STALLES DU CHŒUR I
anciens panneaux. Des deux côtés étaient placés extérieurement deux autels surmontés de deux bas-reliefs qu'on voit sous l'orgue : Samson déchirant le lion et attachant des torches aux queues des renards pour incendier les moissons des Philistins; la Vision de Jessé, la Vierge sortant d'une fleur.
Cette disposition fut changée par les religieux de la congrégation de Saint-Maur. Les stalles furent retournées ; la stalle du prieur fut mise au fond, à la place de l'autel, et l'autel fut placé en avant sous la voûte du transsept. Les stalles étaient peu nombreuses et les figures des ancêtres de la Vierge étaient sur deux rangs ; le dais qui les surmontait était orné de lambrequins et de statues d'Apôtres dont il reste quelques débris dans les combles de l'église.
Lorsqu'en i865, l'église fut agrandie et le nouveau chœur reconstruit, M. Foubert, l'habile sculpteur de Silléle-Guillaume , restaura et multiplia ces stalles avec une rare intelligence. Il dédoubla les figures qu'il unit de chaque côté par des rameaux partant de Jessé et de David et se terminant à la statue de la Vierge qui domine la stalle abbatiale.
Les ancêtres de la Vierge sont à droite d'après la généalogie de saint Luc, et à gauche, d'après celle de saint Matthieu. Les miséricordes ont été aussi réparées et complétées, avec tant de goût qu'il serait difficile de distinguer les anciennes des nouvelles. L'artiste, tout en conservant les profils et les moulures, a donné à ces stalles plus de simplicité et de pureté. Il a corrigé l'œuvre de ses devanciers, sans rien innover ; modestie archéologique bien digne de son talent. M Foubert a montré depuis, en exécutant les magnifiques stalles de l'abbaye de Sainte-Cécile, ce qu'il pouvait faire comme architecte.
Le style et les sculptures des boiseries de Saint- Pierre
de Solesmes indiquent un travail allemand. Elles ont aussi un certain rapport avec les curieuses boiseries de la cathédrale du Mans, qui paraissent cependant un peu plus anciennes, puisqu'elles portent la date de i5y5.