PRÉFACE XXXI
un rôle capital dans la synthèse des sensations?
Tant qu'elle est reliée au cerveau, la moelle fonctionne sans doute comme un organe auxiliaire, comme un esclave docile aux ordres de la conscience cérébrale. Mais, séparée, il s'y pourrait former une conscience inférieure. Et, en fait, non-seulement cela est possible, avoue G. "Wundt, mais différents phénomènes semblent attester qu'il en est ainsi. A cet égard, les expériences de Goltz n'ont pas enlevé toute valeur à celles de Pflûger. Elles prouvent, ces expériences bien connues, que l'animal privé de son cerveau peut adapter ses mouvements^ aux conditions extérieures avec la même perfection, ou même avec une perfection plus grande, que lorsque les centres inférieurs subissaient l'action régulatrice et retardatrice des centres supérieurs : elles établissent surtout que, sous l'action répétée d'une même excitation, les divers segments de la moelle réagissant, je le répète, avec plus de sûreté et de précision, ces centres nerveux inférieurs se montrent réellement capables d'associer des sensations , de les conserver présentes, de les transformer en mouvements habituels, bref, capables de se souvenir. Ainsi, l'expérience l'atteste, il existe une conscience ganglionnaire et médullaire, conscience qui ne diffère qu'en degré, non en nature, de celle de Técorce cérébrale.
Or, quand M. de Hartmann reproche à son critique, M. Schmidt, d'avoir dirigé ses plus vives attaques contre le caractère psychique