‹ Les sciences naturelles et les problèmes qu'elles font surgir;Chapitre 10 sur 44 · VALEUR DES SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

VALEUR DES SCIENCES NATURELLES

siologique, et le reste de l'univers; enlre les phénomènes du nombre et de l'espace, ceux de la force physique ou chimique d'une part, et ceux de la vie, de l'autre.

Le mathématicien, le physiden elle chimiste considèrent les choses à l'état de repos; pour eux tous les corps tendent normalement à un état d'équilibre.

Le mathématicien ne suppose pas que spontanément une quantité puisse changer, qu'un point donné de l'espace puisse) prendre une autre direction par rapport à un second point. Il en est de mSme pour le physicien. Quand Newton vit tomber la pomme, il put conclure de suite que sa chute ne dépendait pas d'une puissance inhérente en la pomme, mais qu'elle résultait de quelque autre chose qui agissait sur elle. De métne, on considère toute force physique comme ce qui trouble un équilibre auquel tendaient les choses avant que cette force n'agisse, et auquel elles tendront encore quand elle aura cessé d'agir.

Les changements chimiques qui se produisent dans un corps sont, de même, pour le chimiste, l'effet de quelque chose d'externe, agissant sur le corps modiHé. Un composé chimique, une fois formé, persisterait indéHnimenl s'il ne survenait aucun changement dans les conditions environnantes.

Mais, pour celui qui étudie la vie, l'aspect de la nature est précisément inverse. Ici le changement

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incessant, spontané même quant à ce que nous en savons, est la règle; le repos est l'exceplion, l'anomalie qu'il Taut expliquer. Les corps fiyants ne sont pas inertes et ne tendent pas à l'équilibfe.

Permettez-moi d'insister sur ces considérations abslrattes, et de les élucider par quelques exemples.

Prenons un vase plein d'eau, à la température ordinaire, dans une atmosphère saturée de vapeur. Dans la limite de nos connaissances, la quantité et la figure de cette eau doivent persister indéfiniment.

Que l'on jette dans ce vase un morceau d'or, il en résultera dans la figure de l'eau un trouble et un mouvement exactement proportionnels à l'impulsion de l'or. Mais bientAt les effets du trouble s'effaceront, l'équilibre se rétablira, et l'eau reprendra son état passif.

Exposez cette eau au froid, elle va se solidiBer et, en se solidifiant, ses particules se disposeront entre elles selon des formes cristallines définies. Hais, une fois formés, cescristaus ne changent plus.

Ou encore, substituez au morceau d'or une substance capable d'entrer en relation chimique avec l'eau, soit ime masse de cette substance que l'on appelle la protéine, la substance de la chair. Il va se produire un grand trouble dans l'équilibre, des compositions et des décompositions de toutes sortes vont survenir, mais, comme précédemment, tout cela finira par le retour à l'état de repos.

Mais, au lieu de cette petite masse de protéine

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