PRÉFACE XXX
quelque endroit, nous trouverions sans doute que nous décidons bien à la légère et que nous faisons une pure hypothèse, lorsque nous aflBrmons que les mouvements produits dans ce cristal ne sont absolument accompagnés d'aucune sensibilité. »
Quoi qu'il en soit, et sans insister en ce moment sur la théorie de la plastidule, de Haeckel, qui se présenterait naturellement ici, il suffît d'avoir rappelé que, partout où la sensibilité se manifeste, il doit exister un rudiment de conscience. Quoi qu'en dise Wundt, il n'est pas nécessaire que la notion du passé et celle du futur coexistent pour qu'il y ait conscience; à l'origine, la conscience se compose de sensations présentes \
Je n'oublie pas la mémoire organique qui, certes, n'est pas non plus le propre du tissu nerveux, de celui de l'encéphale ou de la moelle épinière, mais de toutes les cellules de l'organisme. « Les effets permanents produits sur la constitution par un virus particulier, tel que celui de la variole ou de la syphilis, dit Maudsley, prouvent que les éléments organiques se rappellent certaines modifications qu'ils ont souffertes. » Qu'on lise surtout le beau discours de Hering sur la Mémoire comme fonction de la matière organisée. Laycock, enfin, a rassemblé un grand nombre de faits qui ne s'expliquent que par cette propriété de la matière vivante. Ainsi, la paille qui a servi de
1 . Herbert Spencer, La conscience sous Vaction du chloroforme, in B,exiue philosophique, 3e ann., n® 10, p. 392.