‹ Les sciences occultes en AsieChapitre 17 sur 39 · LES TOURANIENS EN CHALDÉE ET DANS L'ASIE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

LES TOURANIENS EN CHALDÉE ET DANS L'ASIE ANTÉRIEURE

La diversité des races d'hommes et des langages dans k Babylonie et la Chaldée est un fait qui a frappé tous les anciens. Dans l'intérieur de Babylone même^ il se parlait, au temps du dernier empire chaldéen, des langues différentes, qui souvent n'étaient pas comprises d'un quartier à l'autre (1). Aussi Eschyle (2) appelle-t-il les habitants de cette ville TrafXjutixros ox^oç, « foule mêlée de toutes les origines, d Et tous les édits des rois de Babylone rapportés dans le livre de Daniel (3) commencent par ces mots : c On vous fait savoir, peuples, tribus, langues... d Le vaste commerce de Babylone et de la Chaldée, soit par mer, soit par terre, ainsi que les transplantations de captifs en grandes masses, opérées par

(1) Quatremère, Mémoire géographique »ur la Bahyloniet p. SI .

(9) Pers., V. 51.

(3) m, 4; T, 19, n, 26; tii, 14.

les rois conquérants, tels que Nabuchodorossor, avaient dû beaucoup contribuer à cette variété dans le sang et dans la parole des habitants du pays. Des éléments étrangers, formant, comme les Juifs, de véritables colonies, avec leur religion, leurs lois civiles particulières et leur langage, étaient venus, à la suite des événements guerriers, se juxtaposer, sur le sol des provinces inférieures du Tigre et de l'Eupbrate, à la population primitive du pays et aux tribus araméennes, que les textes cunéiformes nous montrent déjà si développées dans la même contrée au viir siècle avant notre ère. Mais cette population elle-même était déjà mêlée, dès les temps les plus anciens auxquels on puisse faire remonter les souvenirs. La tradition babylonienne voyait, dans la réunion d'éléments ethniques différents en Chaldée et en Babylonie, un fait primordial. « Il y eut à Torigine à Babylone, disait Bérose en se faisant le rapporteur de ces traditions, une multitude d'hommes de diverses nations, qui avaient colonisé la Chaldée. d Les résultats du déchiffrement des inscriptions cunéiformes confirment le fait et attestent son extrême anti<][uité.

Aussi haut que nous reportent les plus anciens monuments parvenus jusqu'à nous, on distingue dans la population de la Chaldée et de la Babylonie deux éléments principaux, deux grandes nations, les Soumirs et les Accads (1). La masse principale des Accads est plus

(1) H. Rawlinson, Note on the §arly history of Bahylonia, danf le /•«rnal of the Royal Asiatic Society, t. XV; Oppert, Kxf édition en Métofoi»-

spécialement cantonnée dans les provinces méridionales, voisines du golfe Persique, dans la Chaldée proprement dite, à laquelle appartient d'une façon particulière, dains les inscriptions cunéiformes^ le nom d* Accad , entendu dans un sens géographique (1); la masse des Soumirs est au nord, dans la Babylonie, dans ce que la Bible nomme les plaines de Sennaar^ appellation qui, d'après les lois phonétiques de la langue accadienne, n'est qu'une variante de celle de Soumir (2). Mais la distinction géo* graphique de Soumir et d'Accad ne marque que la pré* dominônce de l'une ou de l'autre population au nord et au sud ; nous ne parvenons pas à les saisir à une époque où leurs domaines soient nettement tranchés. Dès les temps les plus anciens dont nous possédions des documents positifs, nous les voyons m^ées et enchevêtrées, bien que gardant chacune son langage distinct et son génie propre, sur toute la surface du pays qui s'étend des frontières d'Assyrie à la mer. Il y a seulement plus des premier^ que des seconds au nord, dans le pays de Sennaar, plus des seconds que des premiers au sud, dans le pays spé^ cîalement appelé d'Accad, et plus tard (à partir du ïx* siècle) de Kaldi,

Le dualisme que les monuments nous révèlent, sous les noms de Soumirs et d'Accads, était connu des Qrecs,eten particulier d'Hellanicus, sous les noms de Ohaldéens et

mte, t. Il, p. 335 ; Menant, Inscription» de Bammourahif p. 4Q ; et mou Commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose, p. 42 et suir.

(1) Voy. mes Études aeeadienneSf 1. 1, 3* fascicule, p. 07-71.

(2) Voj. mes Études accadiennes^ t. I, !•' fascicule, p. 37 et suîr.

de Céphènes (1) , et à ces deux noms se rattachaient pour eux des traditions, qui arrangeaient sous la forme de fables héroïques des souvenirs d'histoire très-réels. Pour les Hellènes, du reste, le nom de Céphènes, qui sert de pivot à tout un cycle particulier de récits, est synonyme d'Ethiopiens. Le souvenir recueilli par Hellanicus compte donc, comme Tun des deux éléments constitutifs de la population des pays arrosés par le cours inférieur de l'Euphrate et du Tigre, les fameux Ethiopiens ou Kouischites de la Babylonie, visés par tant de passages de Vantîquité classique, comme par les Livres saints (2). Au souvenir de ces Kouschites se relie dans la Bible le nom de Nemrod (3), à la fois nom de héros et désignation ethnique, comme toutes celles que renferme le même passage de la Genèse (4). La légende sémitique postérieure a donné au nom de Nemrod la signification de « rebelle » (de la racine marad) , d'après le caractère que tendait à y prendre de plus en plus la figure héroïque de ce personnage ; mais c'est là certainement une étymologie forgée après coup. L'appellation de Nemrod a dû avoir originairement un sens ethnique, et elle n'est peut-être pas sans rapport avec le nom de la très-antique ville de

(1) Steph. Byz., ▼• X«X5aîot.

(2} Oh. Leoormant, In(roduch'onA Vhistoire deVAtie occidentale, p, HO et 8uiy.; Movers, Die PhamiMier, U II, V partie, p. S69, 276, 284 et suiv. ; 2* partie, p. 104, 105 et 888; Knobel, Die Vœlkertafel der Gencsti, p. 251, 389 et suit. ; d'Eckatein, Athénmim /raiiçaû, 22 ayril, 22 mai et 19 août 1854.

(3) Gènes., z,8-12.

(4) Oppert, Compte» rendu» de la Société française de numismatique et d'archéologie, tome I*'.

Nipour OU Nipra, sur la limite de la Babylonie et de la Chaldée, ville que le Talmud de Babylone (l) nomme Nouffar et identifie avec la cité biblique de Chalneh.

L'autre élément de la population, dans le dualisme de Chaldéens et de Céphènes, les Chaldéens, sont qualifiés par Diodore de Sicile (2) , dans un passage fort exact sur leur discipline et leurs idées, comme ce les plus anciens des Babyloniens ». Hellanicus disait de même, suivant Etienne de Byzance, qu'il y avait déjà des Chaldéens avant le roi Céphée, c'est-à-dire avant les Céphènes. Pour Bérose, les rois qui succèdent immédiatement au déluge sont Chaldéens (3). Sans parler en termes aussi formels de l'existence de cette population, antérieure à ses Kouschites, la Bible l'admet implicitement, puisqu'elle place (( l'origine de Tempire i» de Nemrod, fils de Kousch, dans quatre villes existant avant lui (4). Et en ceci le livre sacré a suivi la même tradition populaire que l'épopée babylonienne à^Izduhar^ retrouvée par M. Smith sur les tablettes cunéiformes du Musée Britannique, puisque celle-ci attribue à son héros, qui a tant de traits communs avec le Nemrod biblique , la conquête à main armée des cités, chaldéennes sur une population antérieure (5). La Bible connaît d'ailleurs, dès une époque très-reculée , le nom des Chaldéens, sous la forme Chasdim .

(1) Traité Yoma, fol. 10 a.

(3) Ap, Syncell., p. 78 c; ap, Euseb., Chron. Armen., p. 17, éd. Mai.

(4) Gènes., z, 11.

(5) Voy. mes Premières Civilisations, t. II, p. 25.

Au temps d'Abraham, elle appelle la grande ville d'Our, aujourd'hui Mougheir, « Our des Chaldéens » (1), et antérieurement encore elle désigne la tribu sémitique d'où devaient sortir les Hébreux par le nom d'Arphaxad {areph-Chasd)^ ce limitrophe du Chaldéen y> (2). Dans les documents cunéiformes, Kaldi est une tribu de la grande nation d'Accad, qui devint tout à fait prépondérante dans les provinces du sud, à partir du ix"* siècle avant Jésus-Christ, mais existait certainement auparavant (3). Fkrconséquent, dans la tradition recueillie par HeUanicos et les autres écrivains grecs, le nom des Chaldéens tient la place de celui d'Ac^ad dans les traditions indigènes, d'où les Céphènes doivent être les Soumirs.

De même que nous trouvons deux pei^leSt aussi haut que nous remontions avec les monuments, nous avons deux langues, de deux familles différentes, Taccadien, dont je viens de montrer le caractère touranien, et l'idiome du groupe dit sémitique, auquel on a donné le nom à^assyrieuy parce qu'il était en usage dans l'Assyrie aussi bien qu'à Babylone et en Chaldée. Cette appellation d'assyrien étant désormais consacrée, il faut la conserver, bien que peu convenable, trop restreinte et ayant surtout Tinconvénient de désigner Tidiome par le nom du peuple le plus récent qui l'ait employée. Je crois avoir établi ailleurs, par des arguments décisifs, que la

(1) Gènes., xi, 2î et 31; xv, 7.

(9) Gènes., x, 22 et 24; xi, 10-18.

(3) Voj. mes Études aceadiennes, t. I, 3* fascicule, p. 69.

langue touranîenne était, pour les Assyriens et les Babyloniens de la belle époque, la langue d'Accad, et la langue sémitique celle de Soumir (1). Ceci donnée il semblerait peut-être plus exact de qualifier ce dernier idiome de sumérien^ d'autant plus que le nom de Soumir s'est étendu d'abord à l'Assyrie primitive et anté-assyrienne, si l'on peut ainsi parler. Mais, en présence de l'habitude prise , je craindï-ais de faire naître des confusions ^ en me servant d'une expression nouvelle (2). Je coa-tinuerai donc à employer le nom déjà reçu^ mais en

(1) Dans le 8« fascicule du tome I*' de mes Études aeeadienn$9^,

(2) Le noin de twnérien, appliqué à la langue sémitique de Babylone et de Ninive, aarait encore un autre inconvénient : c'est de prendre l'expreMion de Soumir dans un sens qui lui était certainement donné (je erois Tavoir établi dans mes Études aeoadiennes) par les rois d'As-* syrie, quand ils s'intitulaient « rois des Soumirs et des Accads », mais qui caractérise une application postérieure de ce nom. Je prends ici, dans mon texte, Soumir ei Accad comme une dualité ethnographique,^ correspondant aux deux races kouschito^sémitique et toaranienne, qui ont coexisté sur le sol des proyinces baignées par l'Euphrate et le Tigre; en e£fet, on ne peut guère douter que les Assyriens ne l'aient entendu ainsi. Seulement, à l'origine, il en était autrement ; Soumir et Accad ont eu d'abord le caractère de désignations purement géographiques, qui n'ont pris le caractère de désignation de races distinctes que par suite de la prédominance des Kouschito^Sémites dans le pays de Soumir ou Sennaar, et des Touraniens dans le pays d'Accad, à une époque déjà historique.

Sumer et Ahkad sont deux mots qui appartiennent également à la langue accadienne, à l'idiome touranien des plus antiques habitants de la Babylonie et de la Chaldée. Leur signification première se discerne très-nettement ; elle est purement topographique et a dû s'ap»pliquer d'abord à deux divisions de la même race, d'après leur lieu d'habitation. Le second veut dire « montagne »,afefeadt, « montagnards», ainsi que je l'ai montré ailleurs par sa traduction assyrienne {Etudes accadienneSt t. I, fasc. m, p. 73}; quant à sumeriy comme je puis en fournir la preuve^ ce sont < les gens du fleuve » ou c des fleuTes ». Il me semble donc que l'on peut restituer avec assez de vraisemblance, d'après ces remarques, l'histoire primitive des appellations de Soumir

faisant remarquer qu*à Babylone, et dans une partie de la Chaldée, on parlait assyrien bien des siècles avant qu'il fût question d'une nation des Assyriens, ce qui veut dire que le peuple d'Assur adopta plus tard la langue de Soumir. Les plus anciens rois d'Our dont nous possédions

etd'Accad, jusqu'au moment où elles apparaissent dans les inscriptions avec le sens d'une dualité ethnique et linguistique. A l'origine de son établissement dans le bassin de l'Euphrate et du Tigre, quand il en était encore seul occupant et que les Eouschito-Sémites n'avaient pas encore envahinne partie de son territoire, le rameau de la race de Touran, dont la langue est celle que nous appelons accadienne, se divisait en deux grandes tribus désignées, d'après leur situation réciproque, sous les noms de Soumir et d'Accad, les premiers sur les bords du Tigre, les seconds dans les montagnes de l'est et du nord (je reparle plus loin de cette demeure primitive des Accads). Plus tard, les Accads étant descendus de leurs montagnes dans les plaines méridionales de la Chaldée, les deux peuples de môme race gardèrent leurs anciens noms, bien qu'ils ne fussent plus d'accord avec leur situation géogra» phique nouvelle ; on eut ainsi les Soumirs au nord et les Accads au sud. Quand les tribus kouschito-sémitiques des Nemrodites ou CépHènes se furent établies à leur tour par la conquête, comme leur masse principale s'était fixée dans le pays de Sennaar ou des anciens Soumirs, ce nom de Soumirs passa graduellement des habitants primitifs du pays aux nouveaux colons, par lesquels ils avaient été supplantés. C'est alors que l'idiome touranien devint spécialemeni « la langue d'Accad ». Ajoutons que, plus tard encore, la signification du nomd'Accad éprouva un changement. L'élément kouschito-sémitique ayant graduellement supplanté l'élément touranien , môme dans les provinces les plus méridionales, la langue assyrienne ayant fini par devenir exclusivement en usage, -^ l'accadien n'étant plus qu'une langue morte et sacrée, — Accad fut pour les Assyriens, du x* au vix^ siècle, avant notre •ère, une désignation de la Cbaldée, purement géographique et d'un caractère général, n'impliquant plus aucune notion de race déterminée. ■ Voici maintenant un fait auquel je crois qu'on ne peut manquer d'attacher une importance de premier ordre. >lous venons de voir qu'à l'origine les Touraniens de la Mésopotamie, dont nous avons constaté la parenté spéciale avec les peuples ougro-finnois, se divisaient eux-mêmes en Sumeri eïAkkadi, riverains du fleuve et montagnards. Si nous nous reportons maintenant à l'admirable étude de Castrèn sur le berceau des tribus finnoises et leurs traditions à ce sujet {Ueher die UrtitM des finnisehen Volket, dans les Kleinere Schriften rassemblés par M. Schiefner; voy. Ujfalvy de Mezd-Kovesd, les Migrations d$s peuples

des textes épîgraphiques, rois qui peuvent disputer d'antiquité avec les constructeurs des pyramides d'Egypte, Doungi par exemple, faisaient en effet graver des inscriptions officielles en assyrien sémitique aussi bien qu'en accadien (1), quoique leurs noms propres attestent

et particulièrement celle des TouranienSf p. 96-103), nous y constaterons avec une certaine surprise que, dans les souvenirs légendaires des Finnois et des Tartares sur cette primitive patrie des nations ouralaltaïques^ la même division de la race en deux branches apparaît de nouveau, sous des noms presque semblables, que la philologie doit en rapprocher, Suomi et Akkarak, L'assimilation de Suornù et de Sumer a déjà été faite par un savant Finlandais, M. Koskinen (voy. Ujfalvj, leê Migrations, p. 108), et ne peut guère prêter au doute : Castrèn a depuis longtemps expliqué l'origine de Suomi par un mot antique signifiant «fleuve», mot perdu par le finnois et conservé par le lapon ; tel est aussi le sens que nous avons reconnu à Sumeri^ d'après la même racine, qui se retrouve en accadien. C^estla situation des ancêtres des Finnois au milieu des toundras du Jénisséi qui a donné naissance à leur nom de Suomi, comme l'habitation le long du Tigre a produit celui de Soumirs. Quant au rapprochement d'Akkad et d' Akkarak, je crois que je l'établirai philologiquement d'une manière solide dans la suite de mes Etudes àccadiennes ; c'est, du reste, Taccadien qui permettra seul de comprendre l'étymologie et la signification première du mot akkarah, inexpliqur^ jusqu'ici. Dans les contrées où les Finnois ont eu leur berceaUy les Akkaraks, dans les monts Sajans, se trouvaient, par rapport aux Suomis, établis le long du Jénisséi, dans la même situation que les Accads, dans les montagnes de la Susiane et du Kurdistan actuel, par rapport aux Soumirs occupant les bords du Tigre.

Ce qui achève de prouver la haute valeur de ces rapprochements onomastiques, c'est que les traditions finnoises placent dans le pays primitif et oriental de Suomi un canton de Kemif qui joue un rôle con- -sidérable dans leur mythologie, et dont le nom se retrouve dans celui de Kern, que certaines tribus tartares donnent au Jénisséi. Or^ nous trouvons, dans quelques textes de date antique et de langue accadienne, Kami comme synonyme de Sumeri (voy. mes Etudes accadienneSy 1. 1, fasc. 3, p. 91). C'est le seul équivalent vraiment ancien du nom des Soumîrs. Je l'ai cru d*abord idéographique, comme celui qui apparaît dans l'usage à l'époque des Assyriens ; mais je pense aujourd'hui qu'il faut le tenir pour purement phonétique, et comparer ce Kami au Kemi des légendes finnoises.

(1) Voy. mon travail sur les inscriptions de Doungi, dans la Revue 'archéologiquCf nouv. sér., t. XXV, p. 73;85.

leur origine accadienne et quils s'intitulent simplement ce rois de la contrée d'Accad )>, ungal kiengi Akkad. Longtemps après, vers Tan 2000 avant notre ère, quand Sargon r*" faisait compiler le grand ouvrage d'astrologie que nous étudierons dans un autre travail, il n'était pas encore question des Assyriens comme nation. Les rédacteurs du recueil astrologique ne connaissaient de ce côté que des tribus confuses, guUum (1), les goim de la Ge« nèse (2), au milieu desquelles s'élevait, comme un premier foyer de civilisation qui devait peu à peu conquérir ces tribus et les grouper en un seul tout, la ville d'Assur (l'Elassar de la Bible, Al-Assur), avec son culte du dieu appelé alors Ausar (3), le même qu'on nomma plus tard Assur ; et cette ville avait alors complètement le caractère d'une colonie babylonienne (1).

Mais ici se présente une question. Nous constatons identité de langage entre les Assyriens et la portion non touranienne des habitants de la Babylonie et de la

(1) Les tribus assyriennes demeurèrent fort tard dans la yie nomade. Nous en avons une preuve curieuse dans ce fait, que le mot qui en assyrien veut dire « ville *, et qui parait avoir été particulier à l' An- Syrie propre, était aZu, radicalement et étymologiquement identique à rhébreu ohél, « tente. » A Babylone, il semble qu'on se servait du mot êr, passé aussi dans l'hébreu avec le même sens, mot auquel on ne trouve pas d'étymologie sémitique naturelle, et qui est sans doute puisé dans Taccadien ur.

Page 1