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ET DES TYPES PERSISTANTS DE U VIE. til
fois engloutie au fond des mers, aura surgi de nouveau, un géologue applique ceUe doctrine en comparant tes couches mises à sec par le souUvemenl au fond du canal de Saint-George, par exemple, avec ce qui restera du Crag de SufTolk. En raisonnant ainsi il pourra afllrmer tout d'abord que le Crag de SulTolk et les coucbes du canal de Saint- George sont des formations contemporaines, et nous savons cependant qu'il y a entre elles une période de temps énorme, même au sens géologique, et des changements physiques pour ainsi dire sans précédents par leur étendue.
Mais si l'on peut démontrer que des couches relalivement voisines et contenant un pour-cent de plus de soixante ou soixante-dix espèces mollusques en commun, peuvent cependant être séparées par une étendue de temps géologique assez grande pour permettre les plus grands changements physiques dont le monde ait été témoin, que devient alors ce genre de conlemporanéité qui se montre seulement par une similitude d'aspect ou par l'identité d'une demi-douzaine d'espèces, ou encore par celle d'un plusgrand nombre de genres.
Et pourtant, tous ceux qui adoptent les hypothèses d'une faune et d'une flore universelles, d'un climat général uniforme et d'un refroidissement sensible du globe ne peuvent établir sur de meilleures preuves la contemporanëilÉ qu'ils postulent.
On est donc réduit, semble-t-il, h admettre que ni la géologie physique, ni la paléontologie ne pos^
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2D8 DE LA CONTSHPORANËITÉ GEOLOGIQUE
sèdent une mélhode à l'aide de laquelle on puisse démontrer le synchronisme absolu dedeux couches. Tout c^que la géologie peut démontrer, c'est l'ordre local de succession. 11 est mathématiquement certain qu'en observant, sur une ligne verticale, U section d'une série de dépALa sédimentaires qui n'ont pas encore été remués, les couches inférieures sont les plus anciennes. Dans une autre section verticale de la même série, des couches correspondantes se présenteront nécessairement dans le même ordre de haut en bas, mais, malgré toutes les probabilités Tavorables, personne ne peut dire avec une certitude absolue que les couches de ces deux sections se sont déposées simultanément. S'il s'agit de petites étendues, il ne peutrésuller assurément rien de fâcheux en pratique, quand on aflirme que descoucùds correspondantes sont synchrones ou strictement contemporaines; il y a de plus une foule de considérations accessoires pour justiRer amplement l'hypothèse de ce synchronisme. Mais dès que le géologue s'occupe de grandes étendues, de dépôts complètement séparés, s'il confond, sous le même nom de contemporanéité, Vhomotaxis, celte similarité d'arrangement dont on peut donner les preuves, avec le synchronisme ou identité de date que ion ne peut étayer d'aucune raison valable, il en résulte les conséquences les plus fâcheuses, et cette confusionsera l'origine constante d'interprétations toutes gratuites.
La géologie, lu paléontologie ne sauraient établir
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qu'une faune, qu'une flore Dévoniennes necoln- ' ddaient pas dans les lies Britanuiques avec la vie Siiuriennedans l'Amérique du Nord, avec la faune et la flore de l'époque carbonifère en Afrique. A l'époque paléozolque il yavait peut-6lre des provinces e^ des zones géographiques aussi tranchées qu^elles le sont actuellement, et ces productions, soudaines en apparence, d'espèces et de genres nouveaux que nous rapportons à de nouvelles créations, peuvent être tout simplement le résultat de migrations.
Il peut en être ainsi, il peut en être autrement. Dans l'état actuel de nos connaissances et de nos méthodes, nous devons opposer à toutes les hypothèses grandioses qu'établit le paléontologiste pour expliquer la succession des manifestations vitales sur la terre, une conclusion constante: Tout cela n'est pas démontré, tout cela n'est pas démontrable. L'ordre et la nature de la vie sur la terre sont, dans leur ensemble, des questions pendantes. Au point de vue topographique la géologie nous fournit aujourd'hui des renseignements de la plus grande valeur, mais elle ne peut les synthétiser pour en faire l'histoire universelle du globe. Cette histoire universelle est-elle donc impossible? Les problèmes majeurs, et les plus intéressants qui puissent se présenter au géologue sout-ils donc insolubles par leur nature même, et comme Tuntale, sommes-nous condamnés à ne pouvoir atteindre l'objet de nos désirs? Espérons lecuQtraire,caril n'est peut-être pas . impossible d'indiquer d'où nous viendra le secours.
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900 DE LA. GONTEMPORANËtTÉ GÉOLOGIQUE
Kn débutant, je vous ai signalé les grands services rendus au naturaliste, parle paléontologiste et le géologue. Il Tiendra un temps assurément où ces services seront payés au centuple. Le naturaliste nous Tournira le fll conduclcur qui nous sauvera de ce dédale de l'histoire ancienne du monde, où sont actuellement perdus le géologue et le paléontologiste qui n'ont d'autre guide pour s'en tirer que leur science pure.
Tous ceux qui ont autorité pour se prononcer sur ce sujet s'accordent aujourd'hui à reconnaître que les nombreuses variétés des formes animales el végétales ne sont pas le résultat du hasard, ni des effets capricieuK d'un pouvoir créateur, mais qu'ils se sont produits selon un ordre défini ; les hommes de science appellent loi naturelle la formule qui exprime cet ordre. Que cette loi soit l'expression du mode d'opération des forces naturelles, ou une simple mani&re d'indiquer de quelle façon une puis- sauce surnaturelle a cru devoir agir, c'est \h une question secoudaire, pourvu que l'on admette l'eiistence de la loi et la possibilité de sa découverte par l'intelligence humaine. Mais ce serait un philosophe de peu de cœur que celui qui croirait à cette possibilité, et, après avoir observé les progrès gigantesques des sciences physiologiques pendant les vingt derniëres années, douterait que la science ne par- j vtiit tfit ou tard à faire ce dernier pas qui la mettra | en possession de la loi d'évolution des formes organiques, de l'ordre invariable de ce grand cncbnîne-
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ment de causes et d'effets, dont toutes les formes organiques anciennes et modernes sont les'clminons. El si jamais nous devons être à même de discuter avec profit les questions relatives aux origines de la vie et à la nature des populations successives du globe, que quelques-uns considèrent déjb comme résolues, c'est alors que nous pourrons commencer de le faire utilement.
Je ne prétends pas que les arguments précédents soient absolument nouveaux ; en effet, depuis trente ans ils ont été présents & l'esprit des géologues d'une façon plus ou moins distincte, et si j'ai cru devoir leur donner aujourd'hui une forme plus précise et plus systématique, o'est que la paléontologie prend chaque jour une plus grande impor* tance, et doit reposer maintenant sur une base bien établie. Parmi ses conceptions fondamentales elle ne doit pas confondre co qui est certain et ce qui est plus ou moins probable (<]. Mais en attendant l'établissement de fondations plus solides que celles sur lesquelles repose en ce moment la paléontologie, il peut 6tre instructif, en admettant même pour l'occasion que l'hypothèse de la cantemporanéité géologique, telle qu'on la comprend généralement, soit vraie dans son ensemble, de rechercher si les conclusions habituellement déduites de l'ensemble des faits paléontologiques sont justifiables.
L'évidence sur laquelle ces conclusions reposent,
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302 DE LA CONTEMPORA.NËITÉ GÉOLOGIQUE
est négative, ou d'autre part elle est positive. Je laisse de xôléce qui a Irait à l'évidence négative pour m'étendre de préférence sur celle que nous Tournissent les faits positifs de ta paléontologie. Voyons donc ce que ces faits nous enseignent.
Nous avons tous l'habitude de parler du grand nombre et de l'étendue des changements opérés dans la population vivante du globe, pendant les temps géologiques, comme d'une chose énorme. Ces changements sont énormes, eu effet, si nous envisageons les différences négatives qui séparent les roches' les plus anciennes des roches modernes, et si nous considérons comme de grands changements ceux qui se produisent dans le genre et dans l'espèce. Ces derniers sont considérables à un certain point de vue assurément, mais si on laisse de c6té les différences négatives pour ne tenir compte que des données positives fournies par le monde fossile, alors, à un point de vue plus élevé, celui de l'auatomie comparée, l'élude des modilîcatioQS majeures de la forme animale, une surprise d'un autre genre vient se présenter ù l'esprit, et sous cet aspect nouveau la petitesse du changement total devient aussi étonnante que ce changement était d'abord frappant par sa grandeur.
Les ordres connus des plantes sont au nombre de deux cents, et pas un de ces ordres n'existe, que l'on sache, exclusivement à l'état fossile. Toute l'étendue des temps géologiques n'a pas encore fourni .
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au monde végétal un seul type d'ordre nouveau (1). Quand on compare le monde animal récent h V ancien, on se trouve en présence d'un changement réel plus grand, mais singuliëremeuL restreint cependant. Aucun animal fossile ne se différencie des animaux actuels au point de néccs^iitar pour lui une classe différente de celles qui sufflsenl à grouper les formes existantes. 11 faut descendre aux ordres que l'on peut évaluer approximativement au cbiUre de 130, avant de rencontrer des animaux fossiles assez dilTérents de ceux qui existent maintenant pour qu'il y ait lieu de faire pour eux des ordres distincts, et au plus, il n'y a pas lieu d'en établir plus de treize ou quatorze.
Parmi les protozoaires on ne saurait montrer la disparition d'aucun ordre ; parmi les cœlentérés [Cceleiilerala) un ordre a disparu : celui des coraux rugueux; il n'en manque pas parmi les mollusques; parmi les échinodernes il en manque trois: les Cystidés, les Blastoïdéa et les lidrioastérides, et deux chez les Crustacés, les Trilobiles et les Euryptëres soit cinq en tout pour le gnmd embranchement des annelés. Dans l'embranchement des vertébrés aucun poisson fossile ne nécessite l'établissement d'un ordre nouveau; un seul ordre d'amphibies a disparu, celui des Labyrinthodonles, mais parmi les reptiles il en manque au moins quatre ; les Iclhyosaures, les
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304 DE LA CONTEHPORANfiIT£ GÉOLOGIQUE
Plésiosaures, les Ptérodactyles, les Dinosaures et peut-être un ou deux autres ordres. Chez les oiseaux aucun ordre n'a disparu, et l'on ne peut établir (]u'il en soit anlrement pour les mammirères, car il est douteux que l'ordre des To:iodonles présente des différences de caractère qui surHsentà en faire un ordre à part.
Il se présente Ici une objection évidente : On dira, qu'en somme, des afllrmalioas si générales reposent en majeure partie sur des preuves négatives, mais cette objection a moins de valeur qu'on ne serait porté à le supposer à première vue. En effet, comme on pouvait s'y attendre d'après les circonstances spéciales, nous retrouvons les mollusques marins et les poissons en plus grande abondance que toutes les autres Tormes de la vie animale; ils ne nous offrent cependant, dans toute l'éLendue des temps géologiques, aucune espèce nécessitant l'établissement d'un ordre distinct de ceux qui réunissent les espèces actuelles, et cependant la classe bien moins nombreuse des Echiaodermes nous en préseale trois, les crustacés deux, bien qu'aucun de ces ordres ne subsiste après l'époque paléozoïque. En dernier lieu les reptiles nous présentent ce fait exceptionnel et extraordinaire : Si l'on compare les ordres disparus aux ordres subsistant actuellement, on trouve que le nombre des premiers est égal A celui des seconds, s'il ne lui est pas supérieur, les ordres éteints indiqués précédemment ajant existé depuis le Lias jusqu'à la craie inclusivement.
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11 y a quelques années un de vos secrétaires indiquait un aulre genre d'évidence paléoalologique positive tendant à la même conclusion, en ce qu'il appelait les lypes persàtants de la vie animale et végétale (1 ). I^n s'appuyant sur l'autorité du docteur Hooker, il disait que certaines plantes de l'époque de la bouille semblent être du même genre que certaines plantes actuelles. Ainsi il ne serait guère possible de distinguer le cAne de l'Araucaria oolithique de celui d'une espèce actuelle ; on trouve dans les terrains dePurbeck un véritable pin, un noyer dans la craie, et dans les sables de fiagshot, une Banksie dont le bois ne peut se différencier de celui d'une espèce existant actuellement en Australie.
Envisageant le monde animal, il alfirmait que les Madréporaires tabulés (2) des roches silurienues ressemblaient singulièrement à ceux de notre époque, tandis queles-fatnilles des Madréporaires apores(3) étaient toutes représ^itées dans les roches Mésoxolques.
De semblables faits étaient indiqués dans la classe des mollusques. Remarquez que les genres Avicula, MylUus, Cliiton, Natica, Patella, Troc/lus, IHscina, Oriicuia, Lingula, Rhyrtekonella et Nautile, qui existent tous actuellement, sont tous donnés comme genres
(1) Voir les extraits d'une conférence : sur les lypes persis- . tanù de la vie animale, in Nalices of Ihe MeetiaQS oftke Royal Jmtitulion of Greal Brilaia, Jiine 3. Ifiâ», vol. DI, p.lbl.
(î) Voyei Miliie-Edwsrds et Haime, Hiil. naturelle des coralliaires, t. in, p. 333, (î) Voyei Hilne-Edwirda et Htime, I. II. p. 6.
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siluriens avérés dans la dernière édilion de la faune silurienne (I) de Sir R. Murchison, tandis que les formes les plus développées des Céphalopodes supérieurs sont représentés dans le Lias par le genre Bekmnoteutkis extrêmement voisin des Calmars actuels.
Les deux groupes supérieurs des annelés, les insectes et les arachnides sont réprésentés dans les houilles, soit par des genres actuels, soit par des formes ne différant de ceux-ci qu'en des particularités de fort minime importance.
Chez les vertébrés le seul poisson Ëlasmobranche paléozotque dont nous ayons une connaissance complète est le Pleuracanthus des terrains Dévoniens et houillers, qui ne diffère pas plus de nos requins que ceux-ci ne différent entre eux.
De même, bien que le nombre des poissons fossiles certainement Ganoïdes soit fort grand, et qu'ils aient duré pondant un temps énorme, on a réuni récemment des preuves nombreuses pour faire voir que tous ceux que nous connaissons sufllsamment appartiennent aux mêmes groupes sous-ordinaui que le Lepidosteus, le Polypterus et l'Elsturgeon actuels; en outre, il y a une relation singulière entre les poissons plus anciens et les plus récents : les premiers, les Ganofdes Dévoniens, appartenant presque tous au même sous-ordre que le Polypterus, et les Ganoïdes Mésozoïques étant pour la plupart alliés de même au Lepidosteus (2).
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Kn outre, rien n'est plus remarquable que cette constance singulière de structure qui se maintient si longtemps dans la famille des Pycnodontes et dans celle des Cœlacanthes vrais ; la première dure depuis les terrains liouillers jusqu'aux ruches tertiaires inclusivement, et ne présente que des modiQcations insignifiantes; la seconde persiste avec des changements encore moindres depuis les roches carboniferas jusqu'à la craie inclusivement encore.
Parmi les reptiles, le groupe le plus élevé que nous ayons, celui des crocodiles, est représenté au début de l'époque Mésozoïque par des espèces dont les caractères organiques essentiels sont identiques à ceux des espèces actuelles ; de telle sorte que les espèces anciennes et les espèces modernes ne difTërent qu'en des points de détail, tels que la forme des faces articulaires des corps vertébraux, l'étendue de la voûte palatine osseuse, les proportions des membres.
Et même, en ce qui concerne les mammifères, les restes rares des espèces triassiques et oolithiques ne permettent pas de supposer que l'organisation des formes les plus anciennes différait de quelquesunes de celles qui existent actuellement, à beaucoup près autant que celles-ci diffèrent entre elles.
11 est inutile d'accumuler ces exemples; j'en ai dit assez pour justifier mon affirmation que si l'on tient
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compte de l'immense diversité des formes animales et végétales connues, de l'énorme laps de temps indiqué par l'accumulation des couches fossilifères, la seule chose dont il y ait Heu de s'étonner n'est pas rétendue, mais bien au contraire le peu d'importance des changements des formes de la vie, changements que nous révèle l'évidence directe.
Mais, quoi qu'il en soit, grands ou petits, il serait bon de chercher à les évaluer. Pour cela, prenons l'une après l'autre toutes les grandes divisions du monde animal, el quand nous pourrons démontrer qu'une famille ou qu'un ordre a subsisté longtemps, cherchons h reconnaître jusqu'à quel point les derniers représentants de ces groupes diffèrent des plus anciens. Si ces derniers représentants nous présentent toujours, ou même dans la plupart des cas, des modiBcations notables, ce fait prouvera d'autant en faveur d'une loi générale de changement, et la rapidité de ce changement pourra s'évaluer approsimativement par la somme des modifications reconnues. ■D'autre part, il ne faut pas oublier que si l'absence de modifications laisse sans preuves positives la doctrine d'une loi de changement, cela ne renverse pas toutes les formes de cette doctrine, tout en fournissant des éléments suffisant à la réfutation de quelques-unes d'entre elles,
Protiizoaires. — Les protozoaires sont représentés dans toute l'étendue des se ries géologiques, depuis les formalionsSiluriennesinférieuresjusqu'à l'époque actuelle. Les formes les plus anciennes qu'Ebrenberg a
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récemment décrites ressemblent extrêmement aux formes actuelles. Personne n'a jamais prétendu que les différences des foraminirëres anciens et modernes fussent autres que des différences de genre. Les foraminirères les plus anciens ne sont pas plus simples, plus embryonnaires et mieux différenciés que les nôtres.
Cœlentérés. — Les Madréporaires tabulés ont existé depuis l'époque Silurienne jusqu'au jour présent, mais les HéUolîtes anciens ne présentent en rien, que je sache, la marque d'un état plus embryonnaire et moins différencié, ou d'une organisation moins parfaite que les Héliopores modernes. Quant aux Madréporaires apores en quoi le Palœocyclus Silurien esl-il moins bien organisé et plus embryonnaire que la Fongie moderne ? et )a même remarque s'applique aux Madréporaires apores, du Lias comparés aux membres actuels de la même famille.
Mollusques. — Enquel sens la Waldlieimia actuelle est-elle moins embryonnaire ou douée de caractères spécifiques plus tranchés que les spirifères pali'ozoïques ; ou les genres aclaels Rkync/ionella, Crania, Diacina, Livgula, que les espèces Siluriennes des mêmes genres? En quoi les genres Loltgo, ou Spirtila sont-ils mieux spécialisés, moins embryonnaires quelesBélemnites; les espèces modernes desLamellibrancbes ou des différents genres de Gastéropodes, que les espèces Siluriennes des mêmes genres?
Annelés, — Les insectes et les arachnides de la
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houille ne sont pas moins spécialisés ni plus embryonnaires que les espèces vivantes, on peut en dire autant des Cirripèdes du Lias et des Macroures; en même temps plusieurs Brachyoures qui se montrent dans la craie appartiennent h des genres actuels, et aucun d'eux ne présente des caractères intermédiaires ou embryonnaires. .
Vertébrés. — Parmi les poissons j'ai indiqué les Cœlacantliinés (comprenant les genres Cœlacanthm, Bohpkagus, Undina et Macropoma) comme exemple de Lypes persistants; et le peu d'importance des modifications qu'ils présentent, portant au plus sur les proportions du corps et des nageoires, les caractères et la forme des écailles, pendant une énorme étendue de temps, est un fait bien remarquable. Dans toutes les particularités essentielles de sa structure si singulière, le Macropoma de la craie est semblable au Cœlacantkus de k bouille. Remarquez encore le genre Lepidotus qui persiste sans modiScation notable depuis le Lias jusqu'aux terrains Eocènes inclusivement.
Et parmi les Téléoatés (I) en quoi le Berijx de la craie serait-il plus embryonnaire ou moins différencié que le Beryx lineatus que l'on trouve à l'ouest de l'Australie, dans le détroit du Roi George?
(1) Teleostei (do te^iio;, parrait, ôitteov, os), nom donné par Mallcr aux (loUsons dont le squelette est complète me ni ossifié. — Les TiUostés comprennent les OsaéoptéTygieas ûe Cuvier avec les di;ui petits ordres des LophohraHchet et des PUctagnatkes, ou, suivant la nomenclature d'Agassiz, les Clénoidet et les Cyclofdea.
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Ou pour parler des vertébrés supérieurs, en quoi les Gbéloiiiens du Lias sont ils inrérieurs à ceux qui existent maintenant? Les Ichtbyosaures, les Plésiosaures, les Ptérodactyles de l'époque crétacée apparliéunent-ils i^ des cspËces moins embryonnaires et mieux différenciées que ceux du Lias?
Kl enlin, sur quoi se fondera-t-Oji pour dire que le Pkascololkerium est plus embryonnaire, d'un type plus généralisé, que la sarigue moderne ou un Zo> phiodan, un Patœotherium que le Tapir ou le Daman de noire époque?
On pourrait mulliplîer ces exemples pour ainsi dire indéfiniment, mais ils sufOront sans doute à démonlrerquelespreuves positives, seul témoignage certain et indiscutable sur lequel nous puissions compter, sont insuTOsantes à établir une modidcalion progressive quelconque des animaux vers un type moins embryonnaire, moins généralisé, dans un grand nombre de groupes d'une longue durée géologique.
Dans ces groupes, de nombreuses varialioas se manifestent d'une façon fort évidente, la progression comme ou l'entend généralement ne se révèle nulle part, et si ce que la géologie nous enseigne du passé de ce monde doit être considéré comme un fragment fort considérable de son histoire, on ne conçoit pas qu'il soit possible d'établir une théorie d'un développement progressif nécessaire, car les familles et les ordres nombreux que je viens d'indiquer n'en présentent pas la moindre trace.
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