‹ Les Scolies du manuscrit d'Aristophane à RavenneChapitre 14 sur 210 · XIV ‘ PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV ‘ PRÉFACE

On distingue dans le manuscrit deux mains principales : la première R{ ἃ écrit le texte entier d’Aristophane et les scolies du Plutus, des Nuées, des Grenouilles, des Oiseaux et de la Paix; la deuxième main R? a écrit les scolies des Chevaliers, de Lysistrata, des Acharniens, des Guépes, des Thesmophoriazusæ et des Ecclesiazusæ. Ces deux mains se distinguent au simple aspect de l'écriture; on peut indiquer, parmi les formes qui présentent le plus de différence, le K, ΤΎ, le Φ.

On remarque aussi que l’abréviation de ὅτι, très fréquente chez R!, est rare chez R?; en revanche celle de αν, fréquente chez R?, ne se trouve presque pas chez Β΄. À côté de ces deux mains principales, citons une main du treizième siècle RS et une autre du quinzième R#; mais la part que ces deux mains ont prise à la transcription des scolies est des plus faibles; c’est à peine si on trouvera ces deux mains mentionnées çà et là dans notre collation.

Nous avons dit que le texte d’Aristophane et les scolies des premières comédies étaient de la même main, celle que nous avons désignée par R!. M. Δ. von Velsen voit là deux mains différentes (1). Assurément l'opinion d’un homme qui a fait du manuscrit une étude si complète et si approfondie est d’un poids considérable. Une chose peut faire illusion. Dans les manuscrits qui, comme celui de Ravenne, contiennent un texte accompagné de commentaires, le texte est écrit au milieu de la page et les commentaires sont tout autour, sur les marges, formant au texte un encadrement qui peut avoir des proportions considérables. L'écriture n’est pas la même aux

(1) « Fabulas Aristophanias, quæ quidem ætatem tulerunt, continet integras et scholia scripta manu diversa. Hæc manus, fere suppar ætate primæ manui, multis locis correctricis munere functa est (R?). Inest in codice etiam altera manus correctrix paullo recentior (R3) et tertia XV fere sæculi (R#). » Préface de l'édition de Plutus. Leipzig, 1881. — D'après M. von Velsen, il y aurait dans le manuscrit une première main ayant écrit tout le texte, une seconde main ayant écrit toutes les scolies. Pour les scolies, le doute n’est pas possible : elles ont été écrites par deux mains différentes : l’une a écrit les scolies des cinq premières pièces (je ne tiens pas compté de l’ordre des Chevaliers et de la Paix), l’autre les six dernières. M. von Velsen, qui ne s'est occupé que du texte, n’a pas cru devoir distinguer les deux mains des scolies. Le dissentiment entre nous porte seulement sur la main qui a écrit le texte et les premières scolies : où il voit deux mains différentes, R1 et R2, je n’en vois qu’une, Rt.

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