ACTE II
plir mon messag-e et de lui rapporter mes propos? Si elle est telle que tu la dépeins, elle repoussera avec horreur mes entreprises!... Tu ne réponds rienjSg-anarelle, et te voilà interloqué! Mais va, je connais les femmes! C'est pourquoi je veux- que tu parles à Angélique. Quelque chose me dit qu'elle sera à moi. Tu ne sais pas quel feu et quelle ivresse répand dans toute Tâme la certitude d'un bonheur prochain ! Et tu penses que je vais me laisser berner par tes ^subterfuges et que je renoncerai sottement à un plaisir dont tressaille déjà mon ardeur et dont jouit d'avance mon désir? Allons, va vite, Sg-anarelle, cours, vole et me rapporte une réponse favorable à mon impatience et à mes vœux.
Monsieur, encore une fois, je ne bougerai point.
DON JUAN
Mais qu'est-ce qui prend soudain à ce béhtre et àce cornard ? Que veut dire cette délicatesse subite ? Que signifient ces scrupules?
l46 LES SCRUPULES DE SGANARELLE
Et tout cela, Sg-anarelle, pour ne pas faire tort à ce bourgeois stupide qui se moque de toi et qui t'a fait cocu.
Cocu î c'est possible, Monsieur, et c'est même certain, mais vous n'obtiendrez rien de moi.
DON JUAN va à Sganarelle, qui recule devant lui et il le regarde fixement.
Sganarelle se trouble et recule toujours. Il bute daoà un arbre et tombe à quatre pattes.
DON JUAN, d'une voix terrible.
Sganarelle !
Pitié, grâce! Ah, Monsieur, vous avez Tenfer dans les yeux ! Ne me regardez pas comme cela. Monsieur, j'en sue à grosses gouttes... J'obéirai, Monsieur.
DON JUAN, le relevant par le collet.
Enfin !
Il va vivement vers le fond du théâtre.
Ah ! défenseur des tendrons, avocat des