PRÉFACE. XV
deux endroits : ponr le texte, c’est la minuscule ordinaire; pour les commentaires, c'est cette onciale particulière qu’on désigne sous le nom d’onciale des scolies. Grâce à cette disposition, le texte se distingue nettement des commentaires ; cette distinction était nécessaire pour éviter les confusions ; elle n'était pas toujours suffisante. On sait, en effet, qu'un des genres de fautes les plus fréquents dans nos manuscrits, c’est l'introduction des gloses marginales dans le texte.
Dans le manuscrit de Ravenne, l'écriture du texte et celle des scolies offrent les traits de distinction ordinaires. Nous avons d’une part la minuscule, de l’autre l’onciale, et celle-ci, sensiblement plus petite ou, si parfois elle s’allonge, gardant toujours des formes plus minces et plus grêles. Au premier abord, on peut croire à deux mains différentes ; mais, après un examen attentif, on s'aperçoit que ces différences n’ont rien d’essentiel ; qu’au contraire, les caractères importants, les formes des lettres, les signes d’accentuation, la ponctuation, sont les mêmes des deux côtés. Cette particularité curieuse, que nous avons signalée pour le mot οὐχ, se trouve et dans le texte et dans les scolies. Tout indique enfin que si les deux écritures offrent quelques différences, ces différences sont des distinctions établies par le copiste entre deux textes différents, et qu’en réalité les deux écritures appartiennent à la même main (1).
Tout ceci donne l'explication d’un passage qui peut d’abord embarrasser. Au fol. 14, les vers 1129 et 1130 du Plutus, qui manquent au texte, ont été rétablis une première fois sur la marge extérieure, une deuxième fois sur la marge supérieure. Sur la marge extérieure , les vers sont de l'écriture du texte ; sur la marge supérieure, de l’écriture des scolies. La différence entre les deux écritures est très nette; elle n'est peut-être nulle part si tranchée dans le manuscrit. Nous devons ajouter que les vers écrits sur la marge extérieure sont tout à côté du texte, aussi près que possible de
(1) La comparaison est plus facile quand la main des scolies (nous employons cette expression pour plus de facilité) écrit en minuscule, ce qui arrive quelquefois pour les lemmes (Cf. particulièrement la Paix), ou pour des vers omis au texte et rétablis sur les marges par cette main.