il raconte les découvertes. C'est eux-mêmes qu'il fait parler, et dans leur propre langage. Chacune de leurs idées se montre au lecteur comme elle s'est montrée à eux-mêmes, revêtue des mêmes images, entourée du môme cortège d'idées préparatoires et accessoires : on les suit à travers les âges et dans tous ses développements. C'est eux-mêmes qu'il fait parler, et dans leur propre langue; on en voit naître, à chaque siècle, comme des générations d'idées nouvelles ; et ainsi se forme et se complète, en quelque sorte sous nos yeux, cette Science admirable, première création du génie de l'homme, et celle qu'il lui a été donné de porter le plus près de sa perfection. Et ce qui, dans ce grand ouvrage, n'est pas moins précieux ni moins rare que cette exposition une et entière des faits, c'est cette probité scientifique, si
on peut s'exprimer ainsi, cette recherche pure de la
vérité que rien ne détourne de son but, ni les jalousies
nationales, ni la considération des personnes, ni ces
idées de parti qui sont venues troubler jusqu'à la science
du ciel.
CuviER. [Notices et extraits de flnstitut.)
Vous verrez d'abord Delambre, perfectionnant les méthodes de calcul astronomique, mériter par la variété et l'élégance de ses formules une place distinguée parmi les habiles géomètres dont la France s'honore. Bientôt, et pendant nos discordes civiles, entouré de nombreux obstacles, en butte à mille dangers, il exécutera la vaste opération qui sert de base au nouveau système métrique et déposera ses précieux résultats dans un bel ouvrage, monument impérissable de son savoir, de son zèle et de sa véracité. Plus tard en communauté de travaux avec l'auteur de la Mécanique céleste, il se livrera à une discussion scrupuleuse de la presque totalité des observations anciennes et modernes, pendant que le géomètre perfectionnera la théorie, et l'on verra sortir d'une telle association que la France seule pouvait offrir, et qu'aucun nuage n'a jamais troublée, des tables astronomiques que toutes les nations se sont empressées d'adopter.
Ahac.o. [Discours ans obsèques de Delambre.)
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LEQENDRE (ADRIEN)
Paris, 1752-1833. — Mathématicien, professeur à l'École militaire, membre du Bureau des Longitudes, conseiller de l'Université.
Ses Éléments Pont rendu populaire. Il a étudié les propriétés des nombres et les fonctions elliptiques.
Exercices de calcul intégral. — Eléments de géométrie. ~- Mémoires sur les attractions des ellipsoïdes homogènes. — Recherches sur la figure des planètes. — Théorie des nombres ^ 2 vol. — Fonctions ellip' tiques, 3 vol.
En 1783, il lut à rAcadémie un grand Mémoire intitulé : Recherches cTanalt/se indéterminée^ qui renferme de nombreuses propositions sur la théorie des nombres, et notamment le célèbre Théorème de réciprocité connu sous le nom de loi de Legendre.
En 1786, un Mémoire sur la manière de distinguer les maxima des minima dans le calcul des variations, puis deux Mémoires sur les intégrations par arcs d'ellipse, et sur la comparaison de ces arcs, Mémoires qui contiennent les premiers rudiments de sa théorie des fondions elliptiques.
En 1787, un Mémoire sur l'intégration de quelques équations aux différences partielles...
En 1790, il lut encore un Mémoire sur les intégrales particulières des équations différentielles...
En 1787, quelques doutes s'étant élevés sur la position respective des observatoires de Paris et de Greenwich, on résolut d'en lier les méridiens par une chaîne de triangles qui s'étendraient de l'un à l'autre point. L'Académie des Sciences chargea trois de ses membres, MM. Cassini,Méchain et Legendre d'exécuter
cette opération de concert avec le major-général Roy et plusieurs autres savants anglais... M. Legendre calcula tous les triangles situés en France, et ensuite ceux qui s'étendaient en An gleterre jusqu'à Greenwich... Il publia à cette occasion un important travail intitulé : Mémoire sur les opérations trigotiométriques dont les résultats dépendent de la figure de la terre,,. 11 y donne l'important théorème, connu sous le nom de Théorème de Legendre^ d'après lequel le calcul d'un triangle sphérique peu étendu se ramène à celui d'un triangle rectiligne.
En Tan H, vers la fin de 1793, il publiait un nouveau mémoire sur les transcendantes elliptiques formant un volume in-4° de plus de 200 pages...
M. Legendre publia en 1794 la première édition de ses Éléments de géométrie^ ouvrage écrit avec une élégante simplicité et dans lequel toutes les propositions sont disposées dans un ordre simple et méthodique. L'auteur, se modelant sur Euclide, y ramène l'enseignement de la science à la sévérité de Técole grecque... L'ouvrage fut bientôt au premier rang des livres classiques. En moins de trente ans, il en fut publié plus de quatorze éditions, dont la dernière a eu un grand nombre de tirages. 11 en a été vendu en France plus de cent mille exemplaires. Les Éléments de Legendre ont été reproduits dans les principales langues de l'Europe et ont môme été traduits en arabe pour les écoles établies en Egypte par le vice-roi Méhémet-Ali.
M. Legendre avait encore des dieux familiers auxquels il sacrifiait toujours avec un nouveau plaisir