XVIII — HISTOIRE DU DROIT
L'histoire du droit a pris dans le siècle dernier un tel essor qu'on peut dire que partout, en France comme ailleurs, elle a complètement renouvelé les objets auxquels elle s'est appliquée. Dans aucune autre branche des sciences morales et politiques on n'est arrivé peut-être à une maîtrise de méthode aussi grande. Or, la méthode c'est l'instrument indispensable et sûr, car dès qu'on le possède on est certain du résultat.
(1) Parmi les articles recueillis dans ces deux volumes on trouvera : Le Droit public, sa conception, sa méthode ; — La Séparation des pouvoirs et la justice en France et aux États-Unis; — Les Garanties de la liberté individuelle ; — - La Théorie de la personnalité morale ; — Un Cours de théorie générale du droit ; — La Question des fondations ; — La Réforme des lois sur les aliénés; — La Poursuite des crimes et délits par les associations; — Les Syndicats de fonctionnaires; — La Recevabilité en justice des syndicats professionnels, etc., etc.
5o — LA SCIENCE FRANÇAISE
Nos historiens du droit, marchant sur la trace de leurs illustres aînés, les grands initiateurs des XVIe et xvne siècles, ont comme eux procédé par publications critiques de textes, par monographies, par ouvrages généraux et d'ensemble.
L'édition de la Loi Salique de Pardessus reste comme un modèle difficile à atteindre de belle et grande érudition. A côté de son nom, citons ceux des Beugnot, des Giraud, des Dareste, des Laboulaye, et plus récemment ceux de Planiol, du regretté bibliothécaire de la Faculté de droit de Paris, P. Viollet, dont l'édition critique des Établissements de Saint-Louis a modifié complètement les idées qu'on se faisait jusqu'alors de la nature de cette œuvre. Il ne m'est pas possible de citer ici tout ce qui a été fait dans cet ordre d'idées. Je signalerai cependant le catalogue commencé des ordonnances rendues sous François Ier, préparation de leur publication, destinée à faire suite à la grande collection restée inachevée des Ordonnances des rois de France de la troisième race.
Les monographies ou histoires du droit et des institutions régionales ou locales sont innombrables. Chaque ancienne province a sa Revue régionale, ses érudits locaux, et la bibliographie de tous ces travaux, de valeur inégale, remplirait de nombreux volumes. Nous ne nous y arrêterons pas.
Mais nous devons marquer plus fortement la véritable renaissance qui s'est produite dans l'histoire des institutions et du droit de la France dans ces vingt ou trente dernières années.
Des livres de premier ordre, d'une érudition claire et bien française, d'une belle ordonnance, ont été publiés par
FUSTEL DE COULANGES, LUCHAIRE, M. ESMEIN, P. Viollet,
Flach, M. Brissaud, Glasson, Dareste, Chénon, Ch. Le- FEBVRE, d'autres encore!
On peut dire qu'ils ont, en grande partie, renouvelé la plupart des solutions données aux grands problèmes du développement de nos institutions politiques et de notre droit.
LES SCIENCES JURIDIQUES — 5î