‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 46 sur 90 · MIL DEUX CENT QUARANTE-SEPT EN LA CLARTÉ DU CIEL THIBAUD A SON REPOS · texte numérisé non relu

MIL DEUX CENT QUARANTE-SEPT EN LA CLARTÉ DU CIEL THIBAUD A SON REPOS

2. La tradition locale rapporte qu'en l'année 1793 , lors de la première fédération on brûla publiquement la châsse de Saint Thibaud et cinq autres châsses dont l'une renfermait le pied de Sainte Ursule.

3. M™» de Rothschild a acquis dernièrement les Vaux de Cernay, et recueille et met â l'abri tout ce qui reste de ce^monastère, d'intéressant pour les arts et l'archéologie.

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Disons en terminant que saint Thibaud naquit à Marly, et que cette tradition a toujours existé dans ce pays.

L'auteur d'une vie de ce saint, publiée par Duchesne [Historiœ Francoriun script um^ tome V) , rapporte qu'après la mort de saint Louis, son épouse, Marguerite de Provence, qui avait dû à Pintercession du saint la cessation de sa stérilité, vint faire une visite à Tabbaye des Vaux-de-Gernay. Cet auteur s'exprime ainsi: Qiiœ Domina {Margareia) in tantnm postea dilexit virum Dei quod post obitum pii Régis venit adiValles Sarnaii peregre profiscisens^ el visa diligentissime tiimba ejiis et sarcophagia intra tiimbam^ in qno omnia ossa ejiis adhnc honorifice repomintur^ Jîexis genibiis et corpore ad ierram prostrato preces effudit et se totani Deo^et ejus sanctis^fiisis lacrymis^ commendavit. Ce qui veut dire en français : Lorsque le pieux roi eut rendu son âme à Dieu et que la reine l'eut appris, elle vint à Vaux-de-Cernay et fit diligence; étant entrée dans réglise, elle vint au tombeau du saint, tomba à genoux et le corps prosterné elle pria avec ferveur et Dieu et ses saints, avec effusion de larmes ^

Les deux translations des reliques de saint Thibaud de Marly sont mentionnées par le calendrier de Citeaux -, l'une au 1 1 des Calendes de juin et Tautre aux Ides du même mois. Le bréviaire de Paris, imprimé par ordre

I. Les rois de France Philippe III, tils de saint Louis, et Philippe IV vinrent aussi honorer les reliques du saint qui furent pendant les siècles suivants l'objet de la vénération des fidèles et le but d'un pieux pèlerinage.

La tombe de Saint Thibaud est peut-être le seul monument qui nous soit resté de lui.

BOUCIlAIlh l" !)!•: MARLV. i55

de l'abbé de Giteaux , en l'année lôoy, fixe sa fête au 8 de juillet.

Saint Thibaud de Marly est Fauteur présumé d'un poème sur la Mort, en vers français du xiii« siècle. M. Paulin Paris, dans son intéressant ouvrage : Les manuscrits françah de la Bibliothèque du Roi^ parle en ces termes de ce manuscrit : M. Grapelet a donné une bonne édition de ce curieux poème, et sur la foi d^un manuscrit fort ancien (celui du fonds saint Victor) il a cru pouvoir l'attribuer à Thibaud de Marly ou de Mailly; je suis assez disposé à me ranger de cette opinion, qui ajoute à l'illustration guerrière de la maison de Mailly, une ancienne et grande illustration littéraire *.

2° Pierre de Marly était le second fils de Bouchard. Il fut seigneur de Marly et de Montreuil-Bonin, chevalier par droit de primogéniture et par suite de la retraite de Thibaud, son frère aîné. Pierre de Marly fut surnommé l'Hermite, ce nom significatif pourrait presque donner une idée du caractère de ce seigneur et indiquer une certaine tendance à aimer la retraite et à s'éloigner des plaisirs du monde. Peut-être que l'exemple de son frèreavait aussi influé sur ses idées. Quoi qu'il en soit, à l'exemple de ses prédécesseurs, il fit beaucoup de donations pieuses aux monastères et aux églises.

Vers l'année 1226 et dans le moment où Bouchard,son père, s'apprêtait à partir pour la dernière fois en Languedoc, Pierre de Marly donna à Tabbaye de

I. Il serait avéré aujourd'hui que ce poème ne serait ni de Thibaud de Marly, ni du xiii<= siècle, et on l'attribuerait déhnitivement à Thibaud de Mailly. Pour quiconque a lu les vers de la Mort, ce sont bien là les sentiments qui annoncent le profond détachement des grandeurs de ce monde qu'avait Thibaud de Marly lorsqu'il se fit moine.

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Notre-Dame de la Roche un demi-arpent de vigne que Gauthier Boidrot tenait de lui, au territoire de Marl}^ lieudit la Craière (Créarie).

La charte suivante, en faveur de l'abbaye des Vauxde-Cernay, fut donnée par Pierre de Marly au mois de juillet i23o, écrite en latin. Ton peut la traduire delà manière suivante : Charte de Pierre, seigneur de Marly, portant concession d'un pré situé en Cruye.

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Pierre, seigneur de Marly, salut dans le Seigneur. Nous faisons savoir que nous accordons à nos amis les religieux des Vaux-de-Gernay la jouissance paisible d'un arpent et demi de pré dans la vallée de Cruye; dans notre censive, qu'ils ont acheté de Gauthier de dues et d'Hodierne, son épouse. Sauf toutefois le cens que nous percevons sur ce pré. Et afin que ces lettres soient fermes et permanentes, nous les avons munies ei scellées de notre sceau. Fait l'an du Seigneur mil deux cent trente, le huit du mois de juillet *.

La même année, Pierre de Marly est dit vassal du comte de Montfort pour le fief du Marais, en la châtellenie d'Épernon ^.

En l'année 1234, Bouchard, sire de Montmorency, déclare que son féal et amé cousin, Pierre de Marly, a renoncé, en présence du roi et de lui, à tout ce qu'il pouvait tenir de lui, et avoir en fief au Bois-Bérenger (près de Rueil), et en tout le pourpris de l'abbaye de Saint- Denis, et qu'il a accordé à ladite abbaye, que Robert de Vignoles, chevalier, tint de ladite abbaye ce qu'il tenait

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