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POLICE GÉNÉRALE. — BUREAU PARTICULIER

(Minute d'une lettre du ministre de la Police) A Af. le préfet du Mont-Blanc.

Paris, le 2 septembre 181 5.

Je vous préviens, monsieur le Préfet, que dans une conférence tenue le 27 août à Paris par les ministres des cours alliées, et dans laquelle on a réglé la résidence future des membres de la famille Bonaparte, il a été déterminé que la duchesse de Saint-Leu serait autorisée à séjourner en Suisse sous la surveillance des missions des quatre cours et de celle de S. M. Très Chrétienne près la fédération helvétique.

Vous voudrez bien faire connaître cette détermination à Mme de Saint-Leu et lui délivrer les passeports qui lui seraient nécessaires. Il paraîtrait toutefois convenable qu'elle ne se mît en route qu'après s'être assurée que le gouvernement suisse est disposé à la recevoir. Il va être fait communication officielle à ce gouvernement de la détermination adoptée par les cours alliées.

LES SECRETS DES BONAPARTE l6^

A Monsieur le baron Finoi, préfet du département du Mont-Blaric, à Chambéry,

Quartier général de Genève, le 4 octobre 1815,

Monsieur le Préfet,

Je regrette infiniment de ne pouvoir accéder à la demande que vous avez bien voulu me transmettre de la part de Mme la Duchesse de Saint-Leu, qui désire obtenir des passeports pour se rendre à Genève. Les ordres précis que j'ai reçus de la Haute-Diète sont un obstacle à l'accomplissement des désirs de Mme la Duchesse ; et c'est déjà pour m'y conformer que j'ai été obligé de l'inviter à s'éloigner.

Au reste, je puis vous assurer, Monsieur le Préfet, que la Diète s'est déjà expliquée à ce sujet avec les ministres des hautes puissances alliées, de manière à ne laisser aucun doute sur son désir bien prononcé de ne souffrir en Suisse aucun des membres de la famille Bonaparte ou de ses adhérents.

Agréez, etc.

Le Colonel fédéral, Commandant de brigade et la place de Genève,

DE SONNENBERG.

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Copie de la réponse faite par M, le secrétaire de légation Failly à la lettre que M, le préfet du Mont-Blanc avait écrite à M, le comte Talleyrand, ministre de S. M. près le gouvernement helvétique au sujet de Mme la Duchesse de Saint-Leu.

Zurich, le lo octobre 1815.

... Quoique connaissant déjà l'intention des cantons de ne laisser séjourner sur leur territoire aucun des membres de la famille Bonaparte, j'ai cru, nonobstant, devoir en conférer avec M. le Bourgmestre de Zurich, Président du conseil d'État du canton directeur, qui m'a confirmé de nouveau la résolution unanime des gouvernements cantonaux à cet égard, en me représentant tous les inconvénients qui pouvaient résulter de la présence de Mme de Saint-Leu avec sa suite, notamment dans la partie de la Suisse qu'elle désirerait habiter.

Je pense donc. Monsieur le Préfet, qu'il conviendrait de prévenir cette dame que son séjour à Prangins souffrira sûrement de grandes difficultés, vu les inconvénients qu'il présente tant pour la Suisse que pour la France, et de l'engager alors à demander une autre résidence...

Failly.

A S, E, le Ministre de la Police générale.

Bourg, le ii octobre 1815.

Monseigneur,

Votre Excellence n'ignore pas que Mme Louis .Bonaparte possède à Pregny une maison de campagne sise sur les bords du lac de Genève, elle s'y était établie pendant une partie de Tété dernier et elle Ta habitée de nouveau depuis le mois de juillet. A cette époque j'en prévins le prédécesseur de Votre Excellence en lui demandant de me guider dans la conduite qu'il convenait de tenir à son égard. Peu de jours après elle quitta Pregny pour se rendre aux eaux d'Aix et je n'insistai pas pour obtenir une réponse.

J'apprends aujourd'hui que Mme Hortense était attendue le 8 de ce mois à Pregny et je prie Votre Excellence de me faire connaître si je dois autoriser son séjour dans cette commune de mon département. Les personnes qui, l'année dernière, ont observé avec suite les manœuvres des bonapartistes ne doutent pas qu'ils n'aient été vivement secondés par cette dame et par son beau-frère Joseph ; c'était de la Suisse et des bords du lac de Genève que partaient les fausses nouvelles et les

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écrits incendiaires qui ont produit de si funestes effets. C'est aux mêmes sources que les agitateurs puisaient les sommes qu'ils employaient à corrompre les troupes et le peuple. Je ne dissimule pas à Votre Excellence que le séjour de Mme Hortense à Pregny offrirait de . graves inconvénients et accréditerait les bruits absurdes qui ne cessent de circuler. Les dons considérables que par bienfaisance ou par quelqu'autre motif cette dame répand autour d'elle lui concilient l'affection du peuple, et lui attirerait (sic) de nombreux auxiliaires dans le cas peu douteux où elle chercherait à nuire au gouvernement et il lui serait très facile de le faire dans un pays où les esprits sont si mal disposés et où il règne si peu d'attachement pour la cause royale. Je fus instruit il y a peu de jours que lors de son premier passage à Gex des cris de : Vive l'Empereur, se firent entendre, quelques personnes prétendent même qu'arrivée à l'extrémité du faubourg, elle jeta de sa voiture au peuple assemblé des poignées de monnaie pour faire redoubler ces mêmes cris, ce qui lui réussit complètement. Je pense donc, Monseigneur, que pour la tranquillité de ce département et de ceux qui l'avoisinent, Mme Louis Bonaparte

ne doit pas être autorisée à séjourner à Pregny, et je prie Votre Excellence de lui faire enjoindre de s'en éloigner. Je la ferai observer avec soin jusqu'à ce que j*aie reçu les ordres de Votre Excellence.

Je suis, etc.

Le maître des requêtes, Préfet du département de VA in y

Du Martroy.

A S. E. le Ministre et Secrétaire d'Etat de la Police générale

Chambéry, le 13 novembre 181 5.

Monseigneur,

... La duchesse de Saint-Leu paraît toujours désirer beaucoup une prompte décision sur son sort. Elle m'a fait prier d'en écrire à M. le Duc de Richelieu.

Lorsque le Gouvernement de Sardaigne prendra possession de ce département, elle se trouvera dans une position très embarrassante. On ne lui permettra sûrement pas de rester à Aix. Je dois l'empêcher de rentrer dans les limites ée l'ancienne France et la Suisse ne

veut pas la recevoir. Elle redoute, par ces motifs, le moment de l'occupation de ce pays qui semble n'être pas éloignée.

La conduite de Mme de Saint-Leu à Aix n'offre au surplus rien de répréhensible. Je ne m'aperçois point que cette dame entretienne aucune intelligence avec les généraux de l'armée autrichienne.

Je suis, etc.- Le préfet du Mont-Blanc^

Le baron Finot.

Préfecture du Mont-Blanc Indication des sept passeports délivrés le 55 novembre 181^ à Mme la Duchesse de Saint-Leu et sa suite, pour se rendre en Suisse.

I® Mme la Duchesse de Saint-Leu et son fils ;

Mme Bur (i), nourrice ;

Mme Lacroix (2), femme de chambre ;

Caillot, valet de pied ;

Alexandre, chef de cuisine.

2° M. Lacroix (2), valet de chambre.

(1) Lisez Bure.

(2) Parents de Mme Cornu. Je tiens de M. Renan que la publication des lettres à elle adressées par Napoléon III est indéfiniment ajournée, llmpératrice s'y opposant. Une partie de CCS lettres, celle qui concerne la nomination dn prince de HohenzoUern comme prince de Roumanie, a été léguée par Mme Corna à M. Ubicini, mort depuis.

y Florentin Demongeot, cocher, et

Louison, palefrenier.

40 M. Rousseau, valet de chambre.

50 Mlle Cochellet (i), sa femme de chambre

et un domestique.

6° M. Bertrand et son domestique.

7° M. Marmol et son domestique.

Certifié par nous, préfet du département du Mont-Blanc.

Le baron Finot.

(Copie d'une lettre adressée au duc de Richelieu, ministre des Affaires étrangères,)

Berne, le 25 novembre 181 5.

Monseigneur,

Le gouvernement de Berne vient de recevoir une lettre du Conseil d'État de Zurich qui le prévient que Mme de Saint-Leu ayant sollicité la permission de se rendre à Constance en passant par la Suisse, il n'a pas cru devoir se refuser à cette demande, et qu'en conséquence il invite les cantons qu'elle doit traverser, à lui

(1) Dans un document émané de la police de la Restauration, j'ai trouvé qu'elle avait été maîtresse de Napoléon 1". Elle est devenue depuis Mme Parquin.

accorder le passage. D'après cet avis le gouvernement de Berne a donné des ordres pour qu'une escorte accompagne cette dame lorsqu'elle arrivera sur le territoire de Berne.

On croit qu'elle ne va à Constance que pour y attendre une destination ultérieure, et que peut-être se rendra-t-elle à Munich, ce qui serait infiniment plus convenable que de la voir résider en Suisse, surtout dans le canton de Vaud, où la présence d'une telle personne aurait eu les plus graves inconvénients.

Cependant, Monseigneur, sachant que le chargé d'aflaires de Russie, le baron de Krudener, a reçu Tordre de faire de nouvelles démarches pour lui obtenir la permission de résider à Saint-Gall, demande qui a été déjà rejetée, j'appréhende qu'il ne soit encore question d'insister pour forcer en quelque sorte le canton à lui donner asile ; et l'obstination que met cette dame de vouloir résider en Suisse^ surtout dans un des nouveaux cantons, suffirait pour me faire soupçonner fortement ses mauvais desseins.

Il m'est impossible de ne pas encore représenter à Votre Excellence tous les inconvéniens que présente le séjour de Saint-Gall.

Les relations de commerce que cette ville

entretient au dehors de la Suisse font que grand nombre de marchands étrangers, commis-voyageurs, particulièrement des Français, y viennent fréquemment, gens pour la plupart connus pour faire la contrebande, et qu'il serait si facile d'employer pour faire passer des correspondances et entretenir des communications dans l'intérieur de la France..., etc.

Je ne répéterai pas ici, Monseigneur, ce que j'ai déjà eu Thonneur de représenter à Votre Excellence, sur la prétendue surveillance des Ministres résidents en Suisse, même tout à fait illusoire, et que Mme de Saint-Leu se ferait même un jeu de déjouer. Les observations que je fais ici à Votre Excellence sont, j'ose le dire, d'une telle évidence queM. le baron de Krudener, qui m'a fait part des ordres qu'il avait reçus à ce sujet, n'a rien pu alléguer contre les vives représentations que je lui ai faites, convaincu plus que jamais de la nécessité de ne laisser à cette dame aucune espèce de connexion avec la France.

Je prie, etc.

Pour le Ministre,

Le Secrétaire de Légation^

Failly.

A S, E. Moniteur [sic) de Ca^es, ministre et secrétaire d'État de la Police générale

Chambéry, le 27 novembre 181-5.

Monseigneur,

Mme la Duchesse de Saint-Leu quitte Aixles-Bains demain, 28 novembre, pour se rendre en Suisse et de là à Constance...

J'ai hésité pour expédier ces passeports : le grand intérêt que Votre Excellence attachait à ce que Mme de Saint-Leu ne rentrât pas dans les limites de Tancienne France m'a fait craindre que cette dame ne fût encore refusée sur les limites de la Suisse et ne rétrogradât sur le département de TAin, ce qui aurait été contraire aux recommandations multipliées que Votre Excellence m'a adressées. Pour sortir d'incertitude, j'ai cru devoir me rendre à Aix auprès de cette dame, démarche que jusque-là ma position m'avait interdite. Elle m'a montré les passeports que la Diète lui a fait remettre et qui Tautorisent à traverser divers cantons pour se rendre à Constance où elle attendra de nouvelles déterminations. Ces passeports sont conçus dans les termes les plus forts. Ils recommandent aux autorités des cantons de

traiter Mme de Saint-Leu avec tous les égards qii exigent son sexe, sa situation et le vif intérêt que prennent à Elle les puissances alliées. Je suis resté fort peu de moments chez Mme de Saint-Leu. Elle m'a parlé avec chagrin des calomnies que les journaux répandent sur son compte et des procédés de son mari qui fait vendre Saint-Leu et son hôtel de Paris. Je n'ai point cherché à étendre cette conversation à d'autres objets. M. Apple, l'un des aides-decamp du prince de Schwartzemberg, a presque constamment résidé à Aix auprès de Mme la Duchesse et ne l'a quittée que depuis quelques jours pour retourner à Dijon où se trouve son

régiment...

Le préfet du Mont-Blanc ,

Le Baron Finot.

A S. E, le Ministre de la Police

Bourg, le 4 décembre 181 5.

Monseigneur,

Mme Louis Bonaparte est arrivée le 28 novembre à Pregny et y a passé une journée entière. D'après vos ordres, le sous-préfet, craignant qu'elle n'y formât un établissement, lui a représenté qu'il n'était pas autorisé à tolérer

son séjour dans son arrondissement ; elle est repartie le lendemain matin.

Pendant les deux nuits qu'elle a passées a Pregny, sa maison a été entourée d'émissaires nombreux, parce que Ton espérait s'emparer de quelques émissaires ou de correspondances venant du canton de Vaud. Le commandant de la gendarmerie dans l'arrondissement de Gex a même pris sur lui de faire une visite domiciliaire chez la Duchesse; mais ces diverses précautions n*ont produit aucun résultat.

Je suis, etc.

Le maître des requêtes, Préfet du département de VAin^

Du Martroy.

Février 1816.

(Correspondants de la reine Hortense,)

M. Devaux à Paris.

Mme Héser id.

M. Fraum de Lise id.

Mme la Marquise de Saigné, à Paris.

Mme Pépin id.

Mme Depreville id.

Mme Duon id.

M. Bonigut id.

M. Trons le Bois id.

Mme Martinet à Plombières.

La correspondance avec M. le baron Devaux ( i ) est la plus active.

(En février i8iy Hortense envoie une corbeille à Mme Devaux,)

(Au ministre de la Police.)

Zurich, le 12 juillet 1816.

Monsieur le comte,

D'après un rapport que je reçois de Constance, mais dont je n'oserais garantir l'exactitude, il paraît que Mme Hortense Bonaparte est partie le 29 juin pour Munich et qu'elle doit revenir le 9 ou le 10 juillet à Constance.

Le gouverneur de son fils qui lui sert d'aumônier est un prêtre de la Lorraine nommé Bertrand.

M. de Marmol, M. Cochelet sont avec elle^ ce dernier venu il y a peu de temps de Munich à Constance avec M. de Beauharnais qui y a passé peu de jours. Elle a pour dame de compagnie Mlle Cochelet ; c'est par le moyen de banquiers que Mme Hortense correspond avec la France et l'Italie.

(l) Mi«*-he!-Victor Moisson Devaux, intendiuit général de la maison de la reine Hortense, fut créé baron le 5 décembre 1811 (Archives nationales). Voir pour sj postérité celle de Mme Tallien (tomes 1 et II du Curieux).

Méhée delà Touche, lié avec Bréval, se rencontrent souvent dans Constance, ce dernier a fait un ouvrage que M, Méhée Ta prié en grâce de ne point envoyer, lui représentant qu'il pouvait faire tort avec (^s/V^) tous les exilés, instances qui furent inutiles.

Un troisième ordre vient d'être donné par la cour de Carlsruhe pour forcer les conventionnels de quitter Constance à* l'exception des vieillards et des infirmes.

Michel, premier cocher de Mme Hortense, vient d'être renvoyé par elle. 11 doit retourner en France.

Un tailleur nommé Joseph Guibert qui a travaillé pour le fils de Mme Hortense doit partir incessamment pour Paris, il s'est vanté d'avoir de Mme Hortense plus de 16 recommandations; on me mande qu'il tient des propos fort indiscrets contre le Gouvernement actuel et contre Sa Majesté. Ce tailleur est un homme peu délicat, passionné pour l'argent et grand bavard. S'il arrive à Paris, peut-être Votre Excellence pourrait-elle s'en servir utilement.

Mlle Cocheletdont j'ai annoncé à M. le duc de Richelieu, le 5 de ce mois, le passageà Berne, est arrivée le 8 à Constance : elle a passé par Saint-Gall, ce qui fait soupçonner à celui qui

m'écrit que peut-être avait-elle quelques arrangements à prendre avec un banquier de cette ville pour établir des correspondances; c'est un soupçon.

Un nommé Hoinler qui se dit musicien est également arrivé à Constance et en est reparti. C'est un homme qui autrefois était employé par le Vice-Roi.

Comme j'ai eu Thonneur de le dire plus haut à Votre Excellence, ne connaissant particulièrement personne à Constance, je ne puis répondre de l'exactitude des rapports de celui qui m'écrit ; quoi qu'ils ne soient pas fort intéressants, j'ai cru devoir les donner à Votre Excellence parce qu'il est quelquefois possible que Votre Excellence tire parti d'un renseignement qui ne me paraît pas avoir d'importance.

Si j'en crois les bruits sourds qui circulent, il paraîtrait que les mécontents de France et d'Italie se sont adressés à l'empereur de Russie, en lui faisant à leur manière un tableau de la France et qu'ils mettent fort en avant Eugène Beauharnais ; mais je regarde tous ces propos comme très insignifiants. Votre Excellence est plus à même que personne de juger s'ils ont le moindre fondement.

Je prie, etc.

Comte Auguste Talleyrand.

l8o LES SECRETS DES BONAPARTE

Mme Hortense doit aller sous peu de jours à Gast, canton d'Appenzel, pour prendre le petit lait de chèvres.

(A H ministre de la Police.)

Zurich 6 août 1816.

Monsieur le Comte,

Votre Excellence m'a prié de lui donner quelques notions sur la manière dont Mme Hortense serait reçue dans le pays d'Appenzel. M. Zelwegner landammande ce canton lui a fait toutes les avances possibles et lui a donné un grand dîner, ce qui me met dans le plus grand embarras, car si je me plains je suis sûr de n'avoir que de mauvaises réponses et que le peuple même de ce canton démocratique approuvera son landamman ; d'autant que Mme Hortense répandant de l'argent dans le pays ne peut manquer d'y être aimée, et je ferais une fausse démarche qui nuira à toutes celles que je pourrais être dans le cas de faire par la suite. Si je me tais, les Vaudois ne manqueront pas de dire : ce n'est que contre nous que le ministre de France crie toujours; si notre landamman en avait agi ainsi, s'il avait donné un semblable exemple, quelles plaintes n'aurait pas formées

M. de Talleyrand, il ménage M. Zelwegner parce qu'il est l'ami des Bernois.

J'ai peur que cette femme qui est fort adroite n'ait engagé M. Zelwegner à permettre que les lettres qu'elle reçoit lui soyent expédiés sous son couvert, car depuis huit jours aucunes ne lui ont été envoyées aux adresses .accoutumées, ce qui a étonné la personne dont j*ai parlé à Votre Excellence le dernier courrier...

Je prie, etc.

Comte Auguste Talleyrand.

(Copie d'une lettre de M, le baron d'Itner, ministre du Grand-Duc de Bade en Suisse , au comte Auguste de Talleyrand),

Constance 15 septembre 18 16.

Monsieur le Comte,

Je suis arrivé à Constance le 9 du courant, j 'ai appris que le Grand-Duc avait dépêché il y a quelques jours le général Fracken pour insinuer à Mme Hortense qu'elle devait quitter Constance, que des instances lui en avaient été faites de la part du Roi de France par son ministre à Carlsruhe. Cet officier général a resté deux jours ici, il est reparti avec des lettres de Mme Hortense.

Cependant cette dame se flatte toujours de Tespoir de pouvoir rester encore ici. Elle soutient qu'elle avait des lettres des ministres dWutriche et de Russie bien antérieures qui lui permettaient de pouvoir prendre son séjour dans cette ville ou de rester en Suisse. Je ne sais pas sur quoi se fonde cette assertion, mais je me souviens de Tavoir entendue lors de son arrivée chez nous. Apparemment que notre Cour avait consulté les ministres à sa première apparition et qu'ils ont donné une réponse favorable.

Le Grand-Duc a envoyé des ordres positifs au Directoire du Cercle de Constance de faire quitter cette ville à tous les émigrés proscrits par les lois de France en cas qu'ils fussent en état de voyager, sans tort de leur santé. Il est vrai que la plupart sont arrivés ici accablés de maladies et d'infirmités, mais ils avaient bien depuis le temps de se guérir en se reposant et de se transporter ailleurs. . .

Agréez, etc. Baron D'Itner.

(Aîi ministre de la Police.)

Berne, le 14 novembre 1816.

Monsieur le Comte, Je m'empresse de donner à Votre Excellence

les nouvelles que je viens de recevoir de Constance.

Mme Hortense ne paraît plus faire des dispositions pour partir, comme il y avait apparence. Peut-être a-t-elle reçu une permission prolongée de rester ici. Elle s'amuse comme elle peut; la maison de Macaire, négociant, ancien émigré, de Genève, qui a une fabrique en coton ici et qui fait des affaires, lui donne des soupers et des bals.

Je viens d'apprendre que la demoiselle Cochelet, qui est de sa suite, s'était rendue à Schafîhouse, il y a à peu près cinq semaines ; elle y a resté quelques jours et s'est abouchée à Mme la Duchesse de Bassano qui doit l'y avoir donné rendez-vous.

M. Cochelet, frère de la demoiselle, s'est rendu d'ici à la foire de Francfort; il y a resté plus de quinze jours. On suppose qu'il y a porté des dépêches de la part de Mme Hortense.

La duchesse a fait en attendant deux voyages, l'un en Souabe pour voir la princesse mère de Hohenzollern Sigmaringen née princesse de Salm, dont le frère fut guillotiné à Paris, fameuse par différentes aventures et très liée avec Mme de Beauharnais (l'impératrice Joséphine)

184 fcCS SECRETS DBS BONAPARTE

dont elle avait sauvé les enfants (Eugène et Hortense) durant les désastres de la Révolution. Le second voyage dont elle est revenue il y a quelques jours, doit avoir été pour faire un tour du lac de Zurich. L'absence a duré environ huit jours. Elle fut accompagnée de peu de personnes,

On fait des dispositions dans sa maison pour monter un petit théâtre et pour y donner des pièces par les personnes de sa suite et quelques amateurs. C'est pour tuer l'ennui qui doit la tourmenter dans cette ville solitaire.

Agréez, etc.

Comte Auguste Talleyrand.

(^4 H ministre de la Police,)

Berne, le 2^ novembre 1816.

Monsieur le Comte, Je reçois de Constance l'avis suivant qui me vient de bonne source :

Il y a toute apparence que Mme Hortense va partir d'ici sur les ordres réitérés de notre Cour, elle ledit même aux personnes qui vont la voir. Son frère, le prince Eugène (i), est arrivé

(1) Les enfants du duc de Leuchtemberg, fils du prince Eugène, ont perdu la qualité de ?tB.ïi(^\%.(Gazeite des Trihu^ nauxàw 11 novembre 1858.)

à Constance le i8 novembre, au soir ; il restera quelques jours; on dit à cette heure qu'il lui a procuré un séjour à Wurtzbourg, je ne laisserai pas de vous informer après si cela est vrai.

Jerprie, etc.

Comte Auguste Talleyrand.

(A u ministre delà Police.)

Berne, le 24 février 18 17.

Monsieur le Comte,

Des renseignements confidentiels, mais positifs, que je reçois de Thurgovie, m'apprennent que Mme Hortense, après avoir acketé dans ce canton une terre, a demandé au gouvernement de Thurgovie la permission d y demeurer.

Deux partis se sont manifestés dans le Conseil : M. Anderwert, un des deux landammans de ce canton, s'est opposé formellement à cette demande, observant que les cantons nouvellement créés, comme la Thurgovie, TArgovie, etc. , passaient dans l'opinion publique pour être attachés à la famille Bonaparte, que le canton de Thurgovie s'exposait donc à la censure des ministres des Grandes Puissances accrédités à la Diète générale des cantons, que si même les ministres d'Autriche et de Russie avaient

l86 LES SECRETS DES BONAPARTE

consenti, comme on le soutenait, à ce que Mme Hortense pût demeurer dans Tintérieur de la Suisse, ils avaient pourtant ajouté que la princesse resterait sous le contrôle et Tinspection desdits ministres et de celui de la France, auquel, a ajouté M. Anderwert, ce séjour, quand même il ne durerait que quelques mois d'été, ne pourrait être indifférent.

M. Morel, Tautre Landanman du canton, s'opposa à ce raisonnement et eut une faible majorité de voix.

Il résulte de ceci, Monsieur le Comte, que j'aurai un parti formé dans le conseil même de Frauenfeld, pour le renvoi de Mme Hortense, si Votre Excellence, comme je le suppose, le juge nécessaire, et me donne des ordres en conséquence. Il est sûr que le château d'Arenenberg, étant sur une montagne dans une position isolée près du lac de Constance, est très propre à faciliter des communications suspectes, et par conséquent très difficile à surveiller, vu que tous ceux qu'on voudrait employer n'ayant aucune raison de se trouver dans ce pays seraient considérés pour espions.

Je ne puis dire que Mme Hortense entretienne une correspondance, car je me fais un devoir de ne jamais mander à Votre Excellence

que ce dont je suis sûr, mais le doute seul me ferait voir, je Tavoue, avec infiniment de peine son établissement dans cette terre...

Agréez, etc.

Comte Auguste Talleyrand.

Rapport sur la famille Bonaparte (sans ^'/^^ ';«d;/S de 1821),

La duchesse de Parme, — Les États de Tarchiduchesse Marie-Louise ont souvent été signalés avant les derniers événements d'Italie comme un lieu de refuge pour les mécontents Italiens et Français.

On parlait même de la formation d'une loge à Parme, à Tinstar des Carbonari, et de correspondances établies avec Genève, Milan, Livourne, etc., sinon favorisées, au moins tolérées par le ministre chargé de la haute direction des affaires, que l'on disait opposé au système consacré par les derniers traités.

Mais une longue observation concertée avec le cabinet de Vienne n'offrit que des résultats négatifs.

Un médecin génois, le sieur Podeste, qui a été employé à Naples sous le gouvernement de Joachim Murât, et qui, depuis, s'est fixé à

Plaisance, où il a acheté une propriété nationale, mérite une attention particulière s'il est encore dans le pays. Sa conduite antérieure et les principes qu'il a toujours manifestés ne permettent pas de douter qu'il ne soit disposé à saisir toutes les occasions d'agir contre l'ordre actuel des choses.

Au mois de septembre 182 1, Mme l'Archiduchesse a fait un voyage de quinze jours à Florence. Le comte de Neiperg, qui l'accompagnait, a dîné chez l'ambassadeur de France et a offert assez ouvertement à M. le marquis de La Maisonfort de lui faire avoir une audience particulière de la princesse, proposition qui a été poliment déclinée.

« Le comte de Neiperg, ajoute le ministre de France, m'a parlé de Parme, et combien on serait flatté de m'y voir accrédité comme les autres ministres qui résident à Florence. La manière franche dont Tarchiduchesse se prononce sur ce qui regarde la France mériterait peut-être de l'emporter sur toutes les considérations qui ont pu jusqu'ici retarder des communications directes. M. de Neiperg est tout ce qu'on peut désirer de mieux ; on dirait que c'est à Paris qu'il a été nommé chevalier de Mme l'Archiduchesse. »

Le II octobre, date de la7dépêche, la princesse était rentrée dans ses États

L'on croit devoir rappeler à ce sujet ce que rapportait M. le Préfet de l'Isère à la date du 16 juillet 1820 :

« Plusieurs personnes de ma connaissance arrivent d'Italie. A leur passage à Parme, elles ont demandé à visiter le palais, on leur a dit que cette faveur était refusée à tout le monde, excepté à des Français. En effet, elles ont été introduites et dirigées par des domestiques français, qui n'ont pas manqué d'exalter la valeur et les vertus de l'archiduchesse et de préconiser les dispositions de son fils, dont le portrait est répété plusieurs fois dans chaque appartement, et presque toujours avec un costume militaire. Plusieurs tableaux représentent cet enfant commandant des détachements du régiment autrichien auquel il est attaché. On parle de IWection que lui témoigne la famille de sa mère et on a Fair de regarder le triomphe du gouvernement impérial comme immanquable.

« Ces mêmes personnes m'ont informé que s'étant présentées dans une» maison de Plaisance qu'habitait l'archiduchesse Marie-Louise, l'entrée leur en était refusée, lorsque la

princesse, informée de la présence de plusieurs Français, ordonna qu'ils fussent introduits et les admit en sa présence. »

Mme Bonaparte mère, — La princesse Borghêse, — Le cardinal Fescli. — Lucien et Louis Bonaparte. — Tous fixés, depuis plusieurs années, à Rome ou dans les environs.

Ils ont été longtemps, à l'exception de Louis, délaissés de toute la noblesse romaine et de tout ce qui se trouvait à Rome d'étrangers marquants, quelques Anglais seuls exceptés.

Les derniers renseignements, qui remontent à une date assez ancienne, les présentaient comme divisés entre eux.

Lucien et Louis ne se voyaient pas; tout rapport avait même cessé entre leurs enfants. Ils étaient Tun et l'autre mal avec leur mère et se plaignaient de son extrême avarice.

Louis s'occupe beaucoup de littérature et de l'éducation de son fils.

Des personnes qui l'approchaient ont assuré qu'il avait voulu faire casser son mariage avec Mme Hortense, mais qu'il n'a pu réussir. Dans le cas où il en aurait obtenu la dissolution, il comptait otirir sa main à la jeune Odescalchi^ sœur de M. Odescalchi, auditeur de rote pour l'Autriche. Ce prélat, ayant su que sa sœur

avait été sollicitée de recevoir des lettres assez pressantes, prit toutes les précautions pour que cette correspondance fut tout à fait interceptée et M. Louis cessa dès ce moment ses poursuites.

Un sieur Cuvillier-Fleury, jeune homme de 19 ans, qui s'était rendu à Rome au commencement de 182 1, a passé dans la maison de M. Louis environ un mois. Il sortait du collège de Louis-le-Grand et on présume qu'il avait été appelé à Rome pour l'éducation du fils du comte de Saint-Leu.

Ce jeune homme est de retour à Paris depuis le mois de juin.

La comtesse de Saint-Leu, — Elle réside ordinairement à Arenenberg au bord du lac Inférieur et sur le chemin de Schaffhouse à Constance.

La , suite se compose d'une trentaine de personnes logées tant à Arenenberg qu'à Landeck, maison distante d'une demi-lieue de la première. C'est dans celle-ci que demeure Mlle Cochelet, lorsqu'elle se rend auprès de Mme de Saint-Leu, car depuis quelque temps elle est presque toujours à Paris.

Toutes ces habitations suffisent à peine pour

loger les maîtres et les personnes de leur suite.

Aussi lors du voyage que le prince Eugène a fait à Arenenberg au mois d'août dernier, a-t-il laissé à Constance les personnes qui l'accompagnaient, quoiqu'elles fussent en petit nombre.

A cette même époque (mois d'août), Mme la maréchale Duroc et la mère du maréchal Ney se trouvaient à Arenenberg.

Le bruit a couru, vers ce même temps, que Mme de Saint-Leu avait accueilli M. de Saint- Marsan, l'un des fugitifs piémontais réfugiés en Suisse ; et ce bruit aurait acquis assez de consistance pour déterminer la légation française à faire prendre sur les lieux des informations qui n'ont produit aucun résultat. M. le chargé d'aftaires de France en Suisse observait à cet égard (lettre du 27 août) qu'il ne paraissait pas vraisemblable que Mme de Saint-Leu, qui vit d'ailleurs très retirée, voulût se compromettre en accueillant chez elle des personnages aussi connus.

Le landamman Muller Friedberg, de Saint- Gall, va la visiter assez fréquemment.

Rapport sur la famille Bonaparte (sans date) (doit être daté de 18 21 à 25J

Les membres de la famille Bonaparte, fixés à

Rome, ont conservé peu de rapports directs avec la France, et seulement pour leurs affaires particulières.

Lucien, prince de Canino, s'était placé, avant même la chute de son frère, dans une position à n'inspirer aucune inquiétude; et rien n'annonce dans sa conduite depuis la Restauration qu'il ait voulu sortir de l'obscurité à laquelle il s'était condamné. Depuis, longtemps on ne parle plus de lui.

Louis a toujours montré un caractère timide, peu propre aux intrigues politiques. Depuis qu'il est à Rome, il n'a paru s'occuper que de pratiques religieuses et du soin de sa famille. Il fit l'année dernière un voyage en Bavière et sur les bords du lac de Constance où Mme de Saint-Leu réside ordinairement. Celle-ci le suivit à Rome, où elle a passé l'hiver dernier.

A la suite d'un voyage à Carlsbad (sa santé est des plus mauvaises)^ Louis Bonaparte a encore reparu dans le cours du mois passé à Munich, où il ne s'est arrêté que peu de jours, et d'où il s'est rendu auprès de sa femme. Le bruit court qu'il doit encore l'emmener à Rome, où elle fixera définitivement sa résidence.

Plusieurs jeunes professeurs^ appelés successivement à Rome pour veiller à l'éducation de

ses enfants, ont été soupçonnés d'avoir conservé des rapports avec Louis Bonaparte; mais ils Font quitté trop mécontents de ses procédés pour que ces soupçons paraissent fondés; et d'ailleurs la surveillance dont ils ont été Tobjet depuis leur retour n'a produit que des résultats favorables.

Le cardinal Fesch et Mme Letitia paraissent d'une nullité absolue.

Il en est de même de la princesse Borghèse, dont le mari a quitté récemment l'Italie pour se rendre en Angleterre sous le nom de prince de Salmona.

Jusqu'à la mort de Bonaparte, plusieurs Corses attachés à sa famille par les bienfaits qu'ils en avaient reçus, ont entretenu des relations suivies avec Rome; mais depuis l'événement de Sainte-Hélène, tout paraît avoir cessé. Le sieur Santini, ex-huissier de la chambre de Bonaparte, qu'il avait suivi à Sainte-Hélène, l'un de ceux dont les dispositions seraient le plus à redouter, tient lui-même une conduite très paisible depuis son retour en Corse.

Un Napolitain nommé Palomba, prenant le titre de marquis de Cesa, connu par ses liaisons intimes avec la princesse Borghèse, fait d'assez fréquents voyages en France et pourrait, au

besoin, servir des manœuvres politiques. Il a pour domestique un nommé Lambert ou Lamberto, dit l'Enfant, qui joint à l'esprit d'intrigue une grande activité.

Un avocat romain, le sieur Vanutelli, vient aussi quelquefois à Paris; il est chargé des affaires de plusieurs membres de la famille Bonaparte.

Mais un homme plus dangereux, sans doute, dans une circonstance donnée, serait le sieur Berchut, tailleur au Palais-Royal et l'un des principaux fermiers du duc d'Orléans. Il a fait récemment un voyage à Rome pour porter à Mme Letitia divers objets qui avaient appartenu à Bonaparte.

Jérôme a toujours résidé, depuis 1816, à Trieste et dans les environs, où il vit isolé depuis la rentrée en France du duc de Bassano, du sieur Pons, ex-préfet du Rhône dans les Cent-Jours, et de quelques autres Français qui s'étaient réfugiés dans ces contrées.

Le chevalier Abattucci, son intendant, fait sa résidence ordinaire à Paris, d'où il fait quelques voyages à Trieste à des intervalles plus ou moins éloignés. Son dévouement à la famille n'est pas douteux; il voit habituellement les comtes Bertrand et Montholon. Toutefois le

mauvais état de sa santé le rend peu dangereux.

La veuve Murât, fixée dans les états autrichiens, sous le nom de comtesse Lipano, n'avait donné lieu de longtemps à aucune observation. Mais suivant les confidences d'un sieur Camus, élève de l'école polytechnique, qui a été sousgouverneur des enfants de Louis, et qui est revenu en France par suite de mécontentement, la comtesse Lipano entretiendrait une correspondance active avec la France par l'intermédiaire dun sieur Girard qui demeure à la filature d'Irtemberg, près de Vienne en Autriche .

Elle a plusieurs parents qui habitent le château de Roquemont près de Versailles : le sieur Bonafous, chef d'escadron en demi-solde, la comtesse Corrigniano née Murât, et le sieur Gaétan Murât, frère de la comtesse.

On ne connaît à Joseph Bonaparte aucun rapport direct avec la France, à l'exception du sieur Clary, son beau-frère, et du sieur Paroisse, son ancien médecin : ce dernier résidait il y a quelques années à Soissons (Aisne) ; mais il y en a nécessairement en Suisse, dans le canton de Vaud, où il a conservé des propriétés, notamment le château de Prangins et ses dépendances.

Le bruit s'est récemment répandu en Suisse et en Espagne qu'il était arrivé à Londres et qu'il devait se mettre à la tête des réfugiés de tous les pays pour tenter un coup de main sur la péninsule. Ce bruit n'avait aucun fondement.

Mme Louis Bonaparte, duchesse de Saint- Leu, est établie à Augsbourg; mais elle passe une grande partie de l'année au château d'Arenenberg, sur le lac de Constance. Elle n'a pas cessé d'être considérée depuis qu'elle est fixée dans ce pays comme entretenant des correspondances très actives aveclaFrance. Ses principaux intermédiaires sont :

L'ex-capitalne Parquin, gravement compromis dans la conspiration du 19 août 1820, qui a depuis épousé la demoiselle Cochelet, exlectrice de Mme de Saint-Leu, et qui réside ordinairement à Landeck,maison située à peu de distance d'Arenenberg. Il fait avec sa femme de fréquents voyages à Paris ;

Les frères Macaire, originaires de Genève, établis négociants à Constance;

Delisle (Charles), négociant à Constance;

Le baron Devaux, ex-colonel, intendant de Mme de Saint-Leu ;

Le baron d'Arnay, qui a été longtemps à Paris chargé des affaires du prince Eugène ;

Le sieur Calmetet, anciennement attaché au prince Eugène, et fixé aujourd'hui à Paris;

Le sieur Cochelet, frère de la dame Parquin, demeurant aussi à Paris.

Ici finissent malheureusement les rapports des Archives nationales.

Sur le séjour de la reine Hortense à Rome dans rhiver de 1828 à 29 on peut consulter le comte d'Haussonville^ Ma Jeunesse^ pages 196-9.

L*existence de la reine depuis 1830 demanderait à être racontée sur les sources, j'ai déjà dit que Napoléon III avait retiré des Archives certains pajpiers compromettants.

On trouvera deux lettres de la reine, Tune du 31 octobre 1833 à la maréchale Ney dansun recueil peu connu [Letters of the Bonaparte family, front the originals in the autograph collection of baron Heath; Miscellanies of the Philobihlon society, tome XIV , 18 j 2-6; Bibliothèque nationale Z 2441 -f- cq 14), Tautre du 6 novembre 1836 au comte Mole (i) (catalogue Morrison, tome i). Voir aussi l'analyse d'une

(1) Si je comprends bien un p.issage des 1res curieux Souvenirs du comte Mole {Revue de la Révolution, i888), il a été l'am'^ant de la relue Hortense; le futur duc Decazes semble aussi l'avoir été.

lettre d'elle du 3 juin 1834 dans le catalogue de la vente Etienne Charavay du 20 décembre 1882, n^ 15.

Enfin je lis dans les Mémoires de Vielcastel (II, 28, à la date du 28 janvier 1852) : «Cottrau, ex-amant de la reine Hortense, sur ses fins, est inspecteur général des Beaux-Arts » ; et il ajoute le 24 décembre (II, 131) que Cottrau est mort « il y a trois jours ». Si j'ai des réserves à faire sur ces fameux Mémoires, je n'en fais aucune en temps qu'ils touchent aux Bonaparte (i).

(1 On a parlé souvent d'enfants naturels de la reine Hortense.

Pour le comte Arese, le lieu de sa naissance est une difficulté véritable.

Pour Théodore - François - Joseph Labarre, compositeur, marié à Paris (2*) le 23 mars 1839 avec Aglaé-Autoinette- Caroline Lambert, en légitimant leur tils Antoine (né à Paris (lO*) le 3 décembre 4835, marié à Paris (48*) le 11 novembre 1869 à Julia-Marie-Octavie de Gourlet), la date de sa naissance (1805) rend Thypothèse inadmissible.

Pour Théodore-Joseph- Félix Blangini, compositeur, son père Josepli-Marc-Marie-Félix Blangini, compositeur, fut du dernier bien (Voir ses Souvenirs) avec Pauline Borghèse.

LES ENFANTS DE NAPOLÉON I- (i).

Il ne s'agit pas du roi de Rome, mort duc de Reichstadt.

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