SCEAU DE MATHIEU DE MARLY
Apposé a des chartes des années 1225 et 1229
BOUCHARD I., DE MARLY. iGi
nous a été donné /;jr le Car/iilaire de Notre-l)ame-dela-Roche.
De son mariage, Mabille de Marly eut Robert l^Estcndart,qui, marié à la fille du seigneur de Marolles, en eut Galot TEstendart. Cette famille fut longtemps en possession de la seigneurie de Beines, au comté de Montfort.
Elle portait en ses armoiries : d'argent, au lion de sable, la queue fourchée. Les seigneurs de Meulan portaient : de sable au lion d'argent, la queue fourchée. La similitude de ces armoiries, dont les émaux étaient seulement changés, comme cela se pratiquait alors pour indiquer les diverses branches d^une même famille, confirme la commune origine des deux maisons des seigneurs de Meulan et de Beynes.
SEIGNEUR DE iMARLY , MONTREUIL BONIN ET PICAUVJLLE ^ (1226-1250)
Dans la charte suivante donnée en faveur de l'abba3^e de Joyenval, fondée en 1224 par Barthélémy de Roye, l'on voit que Bouchard de Marly avait contribué à cette fondation. Cette charte latine peut se traduire ainsi : Bouchard, seigneur de Marly. A tous ceux qui ces présentes lettres verront salut en notre Seigneur. Nousfaisons savoir à tous que nous avons donné en perpétuelle et pure aumône à la nouvelle abbaye de Jo3^enval, de Tordre de Prémontré, vingt sols de rente annuelle sur nos cens de Marly à percevoir chaque année à la fête de Saint-Denis. Et afin qu'il en soit bonne mémoire et témoignage perpétuel nous avons ainsi que de droit appendu notre sceau à la présente page. Fait l'an do Seigneur MCCXXIV.
fiOUCllAKI) II. ih'.
Bouchard donna de pins à cette abbaye, avec le consentement d'Aî^nès, sa femme : six setiers de farine à percevoir chaque année en son mouhn de la (}rande-Iloue au bas de Saint-Germain : (In molendino de Magna-Rotha in declivi San Germanii in Laya) et trois setiers et une mine de blé à percevoir sur le moulin de Bougival.
Parmi les bienfaiteurs de cette abbaye, Ton trouve les seigneurs des environs de Joyenval, ceux de Montfort TAmaury, de Crespières et de Wideville, et parmi ces derniers Godefroid, Amaury et Pierre de Wideville, frères, chevaliers qui avaient fait plusieurs dons à ce monastère. Ils étaient morts vers 1268 et sont mentionnés dans le nécrologe de Joyenval à la date du 7 novembre.
Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne, s'étant révolté contre son roi et son seigneur suzerain, fut mandé, en l'année i2 38, à comparaître devant celui-ci en son château de Saint-Germain-en-Laye. Thibaud vint à la cour et fit la paix avec le roi. Profitant de ce voyage, le comte de Champagne fît un accord avec Pierre et Bouchard de Marly, par lequel ils lui vendirent pour une certaine somme, quarante livres de rentes que ces seigneurs prélevaient sur le revenu des foires de Champagne.
La même année ou Tannée suivante (1239), par des lettres qui témoignent de leur affection et de leur respect pour Tabbé de Sainte-Geneviève de Paris, Pierre et Bouchard de Marly permettent à cet abbé de pouvoir mettre plus bas la chaussée de leur étang du Val-de- Gallie, toutefois et quand ils voudraient le renouveler et même Taccroître, pourvu que cela ne donnât nul empêchement aux passants.
i64 I^ES SEIGNEURS DE MARLY.
Bouchard accompagna aussi le roi en son expédition contre les comtes de la Marche et de Toulouse qui avaient appelé les Anglais. Nous savons que le roi ayant marché au-devant de ses vassaux rebelles, et des Anglais qui avaient envahi le sud-ouest de la France, les rencontra auprès de Taillebourg, en Poitou, et que les ennemis défendant avec acharnement le passage de la rivière, le roi s^élança Tépée à la main, traversa le pont de Taillebourg, suivi de quelques-uns de sa suite et qu'ils soutinrent pendant quelque temps Teffort de Tarmée anglaise toute entière.
L/armée française, enhardie par l'exemple de son chef, vint le soutenir, et ayant enfin gagné Tautre rive, força Tennemi à prendre la fuite; et le poursuivit jusqu'à Saintes, ou quelques jours après, les Français remportèrent une victoire complète auprès de cette ville. Le butin fut très considérable, les chevaux, chariots, bagages, tout tomba au pouvoir des vainqueurs; ainsi que la chapelle et les bijoux d'Henri III, roi d'Angleterre, qui étaient d'une valeur très-considérable, et par suite les comtes révoltés jurèrent fidélité et hommage au roi de France *.
Bouchard de Marly, avait donné à Jean de Bougival (Buchival, Buchivallis), le moulin de Malport (Mauvais- Port, ainsi nommé à cause des dévastations des Normands qui débarquaient souvent à cet endroit) situé en la censive du prieur de Groissy (Grociaco), non loin de Gharlevanne, pour lui et ses héritiers, se réservant pour droit de relief, le don d'une paire d'étriers dorés du prix de trois sis parisis, que les seigneurs de Bougival
r. Cette victoire de Taillebourg eut Heu en juillet 1242, la veille de Sainte-Madeleine.
BOUCHARD II. ir)5
avaient à lui fournir. Mais quelque temps aj^rès avec le consentement de sa femme, Agnès de Beaumont,au mois de juillet 1244, il vendit à Tabbaye de Saint-Denis tout ce qu^il possédait au moulin de Malport et le moulin luimême.
Bouchard de Marly avait donné vers 1240 vingt sols de rentes et six setiers de farine à prendre sur le moulin de la Grande-Roue situé au bas de Saint-Germain ; en faveur de l'abbaye de Joyenval ; et plus tard vers 1 244, il I lui donna avec le consentement d'Agnès, sa femme, trois setiers de blé et une mine, sur le moulin de Bougival.
Chaque année, suivant le nécrologe de Joyenval, ce monastère faisait mention le i3 avril et le 16 octobre de ces deux bienfaiteurs de Tabbaye.
Dans le temps que Bouchard était seigneur de Marly, en Tannée 1246 et par suite d'un accord fait entre les religieux des Vaux-de-Cernay et les bourgeois de Marly, l'on a la preuve de l'existence à cette époque d'un hôpital à Marly. Voici la charte donnée à cette occasion et sa traduction :
D'un échange de vignes entre nous et le maître de l'Hôtel-Dieu de Marly. A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Guillaume, par la permission divine, évêque de Paris, salut éternel dans' le Seigneur. Nous faisons savoir que frère Garin, maître de l'Hôtel-Dieu de Marly, reconnut du consentement et de la volonté des bourgeois de Marly par la volonté desquels il régit cet hôpital avoir échangé avec les religieux et l'abbé des Vaux-de-Cernay, une vigne située dans le clos de Cernay, nommée vigne de Blanchemain pour une autre vigne située à la Noix de la Fosse.
Considérant l'utilité de cet Hôtel-Dieu nous confir-
i(3(i LES SEIGNEURS DE MARLY.
irions cet échange comnie supérieur ordinaire. Donné au mois d'octobre l'an du Seigneur mil deux cent quarante-
six \
Le jeudi, lendemain des Cendres (i8 février 1249), Milon de l'Artoire, chevalier, Gilon, clerc et Simon, écuyer, ses frères confirment à Tabbaye de Notre - Dame-de-la-Roche la donation que noble dame, feue Isabelle leur mère, lui a faite de 4 à 5 arpents de vignes situés dans le territoire de la Crote, proche le château de Marly (prope Marliacum castrum)^.
En Tannée i25o, Bouchard légua vingt-cinq sols chartrains de rente perpétuelle à prendre sur la prévôté de Galardon, pour entretenir un cierge devant Tautel de la Sainte- Vierge dans le chœur de rabba3^e de Port- Royal.
Bouchard de Marly mourut le i^"" juin 1 25o, suivant le nécrologe de Port-Royal et il fut enterré en ladite abbaye.
Agnès de Beaumpnt, sa femme, était fille de Guillaume, dit Pied-de-Rat, comte de Beaumont-sur-Oise. Elle survécut dix ans à son époux et mourut le 5 mai 1 260, trois ans après sa belle-mère. Elle fut enterrée dans réglise de Tabbaye de Port-Royal, devant Tautel de Saint-Laurent. Elle était représentée sur la dalle de sa tombe, coiffée d'une toque haute de près d'un demi-pied, une bourse à sa ceinture. L'épitaphe suivante s'y lisait : « Hic jacet Agnès filia domini Guillelmi de Bello-Monte dicti Pied-de-Rat, quœ portebat scutum gironne de albo
- I. L'original de- cette charte est aux archives de Scine-et-Oise à Versailles; elle a été, de plus, publiée dans le Cartulaire des Vaux de Cernay, t. I"', p. 410.