PRÉFACE. . VII
n’a pas élé écrit par lui (1). Il contient, au commencement, plusieurs pièces en vers latins de Veterano sur la bibliothèque, et, comme le duc Federico est seul nommé dans ces poésies, on est autorisé à croire que l'inventaire ἃ été dressé sous son règne, qu'il est donc antérieur à 1482, date de la mort du duc. Les manuscrits grecs forment, dans l’inventaire, un groupe qui comprend (2) les numéros 607-699. Au numéro 692, on lit : « Aristophanis, comedie bis. » Il n’y a aujourd'hui au fonds d’Urbin de la Vaticane que deux manuscrits d’Aristophane , les numéros 141 et 143. Le n° 141 contient quatre pièces : le Plutus, les Nudes, les Grenouilles et les Oiseaux ; c'est un des bons manuscrits d’Aristophane que nous possédions (3); len° 143 n’a pas de valeur; 1] contient le Plutus, les Nuées et les Grenouilles, et a été écrit dans la première moitié du quinzième siècle. Nous avons peine à.croire qu'un manuscrit si médiocre ait pu être acquis par Federico. [1 ne faut pas oublier que c’est sous ce prince que se sont faites à Urbin les grandes acquisitions pour ce qui regarde les manuscrits ; ses successeurs ont surtout enrichi la bibliothèque d’imprimés ; lui, nous le savons par le témoignage formel de Vespasiano , n’en admit aucun dans sa col-
(1) Il y a plusieurs questions embarrassantes au sujet de cet inventaire. Veterano y a certainement collaboré : son nom mis en tête, ses poésies transcrites au commencement le prouvent suffisamment; mais, d’autre part, il n’est pas possible que ce soit lui qui l'ait écrit, Les poésies qu'il ἃ laissées indiquent un lettré, l'inventaire, au contraire, est plein de fautes grossières. D'autre part on lit au dernier feuillet de l'inventaire, d’une main qui serait du seizième siècle, cette indication assez obscure : « Inventario de’ libri erono nella Libreria d’Urbino quando s’ebe lo Stato la prima volta, che di poi no vi s’è trovato nulla. » Nous aurions là, à ce compte, le premier inventaire qui ait été fait de la bibliothèque d’Urbin ; mais que veulent dire les dernières paroles ? Il n’est pas éxact qu’on n’ait pas retrouvé la bibliothèque. César Borgia l'avait fait transporter en lieu sûr, dans la forteresse de Rocca di Forli. C’est là que la retrouva Guido Ubaldo, remis en possession de ses Etats (Reposati, Della Zecca di Gubbio. Bologne, 1772 , 2 vol. , t. I, p. 367). Cette notice a-t-elle été écrite lorsque la bibliothèque était encore à Rocca di Forli, ou treize ans plus tard , quand elle fut portée à Mantoue par Francesco-Maria ?
(2) De 607 à 699, nous avons 93 numéros, auxquels il faut ajouter 19 doubles indiqués dans l'inventaire par la mention bis. Cela fait un total de 112 mss.
(3) Voir une notice de ce ms. dans À. v. Velsen, éditions des Grenouilles et du Plutus. Ajoutons que ce ms. porte sur un des feuillets en parchemin, mis comme couverture, le blason des Montefeltri, sans le gonfalon.