‹ Les Scolioses au Cours du Mal de PottChapitre 32 sur 47 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

Suzanne Aud., 9 ans, fille unique nourrie au sein par sa mère.

A l’âge de 6 ans, pleurésie bacillaire et dans les années : qui suivent : péritonite, adénopathie trachéo-bronchique, chaîne de ganglions cervicaux. Elle se plaint un jour de la colonne vertébrale et un médecin des hôpitaux nous demande d'aller l'examiner avec lui (mai 4942).

L'enfant se plaint depuis quelques jours de douleurs nocturnes irradiées le long du flanc gauche, augmentées par la marche, la fatigue.

La colonne vertébrale présente une légère courbe scoliotique lombaire gauche avec rotation assez accentuée des vertèbres. La 3° vertèbre est particulièrement saillante, mais la masse sacro-lombaire gauche qui est soulevée par l'apophyse transverse semble, du fait de la rotation, étre sur le même plan que l’apophyse épineuse. Il y a donc début de gibbosité antéro-postérieure et d’une scoliose avec rotation.

Les triangles de la taille sont inégaux: il est plus développé à droite. Contracture peu intense, souplesse presque conservée sauf toutefois dans l'hyperextension.

La palpation et la pression sur les apophyses épineuses ne provoquent pas de douleurs, et ce n’est qu’au niveau de l’apophyse transverse de la 3e lombaire qu'on détermine une légère réaction. Exagération légère du réflexe rotulien à gauche.

Malgré les antécédents personnels de la malade et l’exagération des réflexes rotuliens, on n'ose se prononcer

GS

formellement en faveur d'un mal de Pott. On recom. mande le repos couché, interrompu de quelques heures pour promenades de l'enfant.

Deux mois après, l'enfant ayant fait une chute, une crise douloureuse survient qui, durant 2-3 jours, effraie les parents. La radiographie, faite alors, montre une décalcification de la partie interne de l’apophyse transverse de la 5° vertèbre lombaire. On décide que l'enfant restera couchée sur une planche.

Trois mois après, l'état local est identique ; si les douleurs spontanées ont disparu, la douleur à la pression et la percussion persiste. La légère scoliose ne s’est pas modifiée et l'exagération des réflexes est au contraire plus manifeste ainsi que l’atrophie des muscles inférieurs.

L'enfant est placé dans un lit plâtré avec réclination accentuée après correction de la colonne vertébrale (oct. 4912).

Au cours de l'hiver 12-13, on note disparition à peu près complète de la gibbosité et de la scoliose, mais une radiographie nouvelle (mai 1913) montre qu'il s’agit d’un Pott : le disque entre les IIL° et IV® vertèbres lombaires est diminué, les faces vertébrales en contact sont érodées, une tache de décalcification est visible sur la partie latérale gauche de la 3° vertèbre.

Il s’agit là d’un Pott particulièrement insidieux et béuin qui, les légères douleurs et la saillie de la 3° mises à part, était caractérisé au début par de la déviation latérale.

OBSERVATOIN XIX

J. A... âgée de 24 ans, Pierrefitte.

Consulte en novembre 1910 pour des douleurs persistantes du flanc droit, irradiant en ceinture et le long de la cuisse droite. Pendant quelque temps, même, elle a été soignée pour des crises néphréliques.

L'examen du dos nous montre une scoliose gauche à grande courbure, à courte flèche, 2 cent. environ. Pas de rotation des vertèbres. Le dos est raide. Flexion et hyperextension sont douloureuses : la percussion de la 10° dorsale est sensible,

L'exagération des réflexes est manifeste ainsi que l’atrophie des membres inférieurs.

Clonus du pied.

La radiographie n'avait pas confirmé le diagnostic de Pott, mais au cours de l’évolution de la maladie suivie depuis 3 ans, les examens répétés ont permis de découvrir dans la fosse iliaque droite un empâtement d'abord, un abcès ensuite.

Le malade est actuellement incomplètemént guéri, mais grâce au port d'appareils en celluloïde, cette scoliose est disparue dspuis 6 mois.

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