‹ Les secrets du diable (volume 2)Chapitre 13 sur 19 · LA DAMS BLANCHE DE BADEN · texte numérisé non relu

LA DAMS BLANCHE DE BADEN

sit sur une terrasse où celle-ci respirait la fratcheur

soir, assise entre ses deux enfants.

amais le margrave n'avait vu de femme aussi belle

la comtesse Olamûnde ; jamais dans ses rêves, il n'a-

imaginé un front aussi pur, des yeux aussi péné- [ts, des cheveux aussi noirs; il voyait combinées dans

seule ces deux beautés si différentes : la blancheur ie des femmes du nord, l'éclat du regard et les chec d'ébëne des femmes du midi; tout cela harmonie une langueur, par une tristesse charmante qui enleaux prunelles ce qu'elles auraient eu de trop vif, et ionnait à la pâleur un sens énergique plein de penmystérieuses.

I ne veux pas vous ménager de surprises, ni me lanlans des analyses de sentiment fort inutiles pour ce vous voulez savoir. Vous devinez, sans avoir la tration d'OEdipe , que le margrave devint amou-

de la comtesse Olamiinde : en pouvait-il être autre-

)us qui avez vu son merveilleux portrait, ne com-

Bz-vous pas avec quelle violence le cœur de ce

) contemplateur allemand dut tout à coup s'épanouir

regards de cette femme étrange, en répandant des

ims sévèrement enfermés I

jamais passion fut rapide, foudroyante, ce fut celle-

In posant le pied sur la terrasse et en apercevant

lerniers reflets du soleil couchant la comtesse as-

t fouillant du regard les espaces infinis, le jeune

rave sentit une source jaillir en lui. Une voix se-

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orète lai dit : c C'est elle que tu cherchais 1 » Par nii^ rëvélation instantanée, il comprit que le secret de s^ tristesse était là, et que toute sa mélancolie était le désœuvrement de son cœur. Désormais il allait virre.

Il s'approcha lentement et avec respect, n'osant interrompre la méditation profonde qui absorbait la pensée de la comtesse. — Hélas ! se disait le jeune margrave, elle songe peut-être à son époux !

Et le prince se sentait jaloux de ce souvenir donné i un mort.

Mes privilèges de conteuse me permettent de vous avouer que la comtesse songeait bien plutôt à l'époux in^ connu que lui réservait l'avenir ; et c'est ici l'occasion d^ vous dire, sans réticence, quelle était l'âme qui se consumait dans ce transparent albâtre, et dont on voyait 1^ lueur monter jusqu'aux plus beaux yeux du monde.

La comtesse Olamûnde était ambitieuse. Desceudante d'une famille royale, que les révolutions avaient transplantée loin du trône, elle vivait avec la pensée incessante de relever sa race, de remonter les échelons descendus, et de mêler un jour l'or de quelque couronne princière à l'ébène de ses cheveux.

Le comte Olamiinde, son premier époux, était un fort modeste gentilhomme, incapable de comprendre l'immense ambition de sa femme, et ayant la simplicité de croire qu'une fortune suffisante , avec deux beaux enfants et une conscience tranquille, était une part assez belle, en Danemark conmie ailleurs, pour qu'on s'en contentât.

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