ACTE m
ne me manquent pas. Acceptez-moi tel que la nature m'a formé. L'amour corrigera ce qu^elle a placé en moi de défectueux. Belle Angélique, mon sort est entre vos mains, et j'attends Tarrêt qui le rendra, à votre gré, enviable ou digne de pitié.
ANGÉLIQUE
Ah 1 Léandre, dans quel embarras cruel vous me mettez !
LÉANDRE
Vous est-il donc si difficile, Angélique, de faire un heureux ?
ANGÉLIQUE
Mais quoi, Léandre, ne pouvez-vous donc point penser que je puisse ressentir quelque aversion pour le mariage? N'y a-t-il pas des filles qui le demeurent par goût, par principe ou par devoir? Que deviendrait mon père si je me mariais ? Non, Léandre, renoncez à cette chimère dont j'estime tout le prix, restonsen à l'amitié que je garde pour vous et à celle que je serai toujours aise que vous conserviez pour moi et...
LÉANDRE
C'est à cette amitié que j'en appelle, belle Angélique ! Pourquoi cherchez-vous de vains prétextes et de vaines raisons à votre éloig-nement d'un projet qui me remplissait d'un si tendre espoir et d'un si délicieux désir ? Ah 1 cruelle Angélique, puisse le ciel...
ANGÉLIQUE
Arrêtez, Léandre, arrêtez et écoutez l'aveu véritable auquel mon orgueil cherchait un subterfuge indigne de moi et de vous. Non, Léandre, je ne mérite pas d'accepter l'honneur que vous m'offrez. Oh I comme nous nous trompons étrangement au sujet des personnes que nous pensons connaître le mieux! Hélas! Léandre, vous croyiez Angélique raisonnable, sage, ménagère et renfermée, heureuse de conduire la maison de Géronte, contente des menus soins où s'occupe d'ordinaire une fille de son âge et de sa condition, douce, soumise, patiente, que sais-je encore? Eh bien, non, Léandre ! La véritable Angélique est fantasque, chimérique, capri-