‹ Les sculptures de SolesmesChapitre 44 sur 48 · PLAN PRIMITIF DE L.' ÉGLISE. SES MODIFICATIONS JUSQU'A NOS JOURS · texte numérisé non relu

PLAN PRIMITIF DE L.' ÉGLISE. SES MODIFICATIONS JUSQU'A NOS JOURS

Nous avions pensé avoir suffisamment expliqué, dans notre étude sur les sculptures de Solesmes, le plan primitif de l'église de Saint- Pierre, et montré clairement qu'elle avait été plutôt agrandie que diminuée; mais la Basilique à trois nefs a encore des partisans, et dans la brochure où un si juste et si touchant hommage est rendu à la mémoire de Dom Guéranger, l'auteur croit devoir renouveler et développer ce que le vénérable Abbé avait dit dans son Essai historique. Nous avions discuté longtemps avec lui nos explications, et lorsque nous eûmes imprimé notre travail, il parut en adopter toutes les conclusions. Restaitil quelques doutes dans son esprit, et voulut-il nous les cacher avec cette bonté qui lui était si ordinaire ? Nous l'ignorons, mais nous acceptons cette défense posthume de son opinion, sachant très-bien l'autorité que doit avoir la parole du Maître et du Père. Si nous osons la contredire, c'est qu'à son exemple, nous mettons la vérité au-dessus des personnes, et que nous ne croyons pas manquer à sa chère et sainte mémoire, en ne pensant pas comme lui, sur une question purement archéologique.

Nul n'admire plus que nous, tous les mérites de Dom Guéranger; il a fait mieux que de l'archéologie, en renouvelant parmi nous la liturgie romaine; et en fait de doc-

trine, il partageait, pour ainsi dire, l'infaillibilité pontificale. Mais il était trop savant pour ne pas reconnaître qu'il ignorait quelque chose, et nous l'avons entendu souvent plaisanter avec autant de simplicité que d'esprit, sur son incompétence mathématique. Pourquoi s'étonner que, faute de quelques notions pratiques en architecture, il n'ait pas résolu tous les problèmes que lui présentait sa chère église de Solesmes ?

Du reste son défenseur est beaucoup plus affirmatif que lui et s'égare aussi bien davantage. Il reconnaît du premier coup à* œil le caractère du XI e siècle, donne la date et la raison de la suppression des nefs collatérales, et raconte comment les arcades en plein cintre de la nef principale ont été fermées et les murailles reconstruites avec des matériaux de rencontre. Nous essayerons de maintenir ce que nous avons dit dans notre premier travail ; et pour démontrer que des nefs collatérales n'ont jamais existé, nous nous servirons des preuves employées pour établir le contraire. Nous soumettons le débat aux archéologues et surtout aux architectes qui voudront bien étudier avec nous la question, et nous nous en rapporterons à leur jugement.

Nous avons dit et nous répétons que l'église du prieuré de Solesmes, fondé en ioio par le seigneur de Sablé, Geoffroy le Vieux, devait ressembler à toutes les petites églises romanes bâties à cette époque dans nos contrées; qu'elle présentait la forme régulière d'une croix latine et qu'elle s'étendait depuis l'abside circulaire retrouvée au chevet de l'ancien chœur, jusqu'à la tour qui s'élevait sur sa façade d'entrée. Nous ajoutions qu'elle avait été prolongée au xiv e siècle, jusqu'à la porte actuelle dont la date est écrite sur ses colonnettes et ses charmants chapiteaux; qu'enfin après sa ruine presque complète par les. Anglais, elle avait été restaurée, voûtée et décorée aux

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