‹ Les Seigneurs de MarlyChapitre 5 sur 90 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

après l'abandon de la maison de Rueil et avant la construction de Saint-Gyr. — Enfin, toute l'histoire des derniers siècles avait laissé là quelques souvenirs!...

De ce charmant logis, on ne voit plus que la porte d'entrée de Tanti-cour, flanquée de ses deux murs de briques, dont l'un va se relier à l'ancien couvent des cordeliers. — Si, franchissant cette porte, on commence à gravir la petite côte où perchait le château, on découvre dans les taillis, à droite et à gauche du sentier, le demi-cercle de la rampe par où Ton montait au pontleviset les culs-de-four en rocailles dont elle était ornée. La place de la belle grotte, gravée par Marot, et qui a servi de type à celle de Versailles, est également reconnaissable, ainsi que le bassin dli grand parterre , les fossés, les fondations des pavillons d'angles , etc. — Nous avons de l'habitation une description très minutieuse, faite de souvenir, très peu de temps après sa destruction, par M. Boulin, seigneur de Bailly, mais les documents graphiques font défaut. Ils se réduisent à quelques plans et profils très insuffisants, qui sont aux archives de Versailles, et je ne connais en outre que deux petites vues gravées dans la géométrie pratique de Manesson Mallet, heureusement très exactes. Seulement, une sorte de malédiction s'attache à ce pauvre château démoli pour brouiller sur lui toutes les idées. La confusion de tous les Noisy et de Noisy-le-Roy est constante. Ainsi Marot grave la grotte de Noisy -le -Roy, et il écrit bravement au-dessous : Grotte de Noisy-le-Grand. Manesson-Mallet désigne ces deux petites vues comme étant de Noisy-le-Sec . — Perelle, lui, fait le contraire; il dessine Noisy-le-Grand, et il écrit : Noisy-le-Roi. Aveline, qui le copie toujours, répète nécessairement

PRKFACE. XI

rcrreur^ après Aveline, tous les imitateurs flamands, tous les imagiers d'optique ; etc., etc., si bien qu'elle se perpétue; on la retrouve partout.

Mais enfin de Noisy, de la Montjoie, de Raye, il nous reste au moins les fossés. — Du château de Marly, pas même cela. Et c'est à peine si nous connaissons son emplacement exact. Nous savons qu'il existait deux Marly : Marly-le-Bourg et sa paroisse, à la place actuelle de la moÀÙQ^tx Marly-îe Chastel ^ sur la hauteur. La tradition, l'induction , permettent bien d'établir que Marly-le- Chastel était situé un peu plus haut que la place du Verderon; mais, sur sa dimension et ses limites précises, on ne peut faire que des conjectures. Pas un pan de mur ne peut nous guider. Et pourtant le château des Montmorency avait moins que ses voisins souffert de la guerre de Cent ans, de celle du Bien public, des déprédations commises aux alentours de Versailles par les Italiens licenciés après Pavie, et qui firent un si mauvais parti à la dame de Villepreux. On le voit bien attaqué, saccagé à plusieurs reprises, mais enfin toujours debout, quand les autres ne sont plus que poussière. — Il était certainement très déchu de son ancienne importance, mais encore habitable, quand Martin Fumée, sieur de Marly-le- Ghastel, y traduisait, de Lopez de Gomara, son « Histoire générale des Indes-Occidentales et terres neuves qiiijiisqiies à présent ont estées descoiivertes » . Et datait sa dédicace au maréchal de Montmorency : « De vostre maison de Marly-le-Chastel, le septième de septembre i568. » — En donnant pour raison de son travail l'obligation « cependant que ces derniers troubles avoient cours, de soulager son esprit grevé de veoir un temps si calamiteux. » Et le désir de donner au lecteur : « à

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