XXXIV PRÉFACE
laissent pas de manifester toutes les propriétés des corps vivants : elles se nourrissent, croissent et se reproduisent, elles se meuvent, elles sont sensibles et réagissent aux excitations. Au point de vue morphologique, le corps d'une monère est aussi sinaple qu'un cristal. « Les monères sont la preuve incontestable, écrivait naguère M. Haeckel dans le Kosmos, que la vie n'est pas liée à tel agencement anatomique du corps, à un concours d'organes différents, mais à une certaine combinaison physico-chimique de la matière, à une substance albuminoïde, que nous appelons sarcode ou protoplasma.
La vie ne résulte donc pas de l'organisation, au contraire. »
Ainsi, ce serait une grave erreur de croire que la sensibilité et la contractilité ne sont apparues qu'avec les nerfs et les muscles : ces organes ne sont que des appareils de perfectionnement de plus en plus. hétérogènes, issus par différenciations successives de la petite masse de plasma homogène qui constitue la monère. Lewes avait déjà dit que la* sensibilité est une propriété histologique, nullement morphologique. Or la sensibilité est une propriété générale de la matière vivante, je n'ose dire de la matière inorganique, quoiqu'un savant comme ZôUner n'hésite pas à écrire : « Si des organes et des sens plus développés et plus subtils nous permettaient d'observer le groupement et la régularité des mouvements qu'exécutent les molécules d'un cristal, lorsque ce dernier est profondément blessé en