IT DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE
Après avoir parlé des preuves archéologiques attestant la présence des Scandinaves en Amérique à une époque antérieure à Christophe Colomb, et de l'authenticité des écrits contenant la relation de leurs voyages, nous avons vu que l’humeur vagabonde, le désir de visiter des pays inconnus, avaient entrainé les peuples du Nord des côtes de la Scandinavie jusqu'au Groenland, où Erick le Rouge, obligé de fuir l'Islande, s'établit en 982.
Suivons-les maintenant dans leurs expéditions en Amérique, nous appuyant toujours, remarquons-le bien, sur l'authenticité des sagas.
VOYAGE DE BIARN
Un des compagnons d’Erick le Rouge au Groenland, Hériuf, avait laissé en Norvège un fils du nom de Biarn, jeune homme courageux et entreprenant. Biarn avait déjà trafiqué avec son père dans les différentes contrées maritimes du Nord. Il quitta la Norvège pour venir rejoindre son père, qu’il croyait en Islande, mais apprenant qu'il était parti avec Erick pour le Groenland, pays situé à l’ouest, il reprit la mer, n'ayant pour se guider que la lumière des étoiles.
Le vent le favorisa durant les trois premiers jours de sa navigation ; puis des brouillards survinrent, brouillards que les marins de nos jours, malgré leurs connaissances nautiques et leurs instruments de précision, ne peuvent affronter sans appréhension. Après avoir été ballotté durant plusieurs jours et piusieurs nuits, il arriva en face d'une terre inconnue et couverte de bois. ‘Ce n’est pas, dit-il, le pays que nous cherchons, car à
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on assure que les montagnes du Groenland sont hautes et couvertes de glaces.” 11 continua à naviguer durant deux jours, et il aperçut une terre plate et bien boisée, mais qui ne répondait pas à ce qu'on racontait du Groenland. Il change de direction vers le nordouest, et après trois jours de marche par un vent du sud-ouest, il découvre une troisième terre élevée et montagneuse, dont les sommets étaient couverts de glaces ; il reconnait que c’est une île, puis reprend la pleine mer avec un vent favorable, et après quatre jours de navigation, il aborde au Groenland où il raconte à de nombreux auditeurs les circonstances de son voyage. Ceci se passait vers l’année 986.
Il est difficile de déterminer avec exactitude les côtes que Biarn avait entrevues, mais les distances parcourues, indiquées en journées, comparées à celles qui séparent les diverses stations que mentionne la saga, nous portent à croire que ces côtes sont celles de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Evosse et probablement quelque partie du Labrador.