IT PRÉFACE
Il est certain que le manuscrit n’était pas encore à Ravenne en septembre 1698, puisqu'il n’est mentionné ni dans le Diarium ltalicum ni dans la Bibliotheca Bibliothecarum (1) de Montfaucon. Notre grand savant, qui à Venise ne put pénétrer ni dans la Marcienne , ni dans la bibliothèque de San- Giorgio Maggiore, celle-ci cependant administrée par des Bénédictins, recut, au contraire, à Ravenne le plus bienveillant accueil. Il put étudier à loisir toutes ces belles archives qui sont encore une des richesses de la vieille cité. Si un manuscrit grec aussi ancien que l’est notre manuscrit d’Aristophane se fût trouvé alors à Ravenne, on peut assurer qu'il aurait été signalé à l’illustre paléographe. C’est chez Inverniz : que nous trouvons la première mention du Ravennas. Il s’en servit pour sa grande édition d’Aristophane (2), mais sans savoir tirer parti d’un tel secours. Ge mérite était réservé à Im. Bekker, qui en fit la collation en 1818, et révéla (3) aux savants de quelle importance était ce manuscrit pour la constitution du texte d’Aristophane.
Dans ces dernières années, un peu de lumière 5 est faite sur le passé de notre manuscrit. La collation de Bekker avait été faite un peu rapidement. Le critique célèbre, auquel on doit tant d'éditions qui presque toutes marquent un sérieux progrès, pour tant produire, était obligé de se presser (4). Son travail était à reprendre sur Aristophane comme sur beaucoup d’autres auteurs qu’il ἃ publiés. Un savant allemand, qui s'était déjà occupé d’Aristophane (5), M. Adolphe von Velsen, se chargea de cette tâche laborieuse. Il vint en Italie, 1866-1867, et collationna les principaux manuscrits
(1) Montfaucon était à Ravenne du 2 au 7 septembre 1698. Diariuwm ltalicum, p. 97. Il n’y ἃ rien non pius dans le Museum Ltalicum de Mabillon, 2 vol. (Paris 1724). Mabillon était à Ravenne en juin 1685. Cf. t. I, p. 37 et Suiv.
(2) Leipzig, 1794,
(3) Cf. son édition en 5 volumes, Londres, 1829.
(4) « Mallem Bekkerus veterum librorum bonas scripturas diligenter colligere et ordine explicare et sic de litteris optime mereri pergeret, quam librorum auxilio destitutus solaque divinandi facultate, qua minus valet, fretus, novas editiones celerius quam melius adornaret. » Cobet, Variæ lectiones, préf., p.xvrr.
(5) Articles dans le Philologus et le Rheinisches Museum à partir de 1863 ; un programme pour l’Université de Saarbrück, 1860. Tous ces travaux ont pour sujet Aristophane.