‹ Les Scolies du manuscrit d'Aristophane à RavenneChapitre 6 sur 210 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Un savant anglais, qui a publié une notice sur le manuscrit de Ravenne (1), M. W. G. Clark, croit que le manuscrit n'a pu rentrer à la bibliothèque d'Urbin qu'après 1498, et qu'il en est sorti en 1515. Il ne nous semble pas qu’il soit possible d'établir ces dates d’une façon si rigoureuse. Alde pouvait connaître ie duc d’Urbin, Guido Ubaldo (2), et ignorer, en 1498, quand 1] publia neuf comédies d’Aristophane , qu'il y avait à Urbin un manuscrit qui en contenait onze. Sans doute, Vespasiano (3) ne mentionne pas Aristophane dans la liste des auteurs dont il a vu des manuscrits dans la bibliothèque de Federico, père de Guido. Je ne veux pas rabaisser le mérite de Vespasiano, qui nous ἃ transmis des renseignements si précieux sur la formation de la bibliotheque d'Urbin; mais cette liste des auteurs qu’il a vus à Urbin n'a aucune importance ; 1l y a là, tout au plus, une vingtaine de noms cités de mémoire, et, on peut le dire, sans grande réflexion. Aristophane manque, aussi bien qu'Isocrate, Eschyle, Euripide, etc. ; on sait, qu’en revanche, un Ménandre se trouve sur la liste. Il y ἃ de Vespasiano un témoignage autrement important sur la formation de cette bibliothèque ; c'est l'information que Federico avait tenu à avoir les manuscrits de tous les auteurs classiques aussi complets qu'on les connaissait alors.

Un savant italien , M. (ἃ. Guasti, ἃ trouvé un inventaire de la bibliothèque d’Urbin et l’a publié dans le Giornale storico degli archivi toscani , 1862 , t. VI, p. 126-147 et 1863, t. VIT, p. 130-154. Cet inventaire, si on en juge d’après l'écriture, serait du quinzième siècle. Il porte en tête le nom de Federico Veterano, qui fut bibliothécaire à Urbin ; mais il

(1) The history of the Ravenna manuscript of Aristophanes, dans The Journal of Philology, vol. III, 1871, p. 153-160.

(2) Alde connaissait le duc Guido, comme il connaissait tous les princes de son temps qui étaient amis des lettres. Ce n’est pas au duc d’Urbin que fut dédiée l'édition princeps de Thucydide, comme le dit M. Clark, mais à Dan. Rinieri, sénateur vénitien. Trois aldines seulement furent dédiées à Guido Ubaldo : le Recueil des Astronomiques (1499), le roman moderne intitulé Hypnerotomachia (même année), le Xénophon avec l’Hérodien (1503). La dédicace la plus curieuse est celle des Astronomiques ; nous y voyons Alde croire à l’astro” logie et à l'influence maligne des étoiles sur nos passions.

(3) Vespasiano fiorentino, Vite di uomini illustri del secolo XV, p. 128.

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