ACTE III
qui n'est pas l'idée et la chimère qu'il poursuit ?
ANGÉLIQUE
Et c'est moi, Léandre, qui vous aurais réduit à cet état ?
LÉANDRE
Vous-même, belle Ang"élique, mais à quoi bon feindre ainsi et ne point vouloir comprendre ce que ma conduite, mes regards, mes actions, mes soupirs n'ont pas pu vous laisser ignorer ? N'avez-vous pas su y lire la passion que vous m'inspirez? N'éclate-t-elle pas à vos yeux? Ah, charmante Angélique, pourquoi les détourner de celui qui vous implore à genoux et qu'un mot pourrait rendre l'égal des mortels les plus fortunés ? . . .
ANGÉLIQUE
Relevez-Yous, Monsieur, de grâce.
LÉANDRE
Ecoutez-moi, Angélique, vous le pouvez sans crainte, car nul amant ne fut jamais plus respectueux. Aucun amour n'eut jamais
de vues plus pures que les miennes. Vous n'entendrez sortir de ma bouche rien qui vous puisse offenser. Je suis timide, Angélique, et j'ai à vous demander la grâce la plus insensée et la plus audacieuse, celle de consentir à faire le bonheur de ma vie I
ANGÉLIQUE
Léandre, Monsieur !...
LÉANDRE y
Oui, Angélique, consentez à devenir ma femme. Oh ! je sais bien ce que vous me donneriez et le peu que j'aurais à vous offrir en retour! Dites un mot, belle Angélique : mon cœur, ma vie, mon nom sont à vous. Venez prendre place à mon foyer. Vous y serez respectée [de tous et de moi-même, et notre bonheur se continuera dans les enfants qui naîtront de nous. Je n'ajouterai rien, Angélique. L'honnête homme ne doit ni se louer ni se rabaisser, et vous me connaissez assez pour que je ne fasse pas miroiter devant vous des qualités que je n'ai point, ni pour que je tente de vous cacher des défauts qui