‹ Les sculptures de SolesmesChapitre 18 sur 48 · TRANSPORT DE LA COLONNADE · texte numérisé non relu

TRANSPORT DE LA COLONNADE

Tinstant que du déplacement forcé de la colonnade qui est actuellement dans la chapelle de droite.

Cette colonnade s'élevait en face de l'autel de la Pâmoison et s'étendait jusqu'au mur de la nef ; elle était terminée de ce côté par un des pilastres élégants de la Renaissance, maintenant engagés dans les pieds de l'arc de soutènement. On y voit encore les points de repère avec les moulures de la frise et du soubassement. La colonnade et le pilastre donnaient une largeur d'environ 5 mètres. Le pied-droit de l'arc qu'on a été obligé de construire^ i mètre 20 centimètres ; il ne restait donc qu'un espace de 3 mètres 80 centimètres et le mur bouchait en partie la dernière arcade de la colonnade. On fut donc forcé de renoncer à cette partie du monument, et on la remplaça d'une manière fâcheuse pour l'unité de l'œuvre.

Après avoir ainsi répondu à l'objection tirée du défaut d'espace, nous restituerons complètement le plan primitif, en disant qu'entre les arcades de la colonnade, étaient placées les quatre statues à mi-corps qui ont été portées sous le cloître de l'abbaye ; elles n'avaient pas quitté l'église avant la Révolution. Quand elles avaient perdu leur rôle dans l'œuvre de Jean Bougler, on les avait reléguées audessus de l'entablement. Il est évident que ces statues ont été employées ; elles ont été diminuées par derrière pour les mettre à leur place, et les parties simplement ébauchées sont celles qu'on ne devait pas apercevoir ; ce qui nous permettra de retrouver leurs rangs. Elles tenaient ou montraient des inscriptions, comme les autres statues qui encadrent le tombeau de la Vierge. Leurs poses et leurs gestes les mettent parfaitement en scène et nous avons trouvé des fragments de leurs inscriptions qui nous aideront à leur donner un nom (1).

(1) Il existe aussi sous le cloître un petit groupe représentant saint

Ainsi nous avons reconstitué le plan primitif ; les trois côtés de la chapelle présentaient les mêmes lignes d'architecture et le même style. L'œuvre avait été conçue, d'après le programme de Jean Bougler par un même artiste qui l'exécuta avec le concours de nombreux sculpteurs, et si l'unité de l'œuvre a été altérée, ce fut longtemps après qu'elle eut été terminée et par suite d'un accident dont on voit très-bien les traces.

Étudions maintenant le poëme de Jean Bougler.

Martin à cheval, donnant à un pauvre la moitié de son manteau. Ce groupe, qui est une imitation d'une œuvre italienne, était placé au-dessus de l'entablement de la colonnade. Il s'y trouvait encore au moment de l'acquisition du prieuré.

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