PRÉFACE. III
d'Aristophane qui se trouvent dans les bibliothèques italiennes.
Le classement des manuscrits d’Aristophane est encore une question à résoudre (1); on sait d’une façon générale quelle est la valeur de chacun d’eux, mais il reste à établir cette valeur d’une manière scientifique et à reconnaître les familles. Un fait général paraît établi : c’est qu'aucun de ces manuscrits ne l'emporte sur tous les autres au point de suffire à lui tout seul pour constituer le texte. Tous.les manuscrits signalés aujourd’hui comme importants sont couverts de taches nombreuses ; tous ne reproduisent que très imparfaitement la source primitive. M. A. von Velsen avait lui-même établi ce point très nettement (Philologus, t. XXIV, p. 124 et suiv.). Ge savant avait donc, puisqu'il entreprenait de donner une édition critique d’Aristophane, à établir d’une façon aussi certaine que possible la leçon des manuscrits déjà signalés. Il avait de plus à voir s’il ne se trouvait pas dans les bibliothèques quelque secours qu’on n’eût pas encore utilisé.
L'édition princeps d’Aristophane a été donnée par Alde à Venise , en 1498. Elle contenait seulement neuf des onze comédies que nous possédons aujourd’hui ; Lysistrata el les Thesmophoriazusæ manquaient. Ale dit, dans sa préface (2), qu’il avait espéré pouvoir donner dix comédies, mais qu’il avait dû y renoncer , n'ayant pu recueillir que des fragments de la dixième, Lysistrata. Le grammairien Crétois Marc Musurus collabora à cette édition ; c’est lui qui fut chargé particulièérement de recueillir et de mettre en ordre les scolies. Ce n’était pas la partie la plus facile de l’œuvre, et Musurus, dans la préface grecque qu’il ἃ mise dans l’Aldine à côté de la préface d’Alde lui-même, se plaint beaucoup des peines que ce travail lui ἃ coûtées (3). On n’a pas encore bien éta-
(1) Voir un essai de classification intéressant dans R. Schnee, De Aristophanis codicibus capita duo. Halis Saxonum, 1876.
(2) « Accipe igitur novem Aristophanis fabulas; nam decimam Lysistraten ideo prætermisimus, quia vix dimidiata haberi ἃ nobis potuit. »