LEGENDRE
dans le silence du cabinet. Je veux parler de la Théorie des nombres et des Fonctions elliptiques. M. Legendre y consacra, pendant les cinquante dernières années de sa vie, tous les loisirs que lui laissaient ses occupations journalières et ses travaux les plus apparents. Il a élevé ainsi deux monuments qui par leur étendue représentent, on n^en saurait douter, la meilleure partie de son temps, et qui, quoique ayant eu peu de lecteurs, et ne pouvant avoir que bien peu de juges, seront peut-être aux yeux de l'avenir deux de ses principaux titres de gloire.
Lagrange a été le réformateur de l'analyse . En rendant plus évidentes quelques-unes des bases de cette science, il lui a donné plus de force en même temps que par ses immortelles découvertes il en a étendu le domaine. Un de nos plus grands géomètres s'est plu à célébrer la perfection de son style analytique. Pures et faciles comme les vers de Racine, les formules de Lagrange ont augmenté le nombre des adeptes de la science en même temps qu'elles ont facilité leurs travaux.
Laplace, en appliquant aux lois de Tunivers les facultés d'un géomètre de premier ordre, est devenu le législateur des mouvements célestes. Par les vastes conquêtes qu'il a faites sur la nature, il a mérité d^ôtre appelé le Newton de la France.
Legendre, plus profond que populaire, a été notre Euler ; comme Euler et à son exemple, il a légué à l'avenir une foule de ces résultats analytiques que le génie seul sait obtenir et qui enrichissent pour toujours le domaine de Tesprit humain.
Clairaut, D'Alembert^ Euler, ont été les continuateurs de Newton et de Leibniz .
Après eux, Lagrange, Laplace^ Legendre ont tenu d'une main non moins sûre le sceptre des mathéma* tiques.
Élïe de Beaumont.