HISTOIRE DI-: LA MLLE DE MARLY-LE ROI
Chastel, en Téglise de Saint-Vigor, que l'on augmenterait le nombre des prêtres desservants, jusqu'à suffisance du besoin des âmes, et que le sieur Jean Guitard, seigneur de Marly-le-Bourg, conserverait ses droits honorifiques : de pain béni, encens, eau bénite, et banc seigneurial en l'église de Saint-Vjgor, après le seigneur de Marly-le-Chastel .
Ainsi se termina la domination de Tabbaye de Coulombs sur le Bas-Marly. Elle avait duré près de six cents ans.
A la suite de cette réunion en une seule commune, le bourg s'augm.cnta beaucoup par le haut, de sorte que la partie basse serait aujourd'hui la plus ancienne (i).
En 1682, François Gottin, curé de Saint-Vigor, prieur de Marly, requit de son côté que le prieuré du Bas - Marly fût enfin réuni à sa cure pour l'entretien de deux vicaires, et que Téglise de Saint- Etienne fût abattue, afin que Ton piàt tirer des matériaux pour rebâtir Téglise de Saint-Vigor menaçant ruine. Ge ne fut que quelques années plus tard qu'il fut fait droit à cette demande. La;nême année (1682) ce même prieur obtint un règlement à l'occasion d'un différend qu'il avait avec les habitants de Marly, au sujet de la dîme du sainfoin et du bourgogne. Il lui fut accordé qu'il aurait la dîme des terres comme elle existait avant qu'elles fussent mises en sainfoin, et à raison de huit bottes par cent.
Louis XIV fit rebâtir l'église actuelle de Saint-Vigor, non loin de l'emplacement de la précédente : mais l'architecte l'orienta autrement que l'ancienne et fit élever le
I. Nous sommes fondés à croire que la mairie actuelle devait être l'ancien hôtel seigneurial de Mariy-le-Bourg.
i8 LES SEIGNEURS DE MARLY.
portail d'entrée vers le nord. Cette église, voûtée en cul de four, très spacieuse, est en forme de croix dont le transept est formé par les chapelles de Saint- Louis et de Saint-Thibaud de Marly, second patron de cette église. La pose de la première pierre de cet édifice eut lieu le 24 avril 1688, suivant le procès-verbal extr-ait des registres des actes de l'état civil de Marly, dont la teneur suit : « Ce jourd'hui 24 avril 1688 suivant la commission expresse à nous adressée par Monseigneur l'archevêque de Paris, nous soussigné, prêtre docteur de Sorbonne, prieur et curé de Marly, avons selon les solennités ordinaires et conformément aux règles du rituel du diocèse, fait la bénédiction de la première pierre de l'église, posée par M'. Louis de Rusé, ingénieur ordinaire du roi et contrôleur de ses bâtiments, icelle pierre à l'encoignure du clocher de ladite église et séparant les deux premières arcades à droite en entrant*, sur laquelle pierre a été mise l'inscription par laquelle, en cette paroisse, Louis le Grand, par un effet de sa piété et de la magnificence royale a fait bâtir ladite église, maître Jean Bailly, entrepreneur des bâtiments du roi en étant l'entrepreneur. Le tout fait en présence de Messiré Louis Aubouin, curé de Bailly ; de messire Antoine de Marines, curé de Mareil-, de messire Louis François, curé de Noisy ; de messire Nicolas l'Hostellier du Mesnil, curé de TEtangla-Ville; et de MM. Crisset et Garrel, prêtres desservant avec nous ladite église, de M. Emmanuel Ghampflour, procureur du roi de cette baronnie de Marly, et autres qui ont signé avec nous. Signé Golbin, prieur curé. »
La dédicace de cette église fut faite le i^^ avril 1689 par monseigneur François de Batailler, conseiller du
HISTOIRE DK LA VILLK DK MARLY-LL-ROY. 19
roi, évêque de Bethléem (1). L'anniversaire de cette cérémonie se célébrait le deuxième dimanche après Pâques. L'acte qui en fut dressé dit que le grand autel est dédié à Saint-Vigor et à Saint-Etienne.
La chapelle de la Vierge fut érigée au côté de Torient du maître-autel, en mémoire de l'église Notre-Dame de Marly, et le roi Louis XIV en donna les ornements.
Vers !e même temps, les cimetières de Marly-le- Bourg, devenus inutiles, furent supprimés. Ils occupaient une grande étendue autour de l'église, sur l'emplacement actuel de la place du Chenil et aux environs, et l'on y voyait le grand et le petit cimetière. Il n'y avait plus dès lors que le cimetière de Saint-Vigor, du Haut-Marly qui servait aux sépultures de Marly et de ses écarts, comprenant alors : le Port de Marly, l'Ile-la-Loge, et la ferme des Essarts ou du Trou d'Enfer.
Enfin, en 1702, la fabrique de l'église de Marly obtint de vendre l'emplacement du cimetière de Saint-Etienne, l'on en trouva six cents livres et les corps et ossements furent transférés au cimetière de Saint-Vigor.
Le 3 février 1708, les religieux de Coulombs firent une transaction avec le roi par laquelle ils lui abandonnaient le patronage de la cure de Marly, et recevaient en échange le prieuré d'Essonne (2). La même année, le 1 1 mai, Mansard mourut dans les bâtiments de la surintendance à Marly, après une courte maladie, et fut inhumé à Paris, en l'église Saint-Paul (3).