‹ Les sciences naturelles et les problèmes qu'elles font surgir;Chapitre 14 sur 44 · I!8 VALEUR DBS SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

I!8 VALEUR DBS SCIENCES NATURELLES

Assurément ce pauvre esprit n'eût pas été tiré de son apathie en apprenant que la primevère est une dicotylédonée exogène, à corolle monopétale et à placentation centrale. Mais la connaissance de l'histoire naturelle a ceci de bon, qu'elle nous pousse à rechercher les beautés de la nature, et ce n'est plus le hasard, dès lors, qui bous les met sous les yeux. Pour celui qui ne connaît pas l'histoire naturelle une promenade à travers la campagne ou sur le bord de la mer est une promenade dans une galerie pleine d'œuvresd'art merveilleuses, mais où les neuf dixièmes des beaux tableaux qui s'y trouvent sont tournés contre le mur. Faites-lui connaître un pea d'histoire naturelle, et vous lui mettrez dans les mains un catalogue k l'aide duquel il saura quels sont les tableaux méritant d'être vus, et qu'il faut retourner. Assurément nous n'avons pas à notre disposition, dans cette vie, des plaisirs innocents en ^ grande abondance que nous puissions mépriser cette source de nobles jouissances, don plus qu'aucune autse de celles qui nous procurent un ' bonheur digne de nous. En ce cas, notre négligence pourrait bien nous valoir, je le crains, ce cercle de l'enfer oh se trouvent, selon le grand poëte florentin, ceux qui pendant la vie pleurèrent quand ils pouvaient être joyeux (1).

Hais j'abuserais de votre bienveillance si je ne

O) E plonge ii dov'esser des giocondo. — Inferno Canio

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AU POINT DS VUE DB L'fiDUCATIOK. 129

me h&tais pas d'en venir à la dernière question posée : A que) moment faut-il faire entrer la science pli-ysiologique dans le programme de l'éducation? 1 1 y a une distinction à établir relativement à l'enseignement des faits d'une science, au point de vue de l'instruction, et l'enseignement systématique de cette science au point de vue des connaissances utiles et nécessaires. Il me semble qu'ici, comme en ce qui concerne les autres sciences, les faits communs de la biologie, l'usage des différentes parties du corps, les noms, les habitudes des êtres vivants qui nous entourent, peuvent être avantageusement enseignésaus plusjeunes enfants. Les enfants témoignent habituellement pour ces connaissances une merveilleuse avidité ; ils retiennent avec une grande facilité relative tout ce qu'on leur montre en ce genre. Je ne pense pas qu'aucun jouet puisse leur faire autant de plaisir qu'une petite collection d'animaux vivants qui serait établie sur une échelle bien restreinte nécessairement, mais' en suivant toutefois le bel ordre méthodique des jardins zoologiques.

D'autre part, ce n'est que quand l'étudiant aura acquis une certaine connaissance de la physique et de la chimie que l'enseignement systématique de la biologie pourra Être fructueux pour lui, car si les phénomènes de la vie dépendent des forces vitales et non des forces physiques ou chimiques, les résultats de ces phénomènes sont pourtant des changements physiques et chimiques qu'on ne peut bien comprendre qu'à l'aide des lois de ces deux sciences.

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