MARIE ET RACHEL
ments d'inscriptions établissent en effet un rapport entre la sainte Vierge, tenant le corps de son divin Fils sur ses genoux, et le massacre des Innocents que représente le bas-relief imité d'une gravure de Marc- Antoine. La science théologique du prieur de Solesmes nous montre Marie figurée par l'inconsolable Rachel, personnifiant elle-même l'Eglise pleurant sur le martyre de ses enfants. Le basrelief placé où il l'est encore maintenant, était accompagné de deux inscriptions dont la première est trèsincomplète; elle demande le sens du texte de saint Matthieu (11, 18) : « Conferentes prophetiam cum E — vangelio quid ad te O. — Virginalis fortitudo : » vox in excelso audit a ploratus. — Rachaelis plorantis filios.
La seconde inscription répond d'après la glose — Matheusper allegoriam — te virginem matrem Jesu, veram — Rachaelem expressam voluit — et Jesum, verum Joseph Jilium — tuum simulque occisorum infan — turri matres, item martyres — matrem Ecclesiam pie plorantem — natos ad mortem loco Christi — datos quasi jam non sint pro — quibus et divinitus dictum.
Le bas-relief et les inscriptions étaient encadrés par un motif d'architecture formant rétable, dont on retrouve les restes au-dessous des colonnes transportées en cet endroit. Ces doubles pilastres en pierre tendre et ornés de très-délicates sculptures, n'étaient pas destinés à être placés si bas. Ils ont été enlevés et ainsi utilisés, lorsqu'on mit la colonnade au-dessus de l'autel. Leur grandeur s'accorde trèsbien avec notre explication, et il serait facile de restituer ce rétable dont Jean Bougler orna la chapelle de Guillaume Cheminart.