‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 32 sur 90 · SCEAU D'HERVE DOYEN DEKD.DE PARIS · texte numérisé non relu

SCEAU D'HERVE DOYEN DEKD.DE PARIS

Appose a des cliartes des années 1184 et 1189

MATIincn b' 1)K MARLY. io5

poussière et fut contraint de se rendre prisonnier. Nous verrons quelques années plus tard le comte de Leycester prendre sa revanche sur son redoutable adversaire.

Les seigneurs de Marly possédaient à cette époque un f^rand enclos de vignes, formé de claies pliées, à Tendroit nommé le Plessis-Bouchard, sur lequel ils avaient tous droits féodaux.

La même année (i 192), le frère de xMathieu de Montmorency, Hervé, doyen de Notre-Dame de Paris, mourut. Au mois de mars 1 194, Renaud de Monçon, évêque de Chartres, mit d'accord les moines de Tabbaye de Josaphat et Mathieu de Montmorency qui se disputaient le moulin de Richebord à Galardon.

La guerre continuait en Normandie, et Ton était arrivé à Tannée 1 iqy. A cette date de notre histoire, l'on trouve un fait étrange et extraordinaire, que Guillaume le Breton, historien du roi Philippe Auguste, raconte ainsi : lîi territoriolParisiensis in Castro quod dicitiir Marliacum spiritiis quidam loquebatur hominibus in domo cujusdam paiiperis hominis dicens se esse animam cujiisdam hominis de Sicillia nomine Roberti. C'est-àdire : Au territoire du Parisis, dans un lieu appelé Marly et dans la maison d'un pauvre homme revenait un esprit ou bien une voix qui disait qu'elle était l'âme d'un Sicilien nommé Robert; le mot Castro indique clairement qu'il y avait à Marly à cette époque une forteresse ou un château appartenant aux sires de Marly-le- Chastel ; et placé dans ce récit, peut-être veut-il dire que la maison de Robert le Sicilien était tout proche le château de Marly.

Malheureusement l'auteur auquel nous avons em-

loG LES SEIGNEURS DE MARLY.

prunté ce passage ne nous dit pas quelle était la nature des supplications de cette voix qui ne devait sans doute pas se borner à se dire Tâme du pauvre Robert.

Mathieu de Marly donna la même année une rente de vingt sols à prendre sur une censive qu'il avait à Sarcelles, aux religieux du prieuré du bois Saint-Pierre (près de Montmorency).

L'année suivante (i 198), la guerre en Normandie durant toujours, à une bataille donnée entre Gisors et Courcelles, le sire de Marly s'étant dans Faction rencontré avec le roi d'Angleterre, fut jeté à bas de son cheval et désarçonné par ce roi, qui le fit son prisonnier, ainsi qu'Alain de Roucy, Foulques de Guillerval et autres chevaliers français.

Enfin le roi de France, repoussé auprès de Rouen avec une perte considérable, fut obligé de conclure une trêve et de suspendre ses projets d'agrandissement jusqu'à la mort de son adversaire.

La guerre finie, le sire de Marly fit quelques donations pieuses en faveur de ces moines, voués à la pauvreté et à la prière et qui, grâce à ces libéralités, en vinrent par la suite des temps à un tel point de richesse, qu'ils pouvaient prêter de l'argent en quantité à ces mêmes seigneurs qui leur avaient donné une bonne partie de leur patrimoine pour obtenir la faveur d'être enterrés dans les églises de leurs monastères et avoir part aux prières et aux mérites des bienfaits de ces religieux.

La charte suivante donnée en l'année 1 199 et les différentes donations faites cette même année par Mathieu de Marly, et que nous allons rapporter en suivant, prouvent en faveur de ce que nous avançons. Nous savons déjà que l'abbaye des Vaux-deCernay possède une mai-

MATHIliU l" \)K MARI. Y. 107

son à Marly ; voici la charte de franchise de cette maison traduite du hitin en français :

Sachent tous, présents et futurs, que je, Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly, du consentement de Mathilde, mon épouse, et de mes héritiers, pour le salut de nos ânics, et de celles de nos enfants et de nos prédécesseurs, j'ai donné à mes confrères et amis les moines des Vaux-de-Gernay, la pleine franchise de la maison qu'ils possèdent dans ma ville de Marly ; qu'ils puissent avoir leurs mesures particuhères et posséder et vendre leurs biens sans trouble, et comme ils l'entendront. J'ai cependant réservé de lever mes droits sur les objets que des tiers déposeraient dans cette maison. J'ai apposé ici mon sceau pour que ce don ne puisse être infirmé. Fait l'an de grâce 1 199 *.

* Mathieu de Marly fit don, quelque temps après et dans la même année, à l'abbaye de Notre-Dame de Livry, fondée par Guillaume de Garlande, en 1 197, et lors de sa dédicace, de cinq arpents de vignes situés à la chapelle de Saint-Denis, et d'un four près de Saint- Merry, à Paris ^.

Il donna aussi à l'abbaye du Val, du consentement de sa femme et par manière d'aumône, quarante sols parisis de rentes, sur les cens qu'il avait à Gonesse. En l'an 1200, Mathieu de Marly donna la charte suivante :

Je, Mathieu de Marly, fait savoir à tous présents et à venir que Thibaud de Marly, mon frère, du consente-

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