FRAGMENT DE GARGOUILLE DE L ANCIENNE ÉGLISE
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du Saint-Esprit, — mais les dragons Tévitent; le Corbeau, la Tourterelle qui lorsqu'elle a perdu son compagnon se plaît dans la solitude, — l'hirondelle qui ne pond qu'une seule fois comme Jésus-Christ n'est né, n'a été crucifié, n'est ressuscité qu'une fois, comme il n'y a qu'un Dieu, qu'une foi, qu'un baptême et qu'un père. — le Cerf ennemi du serpent comme Jésus-Christ a tué le démon. — Le Gérahav — Dieu, regardant ses enfants du haut du ciel, — comme cet oiseau actif demeurant à fleur d'eau pour couver ses gros œufs déposés au fond de la mer.
L'Abeille et le Tigre terminent cette longue nomenclature qui comprend également entre autres symboles plus intelligibles : le Pélican versant son sang sur ses petits pour les ressusciter; le Hibou qui aime la nuitplusque le jour, l'Aigle qui, devenu vieux, aveugle se baigne dans les sources et devient aiglon; le Phénix image du Christ venu du ciel comme l'aigle rajeuni est le sj^mbole de Thomme rajeuni parce qu'il s'est plongé dans la source éternelle de Vérité.
- Le Vanneau, le Porc-épic ou Hérisson, l'O-
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nagre, la Vipère, le Serpent, la Fourmi, autant de symboles plus ou moins évidents que le P. Cahier discute et explique.
L'on ne peut mettre en doute que de semblables recueils aient servi de thème à maintes sculptures.
Mais les bas-reliefs, du portail des Libraires ont été conçus par leurs auteurs dans un tout autre ordre d'idées.
Il n'y a que fort peu de bas-reliefs, — représentant des sirènes et des harpies, — auxquels se puissent appliquer ces quelques lignes du Bestiaire.
Quant aux sirènes, — sirènes, harpies, c'est tout un, dit le P. Cahier, — elles symbolisaient lamortcruelle,ellesattiraient les voyageurs par leurs chants mélodieux. Femmes jusqu'aux mamelles le reste de leurcorps tenait des oiseaux, de l'âne, du taureau. — Adjonction curieuse du aux textes qui parle des onocentauri ou onotaiiri et ne parle pas d'une queue de poissons, nous savons du reste, dit le P. Cahier, que les Sirènes symbolisaient les désirs de la chair et la perte de qui s'y laisse entraîner.
Dans un de ces charmants volumes, André
Rouen. — St-Georges-de-Boscherville
A. BAS-RELIEF D UN PORTAIL DE LA CATHEDRALE. B. c/fRAGMENT DE CHAPITEAU ET CORBEAU DE l' ABBAYE.
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Lemoine a fort poétiquement décrit les Sirènes.
Quel est donc le secret de vos enchantements. O filles de la mer ardemment désirées ?
A-t-il dit dans son joli poëme des Charmeuses.
Oui jeunes amoureux vous saurez qui nous sommes Sous notre beau sein nu, notre cœur est absent. Vous n'y trouveriez pas une goutte de sang. Autrefois nous avons vécu parmi les hommes.
Nous fûmes autrefois des martyres d'amour. On a dû vous parler de ces vierges trompées Nombreuses légions de Tabîme échappées Sur mer apparaissant vers le déclin du jour :
Pour avoir bu le fond de la souffrance humaine. Nous voyons aujourd'hui froidement les douleurs Nous avons tant pleuré que nous rions des pleurs Des pauvres soupirants que le flot nous amène.
Faut-il Tavouer, ces explications poétiques nous paraissent infiniment préférables à celles passablement peu claires de bien des auteurs.
Il est évident que nous comprenons fort bien en humble et simple prose que le Renard fin et rusé devient un symbole facilement applicable.
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Mais que dire de cette tirade sur la Panthère : La Panthère, dit le Bestiaire arménien, chérie de tous les animaux, détestéede tous les serpents, bigarrée comme la robe de Joseph^ attire les bêtes voisines par son souffle odoriférant, comme le Christ ressuscité fit sentir un doux parfum à ceux qui étaient près de lui et à ceux qui étaient éloignés, a La paix, la sagesse, la bénignité et la patience de N.-S. sont riches en vanité, comme Test la Panthère au dire du moraliste. ))
Nous trouvons que c'est là de la prose trop poétique, des idées trop raffinées, trop cherchées et chaque fois qu'un sculpteur, qu'un ymaigier du moyen-àge a représenté un animal avec un parti pris plus ou moins allégorique, plus ou moins réaliste, il ne devait pas selon nous se préoccuper tant que cela de ces belles théories explicatives faites après coup.
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SCULPTURE SUR BOIS (Palais de Justice. — ^^alle des Pas-Perdus.)
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A propos de ces bas-reliefs du portail des Libraires on a parlé également des Métamorphases d'Ovide : Aucun ouvrage n^offre en effet plus de motifs d'illustrations. Comme à cette époque on sculptait sur des monuments, on gravait sur pierre de même qu'aujourd'hui nous dessinons et gravons sur bois, et que fort souvent les meilleures illustrations sont celles dont les dessinateurs ont choisi eux-mêmes leurs sujets et non ceux qui leurs sont imposés ; il n'est pas impossible que les métamorphoses d'Ovide aient séduit les imagiers et la perfection de certains bas-reliefs indique suffisamment, à notre avis, que ces motifs étaient de leur goût.
Les Sirènes converties en oiseaux (Liv. v. Fab. VIII et ix), les métamorphoses de Progné en hirondelle, de Philomèle en rossignol, et de Térée en Hupe (Liv. vi. fab. x). La chute
d'Icare, — dépouillé de ses ailes, de Dédale précipité du haut du temple de Minerve; la métamorphose des Cercopes en animaux difformes, Apollon donnant à Midas des oreilles grossières qu'il allonge et couvre d'un poil gris, etc., etc. Il y a évidemment là, cent motifs pour un de sujets dont Tinterprétation plus ou moins exacte peut facilement donner naissance à des bas-reliefs semblables à quelques-uns de ceux du portail des Libraires.
Les Vices et les Fer/z/^ ont également inspiré de nombreuses sculptures, de même que les signes du Zodiaque et on voit souvent la représentation des travaux agricoles des douze mois de l'année sur plus d'un portail de cathédrale.
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"^r^^i'niiiiiiiijiiinM^^
SCULPTURE SUR BOH (Palais de Justice. — Salb des Pa^-Perdus,)
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Enfin il ne faut pas oublier non plus ce que dit Th. Wright (i).
Nos ancêtres ont toujours eu un goût prononcé par les monstruosités de toute sorte, pour les amalgames d'animaux de différentes espèces et pour les composés d'hommes et d'animaux. Il y eut aussi, dit le même auteur, des caricatures de costume, tels seraient des figures simplement présentées, encadrées dans une rosace, par exemple les deux médaillons sculptés sur bois empruntés à la porte des Libraires.
Viennent ensuite les scènes de plusieurs personnages, représentant des mimes, des lutteurs, des jongleurs ou des danseurs.
Les mimes dansaient et chantaient, racontant de joyeuses histoires. Le jongleur du moyen-
(i) Hist. de la Caricature.
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âge réunissait toutes les attributions du mime romain. Souvent il était poëte, et il y eut aussi des femmes jongleurs.
Au moyen-âge les Jongleurs ou ménestrels formaient une classe nombreuse quoique infime et méprisée. Les fabliaux récités par ces jongleurs ont servi de thème a des sculpteurs, nous Tavons déjà vu, et les œuvres des Trouvères ont eu ainsi leur édition monumentale illustrée, mais parfois aussi les sculpteurs ont reproduit les artistes eux-mêmes se livrant à leurs jeux.
A côté de ces scènes de lutteurs et de mimes il y a place aussi pour des scènes intimes empruntées àla vie réelle et contemporaine des artistes, tels sont par exemple ces bas-reliefs du portail de la Calende représentant un groupe d'hommes cherchant à s'emparer de vive force de draperies suspendues à une sorte d'étalage, et cette lutte entre deux hommes dont Tun essaye d'un geste énergique de reprendre à Tautre un coffre que celui-ci emporte sur son épaule.
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