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LE COMTE LÉON

Qu'était la mère du comte Léon ? Voici une pièce qui nous apporte sur elle un certain nombre de renseignements ; c'est l'acte de son premier mariage.

(i) La bibliographie de Napoléon I*' serait redoutable à

faire. Je me bornerai à signaler : Melzi d'Eril dtica di Lodi.

Memorie^ documenti e lettere inédite di Napoleone V e

E, Beauhamais Milano, 1865, 2 vol. in-8, portrait de Melzi.

(Bibliothèque nationale Lb — ).

M. Frédéric Moisson a signé daas le Gaulois du 2 avril 188.3 un article intéressant sur Napoléon V diaprés les ptipiers Libri-Âshburnham.

(t Mon père était chambellan de Timpératrice Joséphine, il avait été son amant avant son mariage avec Napoléon, il rétait redevenu depuis le divorce. » (Vielcastel, MémoireSy II, 16.)

DÉPARTEMENT DE SEINE-ET-OISE, — MAIRIE DE SAINT- GERMAIN-EN-LAYE. — ÉTAT CIVIL.

Extrait des registres de Vétat civil de la ville de Saint-Germain-en-Laye ,

Du 25 nivôse, Tan XIll de la République française.

Acte de mariage de Jean-Honoré-François Revel, âgé de trente-un ans, né le 11 septembre 1773, en la commune de Mougins, département du Var ; domicilié rue du Faubourg- Saint-Honoré, n° 8, division des Champs-Elysées, premier arrondissement de la ville de Paris ; capitaine au quinzième régiment de dragons, attaché à l'inspection du général Davrange d'Haugeranville, fils majeur de Jean Revel, propriétaire, demeurant en ladite commune de Mougins, et de défunte Angélique- Charlotte Achard ; veuf de Jeanne-Charles Ruzot ; ledit Jean-Honoré-François Revel procédant à son mariage avec le consentement de M. Davrange d'Haugeranville, son général, et celui de son père, en date du 6 du présent mois, représenté par M. Dupuis qui a signé d'une part.

Et Louise-Catherine-Eléonore Denuelle de

la Plaigne, âgée de dix-sept ans, née le 13 septembre 1787, sur la paroisse Saint-Eustache à Paris, et y demeurant chez ses père et mère, rue et boulevard des Italiens, n° 340 ; de fait en cette commune, chez Mme Campan, institutrice, rue des Ursulines, n° 19 ; fille mineure de Dominique Denuelle de la Plaigne, rentier, et deFrançoise-Caroline-Éléonore-SophieCouprie, son épouse, consentant au mariage, et à cet effet, à ce présent d'autre part.

Les actes préliminaires sont : les publications de mariage faites et affichées tant dans les mairies des premier et deuxième arrondissements à Paris, le 25 frimaire dernier, et 2 nivôse présent, qu'en cette commune, les 2 et 9 nivôse , présent mois, conformément à la loi ; les extraits de naissance des deux époux et celui du décès de la première épouse de répoux.

Le tout en forme et sans qu'il soit parvenu aucune opposition, de tous lesquels actes ainsi que des articles du Code contenant les droits et devoirs respectifs des époux, il a été fait lecture par moi, officier de l'état civil, au vœu de la loi.

Les époux présens ont déclaré se prendre en mariage, en présence de Claude-Hippolyte

Preval, âgé de trente-deux ans, officier de la Légion d'honneur, colonel du troisième régiment de cuirassiers en station en cette commune ; de Louis-Joseph Santuari, âgé de cinquante ans passés, chef d'escadron au même régiment, membre de la Légion d*honneur ; de Paul-Charles-Marie Saint-Paul, ancien militaire, âgé de quarante-cinq ans, demeurant rue du Hasard, n° 14, à Paris; de Jean-Baptiste Bruno Francey, âgé de quarante-sept ans, demeurant rue des Petits- Augustins, n° 10, à Paris ; et Jean-François Carrette, négociant, demeurant rue d'Orléans, au Marais.

Après quoi, moi, Jean-Louis Mary, adjoint à la mairie de Saint-Germain-en-Laye, faisant les fonctions d'officier de l'état civil par intérim, ai prononcé qu'au nom de la loi, lesdits époux sont unis en mariage, et ont lesdites parties et témoins signé avec moi les susdits jour et an.

Délivré par nous, maire de la ville de Saint- Germain-en-Laye, officier de l'état civil, le 14 juin 1819.

Danés de Montardat.

La jeune épouse fut attachée à la maison de

la princesse Caroline Murât (i) et ne tarda pas à attirer les regards de Napoléon I*^'. Le 30 janvier 1806 on rinstalla dans Thôtel attenant à l'Elysée, depuis hôtel Sébastiani, habité en 1848 par miss Howard et qu a fait disparaître en 1860 le percement de la rue de l'Elysée.

Le mari aurait pu être gênant ; on le fit donc arrêter (ventôse an XIII) ; du reste, la cour de justice criminelle de Seine-et-Oise le condamna à deux ans de prison pour faux en écriture privée. C'était un assez pauvre sire, comme on le verra par la suite ; et quand le 29 avril 1806 il plut à Napoléon de faire prononcer le divorce, il fit défaut. Voici l'acte de divorce :

Du 29 avril 1806

Acte de divorce de dame Louise-Catherine- Eléonore Denuelle de la Plaigne, âgée de

(1) a Peràigny a auprès de lui uo M. Glavel qui s'intitule la femme de méuage du miai stère {de V Intérieur). Ce M. Clavel, amaot de la reine Murât pendant les deux dernières années de sa vie, tentait de lui faire signer un testament qui le déclarait légataire, lorsque les enfauts arrivèrent et dégagèrent la moribonde, qui put mourir en paix. 11 fallut rachètera Clavel moyennant 6J,000 francs les lettres de la reine. » (Vielcastel, Mémoires,)

M. lung parle quelque part (Lucien Bonaparte, lil, 395) d' « une sorte d'aide de camp, ancien officier, Corse d'origine, le général Macdonal, devenu l'époux de cette étrange reine. »

dix-huit ans, née à Paris, département de la Seine , attachée à S. A. 1. Mme la Princesse Caroline, demeurant à Paris, rue de Provence^ hôtel du Gouvernement, fille mineure de Dominique Denuelle de la Plaigne, rentier, et de Françoise- Caroline-Sophie Couprie, ses père et mère^ assistée de M** Masson, avoué du tribunal de première instance du département de la Seine, son conseil, demeurant à Paris, rue Saint-Louis, n° i8, onzième arrondissement.

Et de Jean-Honoré-François Revel, ancien quartier-maître, âgé de trente-deux ans, né à Mougins, département du Var, demeurant à Paris, rue de la Révolution, hôtel Britannique, son dernier domicile connu, et de cet arrondissement, fils majeur de Jean Revel, propriétaire en la susdite commune de Mougins, et de feue Angélique-Charlotte Achard, ses père et mère^ veuf en premières noces de Jeanne-Charlotte Tuzots {lisei[ Ru^ot).

Les actes préliminaires sont : l'acte de mariage desdits époux, reçu en la commune de Saint-Germain-en-Laye, département de Seineet-Oise, le 25 nivôse an XIII.

L'expédition authentique d'un jugement du tribunal de première instance du département de la Seine, quatrième section, contradictoire

entre lesdits époux, et en date du 1 1 du courant, par lequel le tribunal admet le divorce dudit époux avec ladite épouse, et autorise celle-ci à se retirer devant Tofficier de Tétat civil , pour le faire prononcer pour injures graves.

La signification dudit jugement, faite à répoux, par Serize, huissier audiencier près ledit tribunal, en date du i6 du courant, enregistré le 10 dudit, au domicile élu par ledit époux, suivant exploit de Bazin, huissier, en date du lo février dernier, en la demeure de M" Lebon, ex-avoué, sise à Paris, susdite rue Saint-Louis, n® i8.

Un acte reçu par Ganzer, notaire impérial à la résidence de Dourdan, département de Seine-et-Oise, en présence de témoins, le 20 dudit mois d'avril courant, et enregistré le même jour par Goulet, par lequel acte ledit Jean-François-Honoré Revel renonce à se pourvoir en cassation contre le jugement ci-dessus daté, et consent que le divorce que son épouse est autorisée à faire prononcer en vertu dudit jugement, le soit sur la réquisition de sa susdite épouse, sur-le-champ, et sans attendre les délais accordés par la loi pour se pourvoir par appel ou recours en cassation contre ledit jugement ; et ce, en sa présence comme en son

absence, se réservant au surplus tous ses droits pour ses intérêts civils. La minute dudit acte de renonciation à tous pouvoirs restée es mains dudit notaire, qui en a délivré expédition, laquelle a été légalisée par M. Picard Noirpiney, juge au tribunal de première instance, séant à Étampes, susdit département de Seineet-Oise.

Une requête présentée par Tépouse, et assistée de son conseil, au maire de cet arrondissement, en demande d'indication du jour pour la prononciation dudit divorce, au pied de laquelle est l'ordonnance du maire, en date du 25 du courant, indiquant pour la prononciation dudit divorce cejourd'hui mardi 29 avril 1806, heure précise de midi ; et enfin la signification faite desdites requête et ordonnance audit Jean-Honoré-François Revel, tant au domicile par lui élu qu'en son dernier domicile, par exploit de Bazin, huissier, en date du 25 du courant, enregistré le lendemain par Caron, avec assignation à lui donnée pour qu'il eût à se trouver aujourd'hui à cette mairie, à rheure de neuf du matin, en personne ou par fondé de procuration spéciale, afin d'entendre prononcer son divorce entre lui et ladite dame Louise-Catherine-Éléonore

Denuelle de la Plaigne, avec déclaration que faute par lui de s'y trouver en personne ou par fondé de pouvoir spécial, il y sera procédé tant en l'absence qu'en présence, toutes les pièces ci-dessus énoncées, et paraphées aux termes de la loi, devant demeurer annexées au présent acte.

L*épouse, seule présente, a demandé à haute voix la dissolution de son mariage avec ledit Jean-Honoré-François Revel, qui ne s'est présente, ni en personne, ni par fondé de procuration spéciale. En présence des sieurs Jean- Claude Henry, âgé de cinquante-cinq ans, jurisconsulte, demeurant à Paris, rue Feydeau, deuxième arrondissement ; Jean Péborde, âgé de trente-quatre ans^ docteur en médecine, demeurant au quartier-général, rue Neuve-des- Capucines, de cet arrondissement ; Georges Beuret, âgé de trente- trois ans, chef de bataillon, membre de la Légion d'honneur, premier aide de camp du général de Laborde, demeurant rue de la Vrillière, n° 4, troisième arrondissement ; et Charles-Michel Janvier, âgé de trente-cinq ans, secrétaire des commandements de S. A. I. le prince Joachim, demeurant au susdit hôtel du Gouvernement.

Après quoi, nous, Charles-Hugues Montaran,

maire du premier arrondissement de Paris, faisant les fonctions d'officier de l'état civil, avons prononcé au nom de la loi que le mariage de Louise-Catherine-Éléonore Denuelle de la Plaigne était dissous. Et ont, la requérante, son conseil et les témoins susnommés, signé avec nous, après lecture faite.

Denuelle de la Plaigne, Masson jeune, Henry, Beuret, C.-M. Janvier, Péborde et Hugues Montaran.

Délivré pour extrait conforme, par nous, maire.

Paris, ce 24 juillet 1821.

Lecordier.

Le 20 août le même Henry, qui figure dans l'acte ci-dessus, vendait à « Élécnore de la Plaigne» la maison de la rue de la Victoire (i), d'où Bonaparte partit pour faire le 18 brumaire ; le 3 février 1808 « Louise-Catherine-Éléonore Denuelle » rétrocédait cette même maison au même Henry, pur prête-nom, qui la revendit au général Victor-Léopold Berthier {Petites

(4) Située rue de la Victoire, n' 29 et rue de la Houssaye, n' 3; on en trouvera trois gravures d'après un croquis de 1798 dans Y Ancien Paris de Martial. Elle avait appartenu à Louis- Philippe-Joseph et Philippe d'Orléans.

Affiches du lo juillet 1814). Entre temps, le 13 décembre 1806, elle y avait mis au monde le futur comte Léon. Voici son acte de naissance dont l'original a disparu dans l'incendie des archives de Tétat civil (mai 1871).

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