PRÉFACE... XXI1I
partie écrite par R! révèle un copiste soigneux et clair ; il distribue ses textes sur les marges sans les confondre, il marque exactement les renvois, chaque scolie est écrite isolément, formant un groupe distinct, séparé des autres groupes semblables par une ponctuation particulière : — et par un intervalle blanc; le lecteur voit tout de suite, en lisant le texte du poète, si tel passage est l’objet d’un commentaire, et il trouve facilement ce commentaire. Quant à la scolie, elle est souvent précédée d’un lemme écrit quelquefois en minuscule, et toujours séparé de la scolie par cette ponctuation particulière : —. Le second copiste n’a pas tous ces scrupules; s’il a beaucoup de textes à transcrire , il les aligne les uns à la suite des autres, souvent même sans les séparer par * un simple point ; toutes les scolies d’un folio forment alors un unique groupe compacte et pressé où il n’y a rien de saillant à l'œil; et comme le copiste dédaigne l’usage des renvois, le lecteur se tire comme il peut de ce fouillis. Remarquons que ce n’est pas pour se ménager plus de place et pouvoir transcrire un plus grand nombre de scolies que le copiste agit ainsi; souvent les scolies ne sont écrites que sur une marge, où elles s’entassent sans ordre, pendant que les trois autres marges sont en blanc.
Ce n’est pas tout, il y ἃ entre R! et R? une autre différence plus importante : les scolies, dans la partie du manus- crit écrite par R!, sont presque toujours assez nombreuses ; sans doute les quatre marges ne sont pas toujours garnies, il y a même parfois des lacunes considérables ; mais en général, la page semble suffisamment pleine. Il n’en est pas ainsi de R?; deux pièces sur six sont relativement riches en scolies ; ces pièces sont les Acharniens et Lysistrata ; mais pour les Chevaliers, les marges sont en blanc à partir du v. 341, et les trois dernières pièces, les Guépes, les Thesmophoriazusæ et les Ecclesiazusæ n'ont que des scolies peu nombreuses et presque toujours très courtes. Une de ces pièces, les Guépes, a cependant des scolies abondantes dans les autres manuscrits; si pour les deux autres pièces, qui n’ont des scolies que dans très peu de manuscrits, nous ne pouvons rien affirmer, pour les Gwépes, au contraire, nous