HISTOIRE DE LA VI[.I,E DE MARLY-LE-ROI
qui en firent plus tard leurs doléances au roi. Pendant ce temps, la paix se négociait au château de Noisy, par Tentremise du cardinal de Gondy, frère du seigneur de Marly, et ces négociations aboutirent enfin en lôcjb, à rabjuration d'Henri IV et à la pacification tant désirée du rp3^aume. Sous l'administration de Mazarin et par suite de la guerre civile des frondeurs, la position des environs de Paris fut aussi misérable que sous la Ligue. Cependant la statistique nous fait connaître que, pendant que la Picardie, la Lorraine, la Champagne, la Bourgogne et une partie du Midi et de l'Ile-de-France, se trouvaient décimées par la faim et les privations de toutes espèces, dues aux déprédations des armées (notamment de i636 à 1666), et que la peste et les maladies faisaient de terribles ravages sur les pauvres paysans et les artisans, la population de Marly semblait assister à cette crise de trente ans de durée, sans en ressentir les cruelles atteintes *. Il est probable que pendant ces malheureux temps le château de Marly, déjà depuis longtemps inhabitable, et dont sous Louis XIII il restait à peine quelques vestiges, finit par tomber tout à fait en ruine.
Voici ce qu'un vieux manuscrit 'de ce temps nous apprend à ce sujet : « Ce lieu de Marly avait toujours été très considérable dans les anciens temps, mais ayant passé dans plusieurs maisons moins considérables que celle de Montmorency, c'est ce qui a causé sa ruine . Les seigneurs de Marly prenaient la qualité de baron. L'ancien châ-
I. Rien dans les registres de l'état-civil de Marly de cette époque ne fait mention de maladies contagieuses, de décès considérable,s, les naissances et les décès sont dans les proportions des années antérieures et postérieures.
i6 ■ LES SEIGNEURS DE MARLY.
teau était bâti sur le sommet de la montagne, proche de Pancienne église qui a été depuis transférée au lieu où elle esta présent, c^était une manière de gros donjon entouré de larges fossés, les bâtiments étaient très considérables, ainsi qu'on Ta pu remarquer par les anciens vestiges qui ont été entièrement ôtés depuis quarante ans, n'en restant à présent que la seule place dont l'on a peine même de reconnaître le véritable endroit où était ce château qui était la demeure la plus ordinaire des seigneurs de Marly *. » i
Il n'y avait plus en 1679 rien qui rappelât le vieux manoir féodal ; les deux églises de Marly tombaient en ruines, rien ne restait de la grandeur du passé de ce lieu., lorsque le roi Louis XIV vint à acheter le domaine de Marly, et tout à la fois par son séjour, et par les merveilles qu'il se plut à y rassembler, porta à la plus haute célébrité le nom de Marly.
En 1680, les habitants des deux paroisses de Marly firent représenter à Tarchevêque de Paris qu'ils formaient deux paroisses non séparées, ce qui donnait lieu à des procès entre eux, et qu'il serait mieux qu'il n'y en eût qu'une. Après information et communication aux ■ moines de Coulombs, la requête fut entérinée et le 27 mars 1681 fut rendu un décret pour la réunion de ces deux paroisses, avec permission de démolir le prieuré de Saint-Etienne en se contentant de mettre une croix à la place ou il existait ; sous condition de payer vingtcinq livres par an à l'archidiacre de Jouy-en-Josas, que les charges de ce prieuré seraient acquittées à Marly-le-
I. Antoine l'aitid. — Histoire de Saint-Germain en-Laye et des environs, mixnxxscni âw xvn^ siècle. Bibliothèque de Saint-Germain en Laye.