‹ Les scrupules de SganarelleChapitre 5 sur 121 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Et que le moindre coup de bâton qu'on y entendrait ferait mettre tout le monde aux fenêtres...

DON JUAN, levant sa canne.

Maraud I !

Paix, Monsieur, j'ai fini... et qu'il vaut bien ces mauvaises bicoques d'Espagne et d'Italie, comme nous en avons tant traversé, où nous étions mang-és de puces, dévorés de punaises et nourris de pois chiches ou de macaroni !

DON JUAN

Vous êtes difficile, monsieur Sganarellel

Je ne dis trop rien de l'Espagne, car c'est le pays où vous êtes né, encore que vos Séville et vos Salamanque ne me reviennent ^ère avec leurs maisons de couleurs et leurs cours à fontaines, mais vous serez de mon avis sur l'Italie. Ah ! les vilains lieux et les

méchants gîtes ! Et savez-voas, Monsieur, rien de plus laid que cette grande villasse de Naples, avec ses rues sales, ses gens en guenilles et son gros volcan qui crache sa fumée ?. . .

DON JUAN

Ehl malheureux, mais tu oublies ces filles adorables, aux yeux de velours et de feu, qui cachent sous leur crasse et leurs haillons une beauté brûlante, ces courtisanesinstruites au plaisir, ces grandes dames qui, dans leurs palais de marbre, au bord de la mer bleue, font connaître la volupté d'aimer... Mais, je suis bon de raisonner et qu'est-ce que tout cela peut bien faire à une vieille carcasse comme la tienne, qui ne pense qu'à s'emplir le nez de tabac! ...

SGANARELLE J

Tout de même, aous aurez beau dire, Monsieur, et me donneriez-vous cent coups de bâton, que je ne démordrais point de mon sentiment.

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