DÉCOUVERTES DE LEIF ERICSON
Il ne paraît pas que Biarn ait tiré parti de son voyage, mais le récit qu’il en fit eut un résultat plus pratique.
Erick le Rouge avait aussi deux fils, Thorwald et Leif. Ce dernier, ayant entendu parler du voyage de Biarn, et, stimulé par la noble ambition de découvrir, comme son père, de nouveaux pays, résolut de reconnaitre par lui-même ce qui en était
Il acheta le vaisseau de Biarn, enrôla trente-cinq hommes, et pria son père de commander l'expédition ; mais, celui-ci, déjà vieux, s'étant rendu au lieu de l’embarquement, fit une chute qu'il considéra comme un augure défavorable, et laissa Leif partir seul, lui disant “que la fortune ne lui permettait pas de tenter de nouvelles découvertes.” On était alors vers l'an 1000. Leif s’avança sur l'océan sans autre moyen de direction qne les étoiles et les souvenirs de Biarn. Il se dirige sur la première terre entrevue par ce dernier, l’aborde, y débarque, l’examine, et la trouvant une terre sans agréments et d'un sol pierreux, il lui donne le nom de Helluland (ferre pierreuse). Dans cette contrée, dit M. d'Avezac, l’érudition moderne a cru reconnaitre Terre-Neuve.
Il reprend la mer, et, après trois jours de navigation, il arrive en vue d’une autre terre signalée par Biarn. Ce pays, sur la côte duquel s'amoncelaient des bancs de sable blanc, était plat et couvert de bois. 11 lui donna le nom de Markland (terre boisée). On a raison de croire que c'était la Nr ivelle-Ecosse, qui est en effet à trois jours de navigation à voile au sud-ouest de Terre-Neuve. Après deux autres jours de navigation, par un bon vent de nord-est, il atteint une ile “ près de laquelle une péninsule s'avançait à l'est et au nord,” comme on voit aujourd’hui le cap Cod dépasser au nord-est l'ile de Nantuckett. Il s'engage dans un détroit où il y avait beaucoup de bas-fonds au temps de la marée, puis, continuant à avancer, il rencontre ‘une rivière qui sortait d’, à lac,” (la rivière Pocasset, qui sort de 11 Baie Mount Hope) ; il remonte cette rivière et jette l'ancre.
Aussitôt débarqué, il prend possession du sol avec les cérémonies ordinaires aux Scandinaves ; il y fait construire d'abord des huttes en planches, puis, se décidant à passer
! La navigation d’un jour, suivant le Landnama et autres anciens ouvrages géographiques d'Islande, équivalait à 27 ou 50 milles géographiques. Mémoire sur la décourerte de l'Amérique «u Xe siècle, par C. C. Rafn.
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l'hiver dans cet endroit, il y fait ériger de vastes bâtiments qu'il nomme de son nom, Leifsbudir, ou maisons de Leif.
Ces constructions terminées, il met en campagne une partie de ses hommes pour explorer le pays, mais chaque soir tous revenaient au camp. Un soir, un des explorateurs manque à l'appel; c'était un Allemand du nom de Tyrker, ancien serviteur d'Erick, et qui avait voué à Leif, dès son enfance, une tendre amitié. Leif, inquiet sur le sort du vieil allemand, se met à sa recherche avec douze hommes ; il le retrouve dans les environs du camp, et c'est alors que ce fidèle serviteur lui apprend, tout joyeux, qu'il a trouvé, dans le voisinage, des vignes chargées de raisin. En conséauence on donna à cette contrée le nom de Vinland (pays de la vigne).
Au printemps suivant, 1001, après avoir chargé son navire de bois, de raisin et de peaux, Leif reprit la mer et regagna le Groenland, où il vanta beaucoup ses découvertes ; il fut surnommé Le Fortuné!.