ARCHITECTURE
vail était nécessaire pour un monument aussi considérable dont l'exécution n'a pas sans doute duré plus de trois ou quatre années.
L'architecture qui encadre les sculptures offre des motifs de l'art de la Renaissance, en Italie, en France et en Flandre. Elle indique plus d'imitation que d'inspiration. Les grandes lignes sont bien entendues. Lorsque la colonnade, qui se trouve maintenant dans la chapelle de droite, était en face de la Pâmoison, une frise et une corniche liaient très-bien les trois côtés ensemble, en séparant de la partie supérieure la partie inférieure. La face centrale est la plus importante. La scène de l'Ensevelissement «st habilement divisée par deux colonnes. La décoration intérieure est riche et grave. L'arcature où sont les quatre docteurs sert de base à l'élégant portique où se développe l'Assomption. Cet arc triomphal présente de belles voûtes et de petits édicules, comparables aux plus charmantes créations de la Renaissance, [telles qu'on en voit àSaint-Eustache de Paris et à Saint- Pierre de Beau vais, aux portes latérales du midi. Nous signalerons aussi les dais placés au-dessus de saint Denys et de saint Timothée. Ils sont ornés de petites arcades d'où sortent des personnages discutant entre eux, dans les poses les plus originales et les plus variées.
Le côté de la Pâmoison est disposé à peu près de la même manière. La scène qui sert de rétable à l'autel est aussi partagée par des colonnes. La décoration de l'intérieur est très remarquable par la beauté de ses ornements, la richesse de ses nervures et la clef en pendentif, terminée par un ange tenant une banderole.
L'architecture de la partie supérieure est trop encombrée de statues ou d'inscriptions. Elle a d'ailleurs souffert de la catastrophe dont nous avons parlé, et la restauration qu'on en a faite a été maladroite. En résumé, cette architecture ne semble pas appartenir à l'école française qui,
en s'inspirant des chefs-d'œuvre de l'Italie, savait conserver la grâce et la pureté de notre art national. Elle rappelle plus les édifices d'Allemagne et de Flandre, que les merveilles qui s'élevaient, à cette époque, sur les bords de la Loire.
L'ornementation surtout est curieuse à étudier. Les motifs des pilastres sont évidemment d'origine italienne. Ils rappellent les arabesques et les stucs des loges de Raphaël, mais ils ne nous semblent pas exécutés par les artistes italiens qui travaillaient alors en France. Ils manquent de largeur et de noblesse. Il est facile de les comparer aux pilastres sculptés en 1496, au tombeau de Notre-Seigneur. Ils ont été faits sur des dessins rapportés d'Italie par des artistes flamands.
Les colonnes de la partie inférieure sont également de l'école flamande, comme proportion, division, renflement et décoration. Les motifs ne sont plus les mêmes que ceux des pilastres. Les colonnes de l'Ensevelissement sont beaucoup plus simples. L'ornementation consiste en feuillages de lierre et de vigne finement exécutés. Mais c'est surtout dans les frises que l'école flamande a écrit son nom. L'imitation directe de l'art italien disparaît. Les trois côtés de la chapelle ont des motifs différents. Les rinceaux abondants, les oiseaux, les figures fantastisques, les cartouches triangulaires nous semblent indiquer l'école d'Anvers que nous font connaître les gravures de Jérôme Cock. Les têtes de mort et les guirlandes funéraires qu'on y voit, se retrouvent sur les tombeaux élevés dans les églises de Belgique.
Pour résumer l'examen artistique que nous venons de faire de la chapelle de Jean Bougler, nous formulerons ainsi nos impressions. Ce monument est l'œuvre de nombreux artistes formant un atelier comme celui de Michel Colombe. Le maître qui le dirigeait était peintre et sculp-