L'INSTINCT
la science moderne relègue dans le domaine des fables et des chimères; prendre pour argent comptant les prescriptions médicales des magnétisés et des somnambules, et admettre comme une autorité feu Ennemoser, avec ses exemples insensés de clairvoyance et de double vue ! On ne peut non plus invoquer Burdach pour le chapitre des pressentiments ; la physiologie sait aujourd'hui que c'était là un côté faible de l'illustre savant.
On peut appeler l'instinct « le fond essentiel de tout être », mais il ne se conçoit pas avec l'interprétation mystique de Hartmann. Que le coucou prisonnier meure toujours l'hiver, je le crois; qu'il meure de désespoir, je ne le crois pas, puisque tant d'autres oiseaux dans le même cas ne meurent pas. Je ne veux cependant pas nier qu'un oiseau ne puisse mourir le cœur brisé. Mais que l'escargot vigneron qu'on ne laisse pas dormir son sommeil hivernal périsse aussi de désespoir, comme nous l'apprend Hartmann (I, 98), voilà qui me passe.
Hartmann énumère avec complaisance les résultats suivants de ses recherches sur Tinstinct : « V l'instinct n'est pas le résultat d'une réflexion consciente; 2® il n'est pas la consé-
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quence de rorganisation physique; 3* il n'est pas le pur effet d'un mécanisme résultant de l'organisation cérébrale; ¥ il n'est pas Teffet d'un mécanisme sans vie, adapté extérieurement à l'esprit, étranger à son essence intime; mais plutôt.... » Nous accordons les points 1, 2 et 4; mais le 3*" point, nous le répétons, est le talon d'Achille de cette argumentation. Le calcul qui voudrait prouver l'intervention d'un principe surnaturel est aussi faux et trompeur pour instinct considéré dans son ensemble que dans l'application spéciale qui en a été faite à l'incubation. Puisque, d'après Hartmann lui-môme, il existe, dans l'organisation du cerveau, un mécanisme qui concourt à la production des phénomènes de cet organe, la brèche est ouverte dans son système, nous l'avons montré. L'anonyme a examiné les conditions sous lesquelles la Philosophie de Vinconscient admet les prédispositions dans l'exercice des actes instinctifs. Cela n'a pas fait d'impression sur Hartmann.
Nous savons pourquoi.
Pour faciliter l'intelligence de [ce qui suit, nous indiquons brièvement le sujet du chapitre IV de la !'• partie de la Philosophie de Virir
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conscient: il traite de V union de la volonté et de Vidée. L'état voulu est contenu con)me idée ou représentation dans le vouloir. Mais rétat existant doit aussi être contenu dans le vouloir comme idée, parce que la volonté, en tant que puissance du vouloir, est quelque chose de purement formel et d'absolument vide. Tout vouloir inconscient doit être uni à des idées, mais à des idées inconscientes du but ou de l'objet du vouloir. Ainsi le vouloir des ganglions doit être lié à des idées qui, inconscientes pour le cerveau, sont « probablement conscientes » pour le ganglion.
La distinction de la volonté consciente et de la volonté inconsciente est ainsi ramenée à la distinction de l'idée consciente et de l'idée inconsciente.