LES FAUX
LOUIS XVII
Écrire l'histoire des faux Louis XVII est impossible; d'abord, ils sont trop nombreux; ensuite, même en ne s'attachant qu'aux quatre plus connus, il y a toujours eu dans leur existence et dans leurs agissements nombre d^obscurités que des procès retentissants ont éclairci très-imparfaitement. Mais, comme l'époque où ils ont brillé commence à vieillir, j'ai pensé qu'il était utile, pour les quatre plus connus, de sauver de l'oublî quelques dates précises, quelques documents fort étranges par leur rédaction, et j'y ai joint une bibliographie faite avec soin au milieu des trésors de la Bibliothèque
nationale. On a beaucoup écrit sur eux, il ne saurait donc être question de signalerions les articles qui leur ont été consacrés, mais je crois n* avoir rien oublié d'essentiel.
HERVAGAULT
Jean -Marie Hervagault naquit à Saint -Lô (Manche), vers 1782; c'était le fils d'un tailleur. Comme tous ses successeurs, il eut un cortège de fidèles; on l'entourait d'honneurs, il avait une sorte de cour. Le ministre de la police, Fouché, dut se préoccuper de cet état de choses. Un jugement du 28 pluviôse an x du tribunal correctionnel de Vitry-sur-Marne, confirmé en appel par le tribunal criminel de la Marne le 13 germinal, le condamna à quatre ans de prison. On découvrit alors qu'il avait été auparavant condamné par le tribunal correctionnel de Châlons-sur-Marne le 13 floréal an vu à un mois de prison et par le tribunal correctionnel de Vire le 23 thermidor an vu à deux ans de pri-
son. Son pourvoi en cassation fut rejeté le 19 messidor an X. Il mourut en 1812 à Bicêtre d'épuisement, il avait trente ans et était de figure assez jolie, si Ton en juge par le portrait qu^on voit en tête dé Touvrage suivant.
BIBLIOGRAPHIE
1. Le faux Dauphin actuellement en France^ ou Histoire d'un imposteur^ se disant le dernier fils de Louis XVI y ré* digée sur les pièces authentiques ^ et notamment sur le jugement du tribunal criminel du département de la Marne, du 1 3 germinal dernier; précédée d'une analyse rapide des révolutions occasionnées par les imposteurs les plus célèbres qui ont usurpé la qualité de-prince, de roi ou d'empereur, par Alphonse B. (de Beauchamp), an xi, 1803, 2 vol. in- 12, imp. Lerouge. Portrait.
2. Souvenirs de Paris ^ en 1804, par Auguste Kotzebue^ traduits' de l'Allemand, sur la deuxième édition (par Guilbert de Pixérécourt) ; avec des notes, an xnr, 1805, 2 vol. in-i8, Barba, imp. Chaignieau aîné. Voir les pages 163 à 195 du tome IL