‹ Les sciences naturelles et les problèmes qu'elles font surgir;Chapitre 7 sur 44 · L..an:a(,GO0gk · texte numérisé non relu

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OB L'gDUCATlON LIBÉRALE.

parée venait à voir les produits de mes élèves, il branlerait la t6le en souriant. Ce n'est pas ce petit accident, sans doute, qui viendrait donner tort à ma comparaison. Que diraient Horace ou Cicéron, croyez-vous, si on leur présentait les productions des meilleurs élèves de nos classes? Si Térence pouvait assister à la représentation d'une de ses comédies par les élèves de nos grandes écoles, il se sauverait en se boucbant les oreilles, je me figure. Une troupe de comédiens français qui voudraient jouer Hamiet en anglais, tout en prononçant notre langue à la façon de la leur, ne serait pas plus affreusement ridicule.

Mais on va dire que j'oublie les beautés et l'intérftt qui, pour tout homme, se rattachent aux études classiques. Je répondrai h cela que, pour goûter les charmes du paysage en gravissant, par un sentier difficile, une coiline escarpée, il faut être singulièrement robuste. Dans de semblables circonstances les cailloux, les ornières nous rebutent, nous avons l'haleine courte, et nous sentons si bien qu'il est bon de se contenter de peu, qu'il est sage de se reposer, que notre sentiment du beau y succombe le plus souvent. C'est précisément le cas de l'écolier ordinaire. Le Parnasse est pour lui atTreusement escarpé et, tant qu'il ne sera pas arrivé au sommet, il n'a ni le temps ni l'envie de se détourner pour promener les yeuz autour de lui. Et, neuf fois sur dix, il n'arrive pas jusqu'à la cime de ce mont.

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D'après les renseigoements que j'ai pu recueillir près de ceus dont l'autorité est compétente en cette matière, tels seraient les résultais de la meil-. leure éducation classique donnée en ce pays. Hais qu'en sera-t-il alors de l'éducation classique du degré inférieur, celle qui se donne dans les écoles de second ordre? Je vais vous le dire : cette éducation-là consiste k apprendre par cœur des formules et des règles interminables. La version grecque et lalîne n'a ici d'autre but que de mettre l'enfant à même de traduire, sans que l'on tienne compte jamais de la valeur ou de l'inrériorité de l'auteur dont on s'occupe. Les enfants y apprennent bon nombre d'antiques légendes qui ne sont pas toujours fort décentes; elles sont pour eux sans valeur, car le sens qu'elles avaient autrefois ne leur est pas dévoilé, et voici la seule impression qu'elles puissent Taire sur leur esprit: c'est que les peuples qui ont pu croire cela devaient être les plus grands idiots de la terre. En fin de compte, après une douzaine d'années passées à ce genre de travail, celui qui a subi cette lourde discipline ne sera pas capable de comprendre un passage d'un auteur qu'il n'aura pas expliqué déjà; la vue d'un livre grec ou latin le fera bAiller d'ennui, jamais plus il n'en ouvrira un, jamais plus il n'y pensera jusqu'à ce que... chose étrange, il veuille à toute force soumettre ses enfants aux mêmes procédés d'éducation.

0 Israël, voilà tes dieux ! En Angleterre, pour

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salisfaire aux usages du monde, pour honorer ce fétiche que nous appelons * respectabilité a et pour ■ arriver au beau résultat que je viens d'indiquer, le père de famille refuse à ses enfants les connaissances qui pourraient leur être utiles, non pas seulement pour les mettre à môme de réussir dans le sens le plus grossier du mot, mais pour s'en faire des jalons dans les grandes crises de la vie. Voilà la pierre qu'il présente aux siens, au lieu du pain que les liens les plus sacrés et les plus tendres lui faisaient un devoir de leur donner.

Si l'éducation primaire et l'éducation secondaire sont dans cet état peu satisfaisant, que pouvonsnous dire au sujet des universités I Ce sujet, je l'avoue, m'inspire une cerlaine terreur, et je redoute d'y porter une main profane ; mais je puis vous dire ce qu'en pensent ceux qui ont autorité pour en parler.

Le recteur du collège Lincoln nous dit , dans un ouvrage récent (1) :

a Les collèges annexés à nos universités furent a fondés à l'aide de dotations qui n'avaient pas pour « but de subvenir à l'enseignement des éléments « d'une éducation libérale générale ; les collèges u avaient été institués pour des hommes d'un âge « mûr, qui devaient y poursuivre des études spé- • ciales et professionnelles dans les difl'érentes fa-

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i' cultes. Les universités répondaient à l'un et à « l'autre bul. Si les collèges prenaient incidemment « une petite part à l'éducalion élémentaire, ils « n'étaient fondés cependant iju'en vue des plus (( hautes études.»

« Telle était la théorie de runlTersilé au moyen « Age, et le but de la fondation des collèges à leur « origine. Le temps et'les circonstances ont amené « un revirement total. Les collèges ne font plus, K prospérer les rechercbes scientifiques, ils ne diri- « gent plus les études professionnelles. On trouvera «par ci par iâ, à l'ombre de leurs murs, quelques « hommes d'étude, mais pas en plus grand nombre I' qu'on n'en rencontrerait dans la vie privée. Nos « universités n'ont plus d'autre but aujourd'hui que • de donner une instruction élémenlaire à des «jeunes gens &gés de moins de vingt ans, et les dou talions des collèges ne servent pas à autre chose. « Autrefois les collèges étaient un asile assuré pour <i ceux qui voulaient passer leur vie à cultiver les II connaissances les plus hautes et les plus ab- « slraites. Aujourd'hui ce sont des pensionnats oh a l'on enseigne aux jeunes gens les éléments des ti langues savantes. »

Si la haute posiiion de M. Patlison, si l'amour et le respect bien connus qu'il porte h l'université à laquelle il appartient, ne suffisent pas à convaincre le monde extérieur que des paroles si sévères ne sont que justes, personne ne pourra récuser l'aulorilé des commissaires chargés de faire

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«g IIE L'ÉDUCATION LIBËRALE.

un rapport sur l'uDiversité d'Oxford en 1850. Je cile textuellement :

a Tout le monde reconnaît que l'université Il d'Oxford et notre pays en général souffrent beau- II coup du défaut d'un corps de savants qui passe- « raient leur vie à cultiver les sciences et à diriger <i l'éducation académique. »

H Le fait, que peu de livres de profonde recherche Il émanent de l'université d'Oxford, fait matérîel- « lement tort à sa réputation comme foyer scienLi- 0 ilque, et tend par conséquent à lui faire perdre « l'estime de notre nation. »

L'univer^lé de Cambridge n'est pas exempte des reproches que l'on adresse à Oxford. Nous en sommes donc réduits à reconnaître que ces universités-dont nous étions si fiers, ne sont que des pensionnats h l'usage des grands garçons ; que les savants n'y sont pas plus nombreux qu'ailleurs, que les membres associés (fellows) ont autre chose en vue que le progrès des connaissances, et qu'enfin dans leurs jardins verdoyants le calme favorable à la philosophie, la tranquillité qui porte à la méditation, ne font pas prospérer la philosophie et ne rendent pas la méditation fructueuse.

J'ai le bonheur de compter pour amis des membres résidents de chacune des universités, cultivant la science avec zèle et conservant sans cesse devant les yeux le noble idéal d'une université, qu'ils cherchent à réaliser de leur mieux. Pour moi, ces hommes-là seraient forcéçaent les types d'après

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lesquels je jugerais les universités, si les citations que je viens de Taire ne m'entraînaient à croire qu'ils sont exceptionnels, et ne représentent pas l'espril de ces institutions. Bien plus, en con* sidérant tout cela avec calme, certaines circons* tances me portent à croire que le recteur du collège Lincoln et que les commissaires ne se trompent guère.

Personne ne peut nier, je pense, qu'un étranger qui voudrait se rendre compte de l'activité scienti- Bque et littéraire de l'Anglelerre moderne, perdrait sa peine et son temps s'il allait visiter nos universités dans ce seul but.

Quant aux œuvres de recherches prorondes sur un sujet quelconque, et surtout quant à, celles qui sont du domaine classique auquel les universités font profession de tout sacrifier, il est bien certain qu'une petite université allemande de troisième ordre produit plus en ce genre chaque année, malgré sa détresse financière, que ne produisent en dix ans nos institutions universitaires si vastes et si riches.

Demandez à un homme cbercbant à élucidera fond une question, qu'il s'agisse d'histoire, de philosophie, de philologie, de physique, de littérature ou de théologie, un homme qui cherche à se rendre , maitre d'un sujet abstrait (pourvu qu'il ne s'agisse pas d'économie politique ou de géologie, car cç sont deux sciences que nous avons spécialement cultivées), s'il ne devra pas lire six fois autant de

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livres allemands que de livres anglais. Et parmi ces livres anglais, sur dis, il n'y en aura peul-ôtre pas plus d'un sortant de la plume d'un membre associé des collèges ou d'un professeur d'une université anglaise.

Ceci proviendrait-il de ce que l'espril anglais n'aurait pas la môme puissance que l'esprit allemand? Les concitoyens de Grote, de Mill, de Faraday, de Robert Brown, de Lyell et de Darwin, pour nous en tenir à nos contemporains, ont droit de hausser les épaules devant une semblable allégation. L'Angleterre peut montrer aujourd'hui, comme elle l'a pu toujours, depuis que la civilisalion s'est répandue en Occident, des hommes qui marchent i& pair avec les plus grands du monde entier, et qui ne laisseront pas oublier la vieille reliommée de sa valeur intellectuelle.

Mais le plus souvent nos hommes distingués sont ce qu'ilssout, en vertu de leurforceinlellectuelle native, en vertu d'une énergie de caractère que les obstacles ne rebutent pas. lis n'ont pas été élevés sous les portiques du temple de la science ; tout au contraire ils assiègent cet édiBce de cent façons irrégulières, et perdent bien du temps, bien des efforts, pour y conquérir la place à laquelle ils ont droit.

Ainsi donc, nos universités n'encouragent pas de tels hommes ; elles ne leur offrent pas des positions dans lesquelles ils auraient pour devoir capital de parfaire ce qu'ils sont le [plus capables de faire; puis, autant que possible, l'éducation des univer-

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silés chasse de l'esprit de ceux qui s'y rattachent, ou qui y appartiennent, la pensée qu'il peut y avoir au inonde une chose pour laquelle ils seraient tout spécialement propres. Je viens de vous citer quelques grands hommes nos concitoyens ; croyez-vous que si on leur avait proposé de passer leur vie à étudier la mimique du rhythme d'un chant grec ou l'harmonie de la belle prose de Cicéron, cela eût été pour eux un aliment intellectuel capable 4fi les satisfaire? On ne réussirait pas, sans doute, à persuader & de tels hommes qu'une éducation qui ne pourrait aboutir qu'à la perfection en ces petites élégances mérite seule le nom de culture, et qu'il ne faut pas s'inquiéter des faits historiques, des procédés de la pensée, des conditions de la vie morale ou sociale et des lois de la nature physique, toutes choses qu'on peut abandonner aux profanes sans titres universitaires.

Ce n'est pas ainsi que les universités allemandes, ignorées comme elles méritaient de l'être il y a un siècle, sont devenues ce qu'elles sont aujourd'hui : les associations intellectuelies les plus productives que l'on ait jamais vues, les plus grands foyers d'activité de la pensée humaine.

L'étudiant qui s'y rend trouve, dans le programme des cours et dans la liste des p'roTesseurs, un bon tableau du monde de la science. Quelle que soit la chose qu'il désire étudier, il y trouve quelqu'un prêt à la lui enseigner et à lui montrer de quelle façon il faut l'étudier ; quelle que soit U tournure

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Spéciale de son esprit, s'il est capable et diligent, des honneurs et une carrière lui sont assurés. Parmi ses proresseurs il trouve des hommes dont le nom est connu et révéré dans toute l'étendue du monde civilisé, et leur exemple lui inspire une noble ambition et l'amonr de l'eSprit du travail.

C'est en vertu du secret bien simple, à l'aide duquel Napoléon se rendit maître de la vieille Europe, que les Allemands dominent aujourd'hui le monde intellectuel. Ils ont déclaré ia carrière ouverte aux talents, et tout étudiant porte dans son sac sa toge de professeur. Qu'il devienne savant en fait de littérature ou de science proprement dite, et les ministres brigueront ses services. En Allemagne on n'abandonne pas les chances que peut avoir un homme de mérite d'occuper un poste qu'il illustrerait, aux hasards favorables des brigues universitaires, non plus qu'à une bande d'ecclésiastiques campagnards jugeant en dernier ressort.

Bref, en Allemagne les universités sont eiactement ce que les nôtres ne sont pas, d'après le recteur du'coUége Lincoln et les commissaires, c'est-àdire que ces universités sont des corporations de savants dévouant toute leur vie à la culture de la science et à la direction de l'éducalion académique. Ce ne sont pas de's pensionnats de jeunes gens, ce ne sont pas des séminaires, ce sont des institutions ayant en vue les progrès que l'humaaité doit faire au moyen des plus hautes études ; la faculté de théologie n'y est pas plus importante ni plus en

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relief que toute autre; ce sont vraiment des universités parce qu'elles cherchent à représenter l'universalité des connaissaDces humaines, à leur donner corps et à assurer une place à toutes les formes de l'activité intellectuelle.

Puissent les nobles efforts de réformateurs intelligents et pleins de zèle, dugenre de M. Pattison, réussir à façonner nos universités d'après un semblable idéal, tout en leur conservant ce qu'elles ont de distinctif et de bon dans leur ton social. Mais, tant qu'ils n'auront pas obtenu ce bon résultat, ce n'est pas à Oxford ou à Cambridge ni dansnos grandes écoles publiques, que l'on pourra se procurer une -éducation libérale.

Si l'idéal que je conçois d'une éducation libérale «st juste, et si ce que j'ai dit au sujet des institutions scolaires actuelles de ce pays est également vrai, il est clair que ces deux choses ne s'accordent nullement.

Les meilleures de nos écoles et tous les cours de nos universités ne peuvent procurer qu'une éducation incomplète, boiteuse et essentiellement antilibérale, tandis que l'éducation denos plus mauvaises écoles est à peu près nulle. La réunion d'ouvriers dont je vous parlais en commençant ne serait pas à même de copier aucune de ces institutions quand même elle désirerait le faire; mais si, le pouvant, elle y cherchait ses modèles, elle aurait Je plus grand tort, je le proclame hardiment. En effet, il nous faut aujourd'hui une éducation

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libérale bien réelle, et non des mots et des simulacres ; c'est cette éducation que la réunion doit avoir l'ambition d'arrivfci; à donner tôt ou tard. Nous ne faisons que commencer, nous préparons nos instruments pour ainsi dire, et, à part quelques connaissances élémentaires en physique, nous ne pouvons donner que ce que l'on trouve déjà dans les écoles ordinaires.

Pour établir nn cours de science morale et sociale, un àei plus importants, des plus utiles que nous puissions ouvrir plus tard, il ne nous manquequ'une cbose, c'est le professeur. Le desideratum est des plus importants, je l'avoue, mais il faut se rappeler que mieux vaut manquer du professeur que du désir d'apprendre.

Nous ne pouvons encore établir un cours de géographie physique; j'entends celle géographie générale que les Allemands appellent ■ Erdkunde >. C'est une description de la terre, l'étude de la place qu'elle occupe dans le système universel et de ses relations avec les autres corps célestes ; cette géographie embrasse la structure générale du globe et :^es traits les plus saillants : les vents, les marées, lesmontagnes, les plaines, et indique les principales formes des végétaux el des animaux ainsi que les variétés de l'homme. C'est autour de cette science que viennent se grouper les connaissances les plusutiles el les plus intéressantes.

Le programme des cours ne comporte pas la littérature, mais j'espère l'y voir plus lard. La littéra-

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ture est en effet la source principale des plaisirs délicats, et un des principaux résultats d'une éducation libérale est de nous mettre à même de goûter ces plaisirs. Les riches trésors de la littérature anglaise offrent un champ sufllsant au développement d'une éducation libérale. Pour cela, il suffit d'une bonne direction, ayant pour but de cultiver un goût délicat, en fixant l'attention des élèves sur une saine critique; il n'y a pas de raison d'ailleurs qui puisse empêcher nos élèves d'arriver à connaître le français et l'allemand assez pour lire avec plaisir et profit ce qui mérite d'éfre lu dans ces langues.

Et ânaiement, il nous faudra plus tard des cours d'histoire qui ne seront pas les récils de batailles et de dynasties successives, ni des séries de biographies ; l'histoire n'y sera pas traitée en vue de démontrer que la Providence a tonjours favorisé tel ou tel parti politique, mais de façon à faire voir !e développement de l'homme dans les temps passés et dans des conditions différentes des nâtres. Mais pour tout cela, nous ne voulons pas compter sur d'autres ressources que celles que le publie mettra à notre disposition. Si mes auditeurs prennent à coeur ce que je viens de dire au sujet de l'éducation libérale, ils désireront voir prospérer cette institution; de notre ctklé nous sommes prêts à nous mettre à l'œuvre, mais ici encore c'est la demande qui doit précéder Voffre.

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Dl L'IdUGATIQN SCUNTIIHIUI ; BÉIINIKKKK D'CN DISCOURS APRÈS DINOt.

En parlant des discours que l'on -esl parfois invita i faire après un dîner d'apparat, M. Thackeray se lamente de ce que l'on oublie toujours au moment opportun toutes les belles choses auxquelles on pensait en se rendant A la réunion. Je ne sais s'il jB.de belles choses dans les pages suivantes ; quoi qu'il en soit, c'est à peu près comme on rassemble en. chemin ses pensées, pour dire quelque chose dans une assemblée d'amis, que ce discours fut compose et prononcé à la lable hospitalière de la Société philomathique de Liverpool.

Si j'avais eu à tous parler, il y a quelques années, de faire entrer rélémenl scientifique dans l'éducation générale de ce pays, j'aurais dû commencer mon discours en vous faisant valoir, en manîôre d'excuse, tous les avantages de la science. Mais à cet égard comme à tant d'autres, l'opinion publique s'est modifiée rapidement, dans ces derniers temps. Des comités des deux chambres se sont mis d'accord pour dire qu'il y avait quelque cbose à faire en ce sens, et ont même balbutié quelques avis timides

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sur ce qu'il fallait faire, tandis qu'à l'autre extrémité sociale, des comités d'ouvriers exprimaient leur conviction que pour faire progresser les leurs, comme bommes et comme ouvriers, l'instruction scientifique était absolument nécessaire. Il y a peu de jours j'avais à prendre part à la réception d'une députation d'ouvriers de Londres qui venaient demander à sir Roderick Murchison, directeur de l'École royale des mines, si l'organisation de cet établissement était telle qu'ils pussent en profiler pour s'y procurer l'instruction scientifique dont ils sentaient si bien la nécessité, ce qu'ils nous exposèrent en termes si clairs qu'il n'était pas possible de mieux l'exprimer.

Dans nos grandes univei'sités, les chefs de collèges, qui n'ont pas la réputation d'aimer beaucoup les innovations, ont cru à plusieurs reprises devoir réserver quelques récompenses, quelques distinctions, parmi toutes celtes qui sont à leur disposition, es faveur de ceux qui cultivent les sciences physiques. Bien plus, j'ai appris que dans certains collèges universitaires on a désigné un professeur, deux môme parfois, pour esposer aux étudiants les faits et les principes des sciences physiques. Et c'est plein de respect et de reconnaissance envers les éminents directeurs des écoles publiques d'Eton, de Harrbw et de Winchester, que je me plais à reconnattre qu'ils ont cherché à introduire, malgré les difficultés du problème, l'étude des sciences physiques dans ces grands établissements d'éducation, preuve

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de leur bon vouloir et de leur intelligence des nécessités qui s'imposeot; j'ai donc l'espoir que sous peu il se fera en ce sens des changements importants dans ces ancietines forteresses de la chose établie. De fait, les changements sont déjà effectués, et aujourd'hui ces sciences sont sur le programme des cours à Harrow et à Rugby, et j'ai appris encore qu'on se prépare activement à introduire ces études à Eton et ailleurs.

Ed présence de ces faits il estpeut-ôtre inutile de vous développer les raisons qui motivent l'introduction des sciences physiques dans l'éducation élémentaire; je crois pourtant qu'il y a lieu de vous soumettre quelques considérations qui n'ont guère attiré l'attention.

J'ai cherché ailleurs à établir les arguments supérieurs et abstraits qui démontrent que l'étude des sciences physiques est indispensable à l'éducation complète de l'esprit humain; mais si je me suis dévoué à des études plus ou moins abstraites et dont l'utilité pratique ne saute pas à tous les yeux, je ne voudrais pas vous donner à entendre que je suis indifférent & toute l'importance de la réussite matérielle dans la vie. C'est, dit-on, l'idéal suprême de nos concitoyens. Pour moi, c'est, en tout cas, une affaire fort importante. Ce n'est pas seulement en raison des résultats grossiers et tangibles du succès, que j'en fais cas; son importance provient, à mon avis, de ce que l'humanité est constituée de telle façon que, pour la plupart, nous ne serions

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