‹ Les sciences naturelles et la philosophie de l'inconscientChapitre 42 sur 62 · II · texte numérisé non relu

II

Nous ne saurions, quant à nous, découvrir dans ces spéculations la méthode inductive des sciences de la nature. Si le développement de la conscience était le but final de l'univers, comme le veut cette conception anthropocentrique du monde, il est probable que la cause souverainement sage de l'univers, en vertu de la loi si célébrée à tout propos de l'économie des forces, aurait créé les organismes dans un ordre régulier évitant tout écart. Or, Hartmann sait fort bien qu'il y a autant de « culsde-sac » à l'arbre généalogique des êtres organisés que de branches latérales et extrêmes en dehors de la ligne unique qui se termine à l'homme. Les groupes d'êtres qui se perdent dans les « culs-de-sac » sont superflus au point de vue téléologîque, et, partant, absurdes, d'après les principes mêmes des cause-finaliers. Tout ce que pourrait répondre la philosophie de l'inconscient, c'est qu'il en coûte moins à son principe, une fois les séries enchaînées, de les laisser se perdre, s'éparpiller en quelque sorte, que de rompre le fil qui les relie. Mais tout homme qui pense en naturaliste et qui a l'habitude de tenir compte des faits, en présence des organismes sans nom-

6w de la nature^ évidemment sans aucun rapport avec le but de Vunivers que suppose la spéculation, devra conclure que les êtres organisés n'existent pas pour servir à une telle fin.

Voilà ropinion de la théorie moderne de la descendance et du darwinisme. L'induction scientifique nous montre dans le règne organique le résultat d'une évolution naturelle, non fatalement déterminée, qui a en soi son correctif sansb aucune intervention d'un être métaphysique. Si cette idée est en désaccord avec la conception du monde de la philosophie de V inconscient, la faute en est à cette philosophie, non aux sciences naturelles.

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