LES PRIX ET LES LAURÉATS
Les prix actuels sont trop nombreux pour que nous en donnions le détail. Plusieurs s'appliquent à des travaux libres c'est-à-dire dont le sujet n'est pas imposé.
Les lauréats de r Académie des sciences doivent avoir mérité au moins un prix. C'est onlinairoment parmi eux, qu'à chaque élection, sont choisis les nouveaux membres de l'Académie.
Ces documents formeraient à eux seuls une bibliothèque étendue.
Les plus anciens, toujours continués, sont les Mémoires de CAcadémie des sciences. Ils contiennent, entre autres choses, les travaux des académiciens (mémoires scientifiques, voyages, machines, cartes, observations astronomiques, etcj, des rapports sur les prix ou sur des mémoires étrangers, Thistoire de l'Académie, des Eloges des académiciens morts, etc.
Les Comptes Rendus hebdomadaires par les Secrétaires perpétuels datent de 1835. Ils résument rapidement toute la vie académique. Leur importance est prépondérante et les Mémoires de l'Académie deviennent de plus en plus rares.
Nous citerons encore :
La vieille Description des Arts et Métiers ;
Le Recueil des prix, c'est-à-dire des Mémoires couronnés les plus importants ;
Le Recueil des travaux des savants étrangers à TAcadémie ;
Les 3/acAi;î^5 présentées à l'Académie;
Les Discours, en séance ou hors séance, du Prési-
dent en exercice ou des délégués aux obsèques, aux anniversaires, érections de statues et cérémonies diverses
On pourrait, par extension, considérer comme documents académiques les livres, les mémoires scientifiques, les articles de revue, etc. des membres de l'Académie des sciences.
Les recherches dans Tample collection académique sont assez longues et assez pénibles, malgré quelques tables partielles. La Compagnie publie annuellement 5.000 mémoires, notes ou notules scientifiques.
Un secrétaire de FAcadémie doit avoir, dit Damiron : « cotte autorité qui se donne plus qu'elle ne se décrète et que le vote constate plutôt qu'il ne la constitue ; pour exercer ce gouvernement de la confraternité, qui n*est qu'un soin plus particulier des intérêts, de la dignité et des travaux de la Compagnie ; pour en être i\ perpétuité le représentant honoré et aimé ; pour en être, sous le titre de Secrétaire, Tàme, l'esprit, le lien, en un mot le vrai chef. »
L'Aoïuli^mie des sciences nomme un Président annuoK mais ruction continue des Secrétaires perpétuels «»st prépondérante. On doit les considérer surtout comme dos historiens do la Science. Leur principale fonoliou, dil (aivier, est do « préparer la justice de la posiérilé ».
Los Elo(/rs qu*ils publient sur les Académiciens morts forment une oMivre do haute vulgarisation '. Voici
I. «« lo tidv ir/i^>;Ks. ilit FonUM)oIlt\ n%M jvis trop juste ; celui de yir$ l'oi^l oïi\ <ln\antaKO ; car oo no sont proprement que des lies, toUoj» %\\\\\\\ lo> nurmt «Viitos on ren«Uiit simplement justice. J'en puW js.uanlir In m^iuô au \n\hhc. Im m\ \K\r moi-même un assez uraud nonihiv do^ lrtU% quo jo i^ppoito. jai Uiv les autres des livres do oo«\ dont jo parlo, mômo x\v hMv> LtiU contre euï, ou de mé-
comment Sainte-Beuve apprécie la série de ces éloges : « Ce genre de traduction dans la langue usuelle n'est que très rarement possible en ce qui est des travaux de haute physique, et elle est tout à fait impraticable pour ce qui tient aux mathématiques. Fontenelle, qu*on cite toujours comme le premier maître dans le genre de TEloge appliqué aux savants, n'eut pas à triompher de cette difficulté ; il se contentait d*indiquer d'un mot les points et les sujets de science, il ne les traitait pas. Son objet principal et même unique était de faire connaître le caractère, la physionomie et les mœurs des savants qu'il présentait au monde dans ses gracieuses et discrètes Notices. Condorcet le premier sentit qu'il était temps d'exposer les vrais titres des hommes éminents dont l'Académie des sciences s'était honorée; mais, malgré le mérite de quelques-uns de ses éloges, il ne sut point offrir de parfaits modèles de ce genre nouveau. Depuis que l'ordre des sciences naturelles est séparé de celui des sciences mathématiques, Cuvier a donné, bien qu'un peu brièvement, d'excellents exemples; M. Flourens s'applique, et chaque fois avec un succès nouveau, à étendre et à enrichir cette forme où il est maître. M. Arago, succédant à l'élégant Fourier, lequel avait succédé lui-nu^nie à l'estimable Delambre, chercha plus tard à se rattacher à la forme développée de Condorcet. »
Nous allons présenter individuellement au lecteur
moires fournis par les personnes les mieux instiiiites. Je n\ii pas eu la liberté, et encore moins le dessein, de faire des portraits à plaisir de gens dont la mémoire était si récente. Si cependant on trouvait qu'ils n^eussent pas été assez loués, je n'en serais ni surpris ni fnché. »
Le cadre des Eloges s'est élargi depuis Fontenelle et ils sont devenus des Notices historiques et scientifiques.
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les Secrétaires successifs de rAcadéniie jusqu'aux Secrétaires actuels, MM. J. Bertrand et Berthelol. Nous aurons à reparler plus loin de ceux d'entre eux qui ont été des savants célèbres.
DU HAMEL (Jean-Baptiste
Vire, 1624: Paris, 1706. — Physicien et philosophe ; d'abord oratorien puis curé de Neuilly-sur-Mame et aumônier du Roi. Lié avec Huyghens, il se choisit pour successeur Pontenelle. Secrétaire de l'Académie de 1666 à 1697.
Cartésien oublié ; on loue sa belle latinité. Citons seulement, parmi ses livres, l'Histoire de l'Académie royale des sciences (en latin' et l'Astronomie physique (dialogues latins entre l'Ancien. le Nouveau et l'Éclectique).
Fontenelle s'est peint lui-même, en disant de son estimable prédécesseur: << Il fallait à cette Compagnie un secrétaire qui entendit et qui parlât bien toutes les différentes langues de ces savants : celle d'un chimiste, par exemple, et celle d'un astronome ; qui fût auprès du public leur interprète commun : qui pût donner à tant de matières épineuses et abstraites des éclaircissements, un certain tour, et même un agrément que les auteurs négligent quelquefois de leur donner, et que cependant la plupart des lecteurs demandent ; enfin, qui, i^ar son caractère, fût exempt de partialité, et propre à rendre un compte désintéressé des contestations académiques. Le choix de Colbert pour cette fonction tomba sur du Hamel... »»
FONTENELLE (Bernard de)
Rouen, 1657 ; Paris, 1757 (cent ans). — Homme de lettres et historien des sciences. Membre de l'Académie française et de celle des Inscriptions et belleslettres ; secrétaire de l'Académie des sciences de 1697 à 1740 (43 ans).
Fontenelie cultiva les sciences pendant la seconde moitié de sa vie, en comprit les théories et en donna au public une idée limitée, mais juste ; c'est un vulgarisateur fin et délicat.
Pluralité des mondes.^ Histoire derAcadémiedes sciences.— Eloget.— Géométrie de Tinfini. — Théorie des tourbillons. — CEuTres complètes, 5\ol.,1825.
« Les muses des mathématiques et de la physique habitent une région lumineuse et agréable, dit de Fouchy, mais Taccès de leur sanctuaire est difficile et épineux ; il fallait trouver un homme capable de faire disparaître ces difficultés, de dissiper une partie des images qui cachaient aux hommes la vue de leurs mystères ; de répandre la lumière et l'agrément sur les matières les plus sèches, et souvent les plus obscures, et qui pût les ramener à la portée du plus grand nombre des lecteurs. Les preuves que M. de Fontenelie avait données de ses talents en ce genre dans la Pluralité des mondes, déterminèrent le choix du ministre en sa faveur ; il fut nommé au commencement de 1697 à la place de secrétaire de l'Académie, vacante par la retraite de feu M. l'abbé du Hamel : il ne fut pas longtemps à justifier la confiance qu'on lui avait accordée. Bientôt il eut trouvé la manière la plus avantageuse de