‹ Les sciences naturelles et les problèmes qu'elles font surgir;Chapitre 20 sur 44 · S SUR UN MORCEAU DE CRAIE · texte numérisé non relu

S SUR UN MORCEAU DE CRAIE

faisante à ces questions, et qu'en cherchant à r^ soudre de semblables problèmes, le seul résultat auquel on puisse arriver, c'est de s'embrouiller dans de vagues spéculations, qu'il n'est pas pli» possible de réfuter que de vérifier.

S'il en étitit ainsi réellement, je n'aurais pas choisi un morceau de craie pour sujet de ma conférence. Mais, tout au contraire, après y avoir bien réfléchi, je n'ai pas pu trouver un sujet me mettant mieux à même de vous faire voir combien sont solides les fondements sur lequels reposent quelquesunes des conclusions les plus imprévues des scieiices physiques.

Un grand chapitre de l'histoire du monde est écrit dans la craie. Dans l'histoire de l'homme on trouve rarement une masse aussi imposante de preuves directes ou indirectes pour en coa&nner les ditTérents passages, que celle qui nous témoigne la vérité de ce fragment de l'histoire du globe, que j'espère vous mettre à même de lire ce soir par vos propres yeux.

' Permettez-moi d'ajouter que dans l'histoire humaine bien peu de chapitres ont une plus profonde signification pour nous. Je pèse bien mes mots en vous af&rmant que l'homme qui connaîtrait Vbiftoire vraie du bout de craie que tout charpenlier porte en poche, qui ignorerait toute autre hisloirei mais serait capable de creuser cette connaissance pour en tirer toutes ses conséquences, p'""'' ■rail avoir, en le voulant bien, une conception p'"*

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vraie, et meilleure par conséquent, de ce mer- -reilleui: univers et des rapports de l'homme avec ce qui l'entoure, que celui qui a étudié le plus profondément et avec le plus de soin les annales humaines, et ignore celles de la nature.

1,0 langage delà craie n'est pas difficile à comprendre, et s'il s'agit seulement de saisir les grands traits de l'histoire qu'elle raconte, sa langue n'est pas à beaucoup près aussi dirScile que le latin. Je vous propose donc de nous mettre à l'œuvre, et je vais chercher à vous faire épeler cette histoire.

Nous savons tous qu'en faisant brûler la craie il en résulte de la chaux vive. La craie, en effet, est un composé de gaz acide carbonique et de chaux, ■et quand vous portez celle substance à une trèshaute température, l'acide carbonique s'échappe et la chaux reste.

Par cette façon de procéder nous voyons la chaux, mais nous ne voyons pas l'acide carbonique. Si, d'autre part, on réduit en poudre un peu de craie, et si on verse cette poudre dans une certaine quantité de vinaigre bien fort, il se produira un grand bouillonnement, puis le liquide s'éclaircira et la craie y aura disparu. Ici vous voyez l'acide carbonique par le bouillonnement; la chaux dissoute daus le vinaigre n'est plus visible. Il y a bien d'autres manières de faire voir que la craie se compose essentiellement des deux substances, acide -carbonique et cbaux vive. Les chimistes énoncent , le résultat des expériences qu'ils font pour le prou-

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