I. Cartulaire des Vaux de Cernay
a. Scriptum feodorum de Monteforti. Communication de M. A de Dion.
liOUClIARl) I»' 1)1-: MARLY. ib-j
précédemment de lui en fief, entre Tétang du Bois-Bércnger et le chemin d'Aubeterre, près Rueil. Dans le même temps, Pierre de Marly accorda à Tabbaye de Saint-Denis que l'on pût cuire désormais au four que Tabbaye avait fait construire au lieu dit Loveceneas (Louveciennes) QtMainsdumus ou Malodiimus (Maubuisson), excepté ceux qui étaient tenus de cuire au four banal que Pierre de Marly avait au même lieu, ce qui fut confirmé par Bouchard, son frère et seigneur suzerain. Il paraît d'après ce document et un autre document antérieur à celui-ci que nous allons citer, que les seigneurs de Marly avaient des droits sur le village de Louvecienneis qui appartenait, quoique cela, en grande partie à l'abbaye de Saint-Denis et à d'autres hommes de fief, dont les seigneurs de Marly faisaient partie.
En Tannée 1209, Bouchard PMe Marly avait accordé la permission de faire construire de nouvelles maisons aux lieux dits de Louveciennes et de Maubuisson, à condition que les moines de Saint-Denis ne feraient bâtir aucune forteresse et n'y recevraient- aucun de ses hommes demeurant dans le château ou le bourg de Marly, mais seulement les enfants de ces hommes qui n'auraient point de logements.
La même année (1204), Pierre de Marly fit don d'un sextier d'huile pour l'entretien d'une lampe en la chapelle de Chevaudos (capella de Eqiiidorso)^ par chaque année. Il fit aussi une transaction avec l'abbé de Saint- Denis au sujet du droit de pêche sur la Seine dans la même année. Ce droit était un sujet continuel de querelles avec cette abbaye *.
1. Voir la note n" lo. Accord entre Pierre de Marly et l'abbaye dt Saint-Denis.
i58 LES SEIGNEURS DE MARLY.
En Tannée 1240, il fit don à Tabbayc des Vaux-de- Ccrnay d'un quartier de terre donnée en mainmorte, tenant à Guillaume de Demonval et à Guibert Vileinne. Ce quartier de terre avait un demi-arpent, il était situé dans rîle la Loge, entre le lieu dit les Épines et le Port de Marly [In magna hisiila que sedet uite?^ Spinosam et portum de Malleio). Février 1240.
Pierre de Marlv, dit THermite, fut marié à Ada ou Jeanne, dont il n'eut pas d'enfants. Ils firent tous deux une donation aux religieux mathurins de Paris en Tannée 1240, et Ton voit dans le nécrologe de Port-Royal que Pierre de Marly mourut le 4 septembre 1 240 ou 1241 et fut enterré dans le sanctuaire de Téglise de Tabbaye de Port- Royal, en face de son père et du côté de TEvangile.
3° Mathieu de Marly, troisième fils de Bouchard I".
En Tannée 121 5, Mathieu confirma la donation faite par son père de dix muids de Vin à prendre sur le pressoir de Taverny en faveur des religieux du Mesnil, ordre de Grandmont
L'année suivante (12 14), il fit une donation aux religieux du prieuré du bois Saint-Pierre, de toute la pièce de bois située devant la porte de son hôtel *, entre les deux chemins, et qui commençait à la croix de pierre placée au croisement du chemin de Boisemont {In bivio de Boisemont) jusqu'à leur propre bois appelé l'Alleu, à condition qu'ils ne Tessarteraient point et qu'ils ne couperaient de poiriers, pommiers ni néfliers. Cette concession était faite pour Taumône que dame Richilde de Grolay leur avait faite, et aussi pour les dédommager de
I. Nous avons dit que les seigneurs de Mariy avaient une maison de plaisance auprès de ce prieuré qu'ils avaient fondé.
SCEAU depif.rre: Dt: marly
Apposé àim acte ou charte de 1238
BOUCIIAKI) I- IM-: MARLY. 159
Tusage qu'ils réclamaient dans la forêt de Saini-Pierre '.
L'an 1217, Mathieu de Marly entreprit de mettre des messiers dans les terres, champarts et ccnsives de Montigny et outre cela d'y faire lever par force un droit de gerbe; mais les religieux de Saint-Denis se plaignirent de cette spoliation au roi; Mathieu avoua sa faute et reconnut que ces religieux avaient le droit d'y mettre leurs messiers, et avaient eu raison de se plaindre, ce qui n'empêcha pas que Tannée suivante ces mêmes religieux eurent encore à se plaindre du même seigneur. Ils allèrent trouver le roi à Gisors et entre autres choses qu'ils exposèrent à ce prince, ils se plaignirent de ce que Mathieu vexait si fort leurs hôtes de Franconville , qu'il ne permettait pas qu'ils transportassent le fumier qu'ils ramassaient devant leurs maisons, sans lui payer une amende ou droit de passage *,... de ce qu'il ne voulait pas souflVir que les religieux eussent le droit de corvée de ceux qui habitaient dans les maisons nouvellement construites dans ce lieu comme ils l'avaient de ceux qui habitaient dans les anciennes, ils demandèrent aussi que le four que Mathieu avait fait construire à Franconville, fut abattu, parce qu'il portait préjudice au leur, et qu'il était bâii dans une maison qui devait la corvée et le droit de gîte, à l'abbé de Saint- Denis.
Enfin, ils supplièrent le roi de faire cesser le droit
I. Richilde de Groley était femme de Guy de Groley et sœur de Mathieu de Roissy. Elle avait transporté, en 1174, à l'abbaye de Saint-Victor, par la médiation de Pierre, archevêque de Tarentaise, tout ce que ses ancêtres avaient donné à l'église du bois Saint- Pierre. De plus, se joignant à Mathieu de Roissy, elle avait fait don à ladite abbaye de dix arpents de bois situés entre deux ruissL-aux. {Histoire du diocèse de Paris, par l'abbé Lebœul, article de Grolay.)
i6o LES SEIGNEURS DE MARLY.
appelé rotagium (droit de roulage ou de passage; qu^il levait depuis peu sur la chaussée devant les maisons de leurs hôtes. Malgré toutes ces doléances le roi ne put, ou ne voulut rien régler à ce sujet.
Dans son testament fait en i23o, et entre autres donations ; Mathieu donna aux moines du prieuré du bois Saint-Pierre, vingt arpents de bois aux environs de ce prieuré. Quatre ans après, le 7 avril 1234, Mathieu de Marly mourut sans alliance.
40 Bouchard II de Marly ^ dont il sera parlé au chapitre suivant.
50 Mabille de Marly ^ mariée à Guillaume Bernard, sire de Fontenelles, dit Guillaume TEstendard, chevalier.
Il accompagna le frère du roi Saint-Louis ; Charles d'Anjou à la conquête de la Sicile et du royaume de Naples. Une certaine légende lui attribue aussi la fondation d'une forteresse auprès de Marly, sur le promontoire qui domine la Seine et les pays environnants , et que Ton a détruite depuis très longtemps. L'endroit où cette tour aurait été construite s'appelle encore aujourd'hui la tour au Payen *.
Nous reviendrons dans la suite de cet ouvrage à parler de Guillaume de Fontenelles (ou de Fontenilles).
Quand' à Mabille de Marly, les historiens sont muets et les détails nous manquent sur les actes de sa vie.
Le père Anselme n'indique pas même son nom, qui
t. X. B. Salntine, Récits dans la Tourelle. La Tour au Payen. Cette tour était tout simplement un murger de pierres de toutes dimensions, tort élevé et construit en forme de tour avec les pierres ramassées aux environs dans les champs.