I06 LES SECRETS
lante, et l’en laisserez imbiber ; puis vous y mettrez deux brassées de copeaux ou éclats, que vous arroserez aussi de cette . décoction : vous tirerez le vin tourné à ■ d clair, le laisserez reposer huit jours sur ce râpé de copeaux, et il deviendra meilleur qu’il n’était avant qu’il tournât.
Autre au même sujet.
J’ai appris d’un maître d’hôtel d’un prince allemand cette autre manière de raccommoder le vin troublé et gâté : il faut faire sécher au four cinquante grappes de bon raisin et un demi-boisseau de coquilles d’amandes douces, en sorte que ces coquilles soient un peu rissolées; pendant qu’elles s'accommodent au four il faut bien | battre et fouetter ensemble douze blancs d’œufs jusqu’à les réduire presqu’en écume, et les verser dans le tonneau où est le vin gâté, et le rouler pendant un petit espace de temps, puis vous jetez dedans les coquilles d’amandes et les raisins tout chauds, et le laissez reposer huit jours, et vous aurez de beau et de bon vin. Quand le vin est devenu aigre on le rétablit avec du blé, que l’on fait cuire jusqu’à ce qu’il crève; la ' mesure ou quantité est la centième partie ! que contient le tonneau. ,
Ponr faire promptement d’excellent vinaigre.
IL faut de bon vin fort, dans lequel vous mettrez du poivre long et du levain de pain de seigle qui soit bien aigre : il n’au- I la pas été exposé six heures au grand soleil : cou proche le feu, qu’il sera de bon usage. (On peut faire du vinaigre sans vin en cette rmanière ; ayez la charge d’un cheval de Irpoires sauvages, pilez-les bien, et les laissiez fermenter durant trois jours dans un 'tonneau; puis, durant trente jours/ vous [^es arroserez de deux pots d’eau par jour, dans laquelle eau vous aurez fait bouillir du gingembre et du poivre long; au bout de trente jouis vous presserez les poires :dlées, et vous aurez de bon vinaigre.
[Pour faire en peu de temps de Vhypocras qui soit excellent.
1|->^ OUR quatre pintes de vin vous prépare- |1— ' rez les drogues qui suivent : une livre M. de bon sucre fin, deux onces de bonne canelle concassée grossièrement, une once H e graine de paradis, autant de cardamo- ■raum, et deux grains d’ambre gris du plus Bcxquis, broyée au mortier avec du sucre ■randi; vous ferez de toutes ces drogues un Icirop clair, que vous purifierez en le passant deux ou trois fois à l’étamine, et vous
mélangerez ledit sirop avec quatre pintes d’excellent vin, et vous en aurez le meilleur hypocras que Ton puisse boire.
Pour avoir des melons doux^ sucrés et de bonne odeur.
Vous aurez la semence de melon de bonne espèce, vous la mettrez infuser durant deux jours dans un sirop qui sera composé de framboises, de canelle, de cardamomum, de deux grains de musc et autant d’ambre gris ; il faut que le sirop ne soit pas épais et tiède quand vous y mettrez la semence en infusion; il faut que la terre oü vous sèmerez soit bien préparée, sur une couche de bon fumier de cheval, et avoir grand soin de ne les point trop arroser et de les garantir des pluies trop abondantes. Si vous êtes exact à toutes ces choses, vous aurez des melons dignes de la bouche d’un roi.
Pour avoir de beaux raisins murs au printemps
IL faut avoir un cerisier qui soit planté en espalier, dans une bonne exposition au soleil et en bon terroir, et qu’un habile jardinier ente dextrement deux ou trois ceps de bonne vigne sur ledit cerisier; qu’on ait grand soin de le garantir des intempéries de la fin de l’hiver et du printemps; qu’on ne lui épargne ni le bon fu-
•mier, ni l’eau quand il sera nécessaire, et on verra quelque chose de bien merveilleux au temps que les cerises seront mûres.
Pour faire croître et multiplier le froment.
l'v J ous prendrez une livre de sel végétal, \ / qui est composé artistement de fleur V de soufre, de salpêtre et de nitre ; les thons droguistes ont ce sel : vous le ferez bbouillir dans six pintes d’eau, avec deux üivres de bon froment nouveau, jusqu’à ce L^^ue le froment commence à se crever, puis ^/ous passerez cette composition dans un iinge fort clair, et vous ferez rendre au froment cuit toute l’humidité; après vous ferez :;nfuser dans cette liqueur autant que vous 'pourrez de bon froment durant vingtquatre heures; quand la terre sera bien ^jréparée, vous y sèmerez ce froment infuk,é, et ayant fait sécher le marc de la com- ?')Osition, vous le pulvériserez et rejeterez mr cette terre, et vous verrez, par expéiience, que le blé que vous aurez ainsi temé produira vingt fois autant que le blé (ommun : il est vrai qu’il ne faudrait pas aairecela deux fois de suite dans la même eerre; car il en consume tellement la Traisse, qu’elle ne peut plus rapporter si elle ù’est bien fumée.
Pour empêcher les semailles et moissons '[ d’être gâtées par les bêtes. '
Vous aurez dix grosses écrevisses, que ; vous mettrez dans un vaisseau rem- \ pli d’eau, et les exposerez au soleil durant dix Jours, puis vous aspergerez avec cette eau les semailles l’espace de huit jours; et quand elle seront crues, vous les aspergerez huit autres Jours de suite, et vous verrez qu’elles prospéreront à merveille, et qu’aucunes bétes, soit rats, belet- ; tes ou autres, n’en pourront approcher. i
Pour savoir si les semences seront abondantes Vannée prochaine.
r-ÿ' OROASTRE donne comme un secret in- X faillible, pour connaître l’abondance X ^ de la moisson pour l’année suivante, de faire ce qui suit. 11 faut, environ le quinzième du mois de Juin, préparer un petit canton de terre, à la manière qu’on la prépare ordinairement pour être ensemencée : vous y semerez toutes sortes de semence, et à cause que, dans cette saison, la chaleur est brûlante et pourrait nuire à ce que la se- ; mence germe et sorte plus commodément, • vous observerez après cela laquelle des semences sera la mieux venue, et aura la plus | belle apparence dans le temps que la cani- î cule commence à régner sur l’horison; car 9 vous serez averti par cet indice que l’abon--*
.dance sera la semence qui sera la mieux wenue, et celles qui n’auront pas profité par lia préparation que vous aurez faite seront ^stériles. Ainsi le judicieux laboureur pren- .dra sur cela ses mesures pour avoir une aabondante moisson.
Autre pour le même sujet.
Vous observerez au printemps dans quel état sont les noyers ; car s’ils paraissent chargés de feuillages avec peu die fleurs, soyez assuré que la nature sera avare dans la distribution de ses richesses ; ?;i au contraire vous voyez grande abondance de fleurs sur les noyers, et que la quantité surpasse celle des feuilles, tirez en augure de fertilité : les anciens ont fait le même pronostic de Tamandier.
^\^oyen de se fournir journellement de champignons sansqidon ait un jardin,
Hit-^ ans une cave, à trois ou quatre pieds Il I des murs, élevez à l’ordinaire une |JL-^ couche de crottin de cheval et de BTiulet, si vous pouvez en avoir, et de fiente B;e pigeon, le tout bien mêlé ensemble. Ne «iites point cette couche ni plate, ni en dos ■?,e bahut, mais disposez-la en talus, et la liouvrez d’un demi-pouce de terreau; vous mi battrez ensuite avec le dos de la pelle ou Kte la bêche. Cette couche vous donnera in-
failliblement des champignons, non pour deuxou quatre mois^comme cellesdes jardi- ; niers, ni même pour un an, mais pendant ! des trois et quatre armées consécutives; elle ! a besoin de temps à autre d’être arrosée. On i hâte la production des champignonsenarro- ; sant la couche d’eau tiède et en y jetant des •. épluchures du même fruit. Elle en portera ; dès le troisième jour, si l’on y sème la ; graine qui se trouve vers le pied du cham- > pignon.
Le crottin doit être de chevauxqui mangent beaucoup de grain. On peut en faire chancir dans un grenier exposé au midi en l’arrosant de temps à autre d’urine de cheval ou d’eau tiède,, et en imitant l’opération de la nature sur celui qui est renfermé dans les couches ordinaires. Bien des particuliers pratiquent cette méthode avec succès.
Secret immanquable pour faire périr les chenilles.
PRENEZ un peu de savon noir gras, bat- | tez-le dans un seau d’eau, et avec un | goupillon jetez-en sur les pelotes des I chenilles nouvellemient formées et renfer- I mées dans leurs poches. Cette opération se 1 fait ou le soir après qu’elles sont retirées, ou - J le matin avant le lever du soleil; une seule :i goutte de cette eau mousseuse, tombant J sur la poche, la bourse ou la toile^ qui renferme alors les insectes, les fait toutes cre- .m
ver et tomber en masses, sans qu’on soit .obligé de brûler ni d’écraser les chenilles.
tRemède pour préserver les choux et les autres plantes potagères des chenilles et autres insectes.
IL ne faut que semer du chanvre sur toutes les bordures du terrain où l’on a dessein de planter des choux. On sera bétonné de voir que, quoique tout le voisinage soit infecté de chenilles, l’espace renc'ermé par le chanvre en sera parfaitement ;^aranti, et aucune vermine de cette espèce n’en approchera. La cause vient ou de l’aversion que les chenilles ont pour cette olante, ou de ce que les oiseaux, qui en ont au contraire fort friands, en fondant
|"iur le chanvre détruisent en même temps ees chenilles, qui sont encore un de leurs mets.
Autre moyen efficace de détruire les chenilles.
EMPLISSEZ un réchaud de charbon bien allumé, présentez-le sous les branches infectées de chenilles, à une distance Luffisante pour que les feuilles ne puissent tre incommodéesde la flamme qui s’en élètera au moment qu’on y jettera quelques iincées de soufre en poudre, La vapeur de i minéral est mortelle pour les chenilles et